L’Hypnose, comment ça marche ?

Dans cette vidéo, je vous explique comment cela se fait qu’un phénomène comme l’Hypnose peut exister. Pour cela, je vous reparle de l’Inconscient et aussi un peu de la Conscience, afin de mieux comprendre pourquoi nous sommes conscients.

Une fois que vous savez ce qui rend les gens conscients, vous pouvez trouver le moyen de diminuer ou retirer cette conscience (hypnose dissociante : classique ou éricksonienne, par exemple) ou d’augmenter le degré de conscience de la personne (hypnose humaniste). Je passe donc avec vous en revue les diverses manières de pratiquer l’hypnose…

L’esprit d’Hypnos

Cela fait longtemps que je voulais expliquer ma vision de l’Hypnose… en reprenant à la base, son étymologie : « Hypnos » le célèbre dieu grec, dont on connait le nom, mais pas vraiment le rôle.

Savoir qui était Hypnos, selon la mythologie grecque, permet de mieux comprendre ce qu’est l’Hypnose : un outil de soin et, possiblement, d’éveil.

Les médias montrent à profusion les « pouvoirs » des hypnotiseurs de music-hall, des artistes qui proposent de s’évader du quotidien, le temps d’un spectacle – mais, même si on peut comprendre le besoin de créer une « légende » à propos d’un quelconque « pouvoir » d’une personne sur les autres, on en perd l’essence originelle d’Hypnos.

Celui qui endort, qui place les gens dans une réalité illusoire, afin de les protéger d’une dure réalité, leur permettre de se détendre, c’est Morphos, un des (très) nombreux fils d’Hypnos. C’est Morphos qui plonge dans un sommeil, une illusion, un moment de rêve… Alors qu’Hypnos veille sur le sommeil de ceux qui dorment (encore). Rien à voir !

En thérapie, on fait de l’Hypnose… pas de la Morphose ! 😉

J’espère que vous verrez l’Hypnose différemment, comme ce qu’elle est depuis des millénaires, bien avant de prendre le nom de son dieu d’origine : une pratique de soin par la parole, une manière de mieux se connaître et d’aider son prochain.

Nouveaux livres de poche

Je ne poste pas souvent de nouvelles de mes livres, mais ils sont la source n°1 de connaissance, avec les formations, où je partage avec vous ce que je sais, mes trucs et astuces, mes anecdotes…

Voici une réédition plus pratique, en format « grand poche » (même taille que les livres de la collection « Pour les nuls » si vous les connaissez) de mes romans pédagogiques et d’un livre de cas et d’exercices :

  • « Hypnose, le voyage intérieur » présente les différentes formes d’hypnose, en pratique. L’histoire est le prétexte de démonstrations des différentes techniques apprises en cours. Un index en fin de livre renvoie le lecteur aux explications pour apprendre à pratiquer ces techniques, dans le livre de cours « Hypnose« .
  • « Créateurs de Réalité« , tomes 1 et 2, ont la même fonction, mais pour l’Hypnose Humaniste. L’histoire vous montre les applications concrètes des techniques de cette forme d’hypnose, telle qu’on les apprend dans le livre « Hypnose Humaniste« .
  • « Miracles Quotidiens« , enfin, présente mon parcours, de mes débuts à 2008, quand j’ai écris le livre, donc de l’hypnose intuitive de mes premières consultations, celle qui est devenue l’Hypnose Humaniste, en passant par l’Hypnose Ericksonienne… avec des exercices pour que les lecteurs commencent à pratiquer !

Je n’écris que pour transmettre une connaissance, dans un esprit pratique et de complémentarité avec les formations. Il n’y a donc pas de « remplissage » ou d’éléments inutiles, juste ce qu’il faut savoir pour commencer à pratiquer l’hypnose, pour soi et les autres.
De même, je ne conçois pas la pratique de l’Hypnose thérapeutique sans travail sur soi, sans un souci de compréhension des autres, du monde et de la vie en général. Cet aspect fait donc partie intégrante de mes ouvrages, quels qu’ils soient…

Bonne lecture… et bonne pratique ! 🙂

L’Hypnose Conversationnelle : qu’est-ce que c’est ?

Je prends le temps de préciser ici ce qu’est l’Hypnose Conversationnelle, car cette pratique se perd de plus en plus, noyée dans la confusion… ce qui est dommage.

Un de mes étudiants en Hypnose me reposait encore la question ce matin, perturbé par ce qu’il trouvait sur le sujet, sur Internet. Je vais donc rappeler ce que vous trouverez dans les livres de référence en Hypnose (les « anciens livres » 😉 )…

Outre les « formes d’Hypnose » (classique, éricksonienne, nouvelle, humaniste), il y a :

  • L’Hypnose Formelle : c’est l’utilisation habituelle de l’Hypnose, quand la personne sait que l’on va procéder à l’induction hypnotique (la technique qui permet à la personne d’entrer en état d’hypnose ou « état modifié de conscience »). Les désavantages possibles de l’Hypnose Formelle, lorsqu’elle est dissociante (hypnose classique, éricksonienne ou nouvelle hypnose), sont que la personne sait qu’elle doit faire confiance au thérapeute, pour lâcher prise, puis qu’elle va possiblement affronter ses blessures intérieures, ce qui peut l’inquiéter et provoquer des résistances… Dans la réalité, les séances se passent souvent très bien, sans émotions négatives excessives, mais on peut comprendre qu’avant la séance, la personne puisse s’inquiéter.
  • L’Hypnose Conversationnelle (ou « covert hypnosis », en anglais) : comme son nom l’indique, c’est bien de l’hypnose, donc avec un état modifié de conscience… et sa particularité est d’être obtenue durant une « conversation » apparente (qui, en réalité, est une vraie induction hypnotique). S’il n’y avait pas d’état d’hypnose, cela ne s’appellerait pas « hypnose » (conversationnelle). Logique. Entrer en état d’hypnose sans vraiment s’en rendre compte permet à la personne de commencer le travail sur elle sans anticipation (donc sans s’inquiéter inutilement), ce qui évite tension et résistance. Une fois en état d’hypnose, la séance se fait comme en hypnose formelle.
  • La Communication Hypnotique : c’est l’utilisation des techniques hypnotiques dans le but d’améliorer une communication (publicité, politique, management, éducation, soin, etc.), donc sans chercher à produire chez la personne un quelconque état modifié de conscience. Il n’y a pas d’hypnose (l’état de conscience). On parle aussi de « communication éricksonienne » (chez les éricksoniens) ou de « langage d’influence »… C’était une forme de langage très utilisée par Erickson, notamment pour favoriser l’acceptation de ses prescriptions de tâches (thérapie stratégique).

C’est cette dernière approche qui est souvent confondue ou mélangée avec « l’hypnose conversationnelle », un peu partout sur Internet et dans certaines écoles… Je ne sais pour quelle raison, car les deux approches existent depuis longtemps, elles sont très différentes et il n’y a pas lieu de les mélanger.

Donc, l’Hypnose Conversationnelle…

Le terme « hypnose conversationnelle » désigne l’utilisation de l’Hypnose sous la forme discrète d’une simple discussion de départ.
On devrait plutôt dire « induction conversationnelle », puisque le but est de mettre la personne en état modifié de conscience puis de poursuivre sur une séance d’hypnothérapie tout à fait habituelle.

L’Hypnose Conversationnelle n’est pas une simple conversation ou communication ! Le but premier, comme en induction hypnotique formelle (déclarée), est bien d’obtenir la transe hypnotique, avec exactement les mêmes effets possibles : l’état modifié de conscience, bien sûr, et tous les phénomènes hypnotiques, régressions, analgésie, hallucinations, etc.

L’Hypnose Conversationnelle est donc bien « de l’hypnose », sinon on aurait appelé cela différemment, même si certains parlent d' »hypnose sans hypnose » – ce qui est une curieuse appellation, comme le « savon sans savon » ou le café décaféiné.
« Hypnose sans hypnose » correspondrait mieux, à mon avis, à la « communication hypnotique » où l’on utilise les outils de l’hypnose, mais sans état d’hypnose…

Contrairement à ce que l’on peut lire, voir ou entendre un peu partout sur Internet, l’Hypnose Conversationnelle n’est pas une « conversation avec suggestions » (sous-entendu, des techniques cachées, d’influence) ! Cela existe aussi, depuis aussi longtemps que l’Hypnose elle-même, mais c’est autre chose et cela porte un autre nom : la communication hypnotique.
C’est très bien aussi, cela permet d’obtenir de meilleurs résultats dans ce que l’on fait, mais les utilisations et les objectifs ne sont pas les mêmes… Ce n’est pas à proprement parler « de l’hypnose », puisqu’il n’y a justement pas d’état modifié de conscience !

Apprendre l’Hypnose Conversationnelle

Produire un état modifié de conscience par l’intermédiaire de ce qui semble n’être qu’une simple conversation vient naturellement avec le temps et l’expérience, vos inductions hypnotiques étant de plus en plus spontanées et fondues à l’anamnèse : la personne ne perçoit pas clairement le passage de l’anamnèse à la phase d’hypnose. Elle se sent lâcher prise, et comme tout se fait doucement et avec sécurité, elle accepte de se « laisser partir » (notez que si elle ne voulait pas, on ne pourrait rien y faire, tout comme en hypnose formelle).

Si vous savez déjà faire de l’hypnose “formelle”, c’est-à-dire déclarée comme telle à la personne, avec tout ce que cela implique comme inquiétudes et questions de sa part, d’interférences de son système de croyance et de son mental… alors vous saurez bientôt faire de l’Hypnose Conversationnelle !
Ce sera à la fois plus facile, car il n’y aura plus les entraves sus-citées, mais c’est une pratique plus sensible, qui vous demandera de l’observation, de la rapidité de réaction, de l’adaptabilité et de la créativité.

On apprend l’Hypnose Conversationnelle en formation d’Hypnose, dès les premiers jours de cours (observation fine de la personne, augmentation des premiers signes de transe, inductions hypnotiques participatives, etc.) puis à chaque niveau de cours un peu plus, durant le « Praticien » et la spécialisation « Hypnose Ericksonienne » (techniques de suggestion, Milton-modèle), et un cran encore plus au niveau « Maître-Praticien » (en thérapie, en coaching, pour les prescriptions de tâches, en communication).

Et la Communication Hypnotique (« langage d’influence ») est abordée également tout au long du cours, notamment à travers les exemples d’Erickson…
Au sens large, inclure dans sa communication les techniques puissantes de soin de l’hypnose permet d’augmenter l’impact de ce que l’on transmet, de prendre davantage soin de la personne (en évitant les mots ou phrases à effet négatif), de gagner en leadership (professeurs, managers), bref d’être un « meilleur communicant »… et pas forcément pour influencer les autres à son profit, comme on l’imagine en publicité ou en politique ! Mieux communiquer avec son prochain est bénéfique chaque jour, pour tous !

Naturellement, vous grandirez dans ce sens, en apprenant à pratiquer l’hypnose formelle, car vous garderez au quotidien ce que vous aurez appris de positif en hypnothérapie et en hypnocoaching ! 🙂

En conclusion

Plusieurs écoles enseignent la « communication améliorée par les outils et techniques de l’hypnose, sans état modifié de conscience » (donc de la Communication Hypnotique) en la baptisant « Hypnose Conversationnelle »…
Le risque serait de voir l’Hypnose Conversationnelle, telle que définie ici, disparaître car on la confond ou mélange avec la Communication Hypnotique.

L’Hypnose Conversationnelle est simplement le prolongement de la pratique douce d’un hypnothérapeute, lorsque les phases de la rencontre se lissent et ne forment plus qu’un tout, plus agréable et assimilable pour la personne en thérapie ou en coaching.
C’est un idéal ou un but à atteindre, qu’il faut préserver, sans quoi les praticiens du futur n’auront plus qu’une hypnose « de base » ou… plus d’hypnose du tout !

J’espère que ce court article vous aidera à cerner ces différentes approches.
Bonne pratique et à bientôt !

L’hypnose pour aider les enfants

…et les adolescents, bien sûr !

Pour la sortie du livre « Hypnose pour les enfants », je voulais partager avec vous les premières pages de présentation. On y apprend que, non seulement on utilise depuis toujours la parole pour aider les enfants, mais qu’en plus c’est particulièrement efficace – davantage encore qu’avec les adultes. Pourquoi donc s’en priver ?

hypnose-enfantsHypnose est le mot compliqué que l’on utilise avec les adultes pour les convaincre de replonger en eux-mêmes, comme ils savaient très bien le faire enfants. Friedrich Nietzsche expliquait que la vraie maturité ne s’atteignait que lorsqu’on parvenait, adulte, à retrouver « le sérieux qu’on avait au jeu quand on était enfant. »

Autrement dit, les thérapeutes qui utilisent l’hypnose auraient bien des leçons à tirer des enfants… Et pourtant, vous tenez entre vos mains un livre qui prétend expliquer comment utiliser l’hypnose avec les enfants !
Quelle idée ! Ce sont eux nos maîtres !

Voyez le paradoxe : les hypnothérapeutes sont obligés de compliquer et rallonger leurs techniques afin de pouvoir les appliquer aux adultes – sans quoi, ils ne se laissent pas faire, ils ne participent pas…
Un enfant n’a pas besoin de paraître, de comprendre, de faire croire qu’il est intelligent au-dessus de la moyenne. Il est, simplement.

Les adultes ont à ce point intégré le masque qu’ils se sont fabriqué qu’ils ont pour la plupart oublié leur vraie nature et ils ont besoin de lire pour retrouver la compréhension, la simplicité de leur enfance.
Malheureusement, la plupart des ouvrages existants sur l’Hypnose et les enfants se perdent en chemin : ils retombent dans l’austérité, l’intellect et l’ennui des adultes, se coupant par là même de ce qu’ils recherchaient. Pratiquer pour des enfants, avec innocence et efficacité.

Nous allons donc faire en sorte, dans cet ouvrage, de vous montrer au mieux ce que nous faisons en thérapie avec les enfants.
Vous comprendrez que l’Hypnose permet aux adultes d’effacer leur mental – du moins, de le mettre en retrait le temps du travail de changement – tout comme elle permet à l’hypnothérapeute de rejoindre l’enfant dans son monde. L’Hypnose est une manière de ralentir l’enfant afin de permettre au thérapeute de le suivre. Elle oblige le thérapeute à retrouver son enfant en lui.

Et il y a de grandes chances que beaucoup de parents lisent aussi ce livre, pour leur enfant – et nous ne parlons pas de thérapeutes ayant des enfants, mais de personnes voulant aider leurs chères têtes blondes à surmonter une épreuve, à mieux apprendre ou, tout simplement, à utiliser ce que la nature leur a offert : leur esprit.
Aussi, nous ferons en sorte que nos explications soient les plus simples possible, bien que beaucoup de domaines seront à réserver aux thérapeutes professionnels – simplement parce qu’ils auront un point de vue détaché sur la situation, du recul, et pourront ainsi découvrir ce qu’il faut vraiment réaliser avec l’enfant.

Notez que l’on ne « travaille » pas avec un enfant : il n’y a que les adultes qui font cela (et à contrecœur, souvent, en plus !). La thérapie avec les enfants est un jeu – et elle devrait l’être aussi avec les adultes. Vous le comprendrez lorsque nous parlerons des caractéristiques de l’Inconscient, notre esprit profond et fondateur.

enfantsL’HYPNOSE ET LES ENFANTS

Depuis de nombreuses années, l’Hypnose thérapeutique retrouve l’essor qu’elle avait à sa création, au XIXe siècle. De plus en plus de particuliers et de professionnels, thérapeutes ou coachs, constatent les bienfaits de cette pratique sur bon nombre de problèmes rencontrés dans le domaine de la psychothérapie.
Pourtant, peut-être par peur ou ignorance, les hypnothérapeutes ne pratiquent la plupart du temps qu’avec des adultes… Il faut dire qu’il y a en langue française une quasi absence de connaissances, et donc d’ouvrages spécialisés, dans le domaine de l’Hypnose appliquée aux problématiques de l’enfance et de l’adolescence.

C’est dommage, car, depuis ses origines, l’Hypnose s’est toujours adressée autant aux adultes qu’aux enfants. Contrairement à ce que l’on peut parfois lire ou entendre, l’hypnothérapie chez l’enfant n’est pas juste « en voie d’étude ou de développement » !

Bien avant même que l’Hypnose ne prenne son nom, on retrouve dans des textes vieux de plusieurs millénaires des exemples de soins d’enfants malades par des méthodes basées sur la suggestion et la croyance – ce que l’on appellerait aujourd’hui « de l’hypnose ». Même dans les cultures dites primitives, on observe des phénomènes de transe dans des cérémonies auxquelles participent des enfants, pour le soin ou la spiritualité (Mead, 1949).

Pour ce qui concerne l’Hypnose proprement dite, le chirurgien écossais James Braid, inventeur en 1841 du mot hypnose (du grec hypnos : dieu du sommeil, gardien de la nuit et père de Morphée) nota avoir induit une transe légère accompagnée d’un phénomène hypnotique (catalepsie du bras) chez 32 enfants en même temps, simplement en les faisant se lever et s’asseoir pendant une douzaine de minutes.
Bien entendu, pour les soins, chaque enfant est reçu individuellement.

Les médecins Liébeault et Bernheim, autres grands noms de l’Hypnose thérapeutique, puisque c’est eux qui la développèrent en France à partir du milieu du XIXe siècle, confirmèrent que la plupart des enfants étaient facilement et rapidement hypnotisables, s’ils suivaient les consignes de leur accompagnateur.

enfants-heureuxBramwell, un psychologue anglais du début du XXe siècle rapporta ses expériences d’hypnose avec les enfants, notamment sur l’énurésie, l’hyperhydrose (transpiration excessive), l’onychophagie (se ronger les ongles), les terreurs nocturnes, etc. Le taux de réussite, disait-il, était très élevé, alors même que la forme d’hypnose pratiquée était encore très directive et peu adaptée aux patients – ce qui n’est pas la meilleure manière de pratiquer avec des enfants…

Un peu plus tard, en 1959, André Weitzenhoffer, hypnothérapeute célèbre pour ses travaux sur les suggestions hypnotiques, démontre que les enfants sont plus réceptifs à l’hypnose que les adultes et qu’il y a bien une relation entre l’âge et la suggestibilité.
En effet, la capacité des enfants à répondre aux suggestions hypnotiques va croissant jusqu’à la puberté, où elle atteint son maximum, avant de ralentir jusqu’à la fin de l’adolescence, au niveau de ce qu’elle sera adulte.
La suggestibilité est la capacité à produire un phénomène que l’action consciente, volontaire, serait incapable de créer, comme faire cesser une douleur ou des cauchemars, etc. À noter que les expériences de Weitzenhoffer ne montrent aucune différence entre les sexes.

Cette période, propice aux recherches en tous genres sur l’Hypnose, va confirmer ces résultats, d’abord grâce à Barber et Calverley (1963) qui vont réaliser un test à grande échelle, sur 724 enfants, adolescents et jeunes adultes, entre 6 et 22 ans au sein de leur école ou université.
Les deux chercheurs ne procèderont d’ailleurs pas à une induction hypnotique formelle (la technique permettant d’amener la personne en état d’hypnose), la jugeant inutile avec les enfants et adolescents, encore très proches de leur Inconscient.
Ils vont seulement leur donner des séries de suggestions hypnotiques, destinées à obtenir divers phénomènes tels que la catalepsie ou la lévitation d’un bras. Ainsi, afin d’éviter l’interférence du mot lui-même, Barber et Calverley ne parlent même pas d’hypnose à leurs sujets, mais de « test d’imagination » : ils demandent aux enfants de fermer les yeux, puis énoncent les suggestions et notent leurs résultats, qui confirment les observations de Weitzenhoffer.
Ils remarquent d’ailleurs que les adultes peuvent réussir à obtenir les mêmes scores… mais après une induction hypnotique !

Selon Barber et Calverley, les enfants diffèrent des adultes en ce qu’ils ne montrent pas de changement dans leur suggestibilité après une induction hypnotique. Ils sont déjà ouverts à leur être profond. Ce n’est qu’après 14-15 ans que les scores des adolescents décroissent doucement, jusqu’à se stabiliser au niveau de ceux des adultes.

En 1969, une nouvelle étude de London et Cooper sera réalisée auprès de 240 enfants, grâce à une « Échelle de Susceptibilité Hypnotique pour Enfants » (comme il en exista de nombreuses, à cette époque). Comme les recherches précédentes, elle montra la grande capacité des enfants à obtenir des phénomènes non-contrôlables par la seule volonté.

Deux autres chercheurs, Morgan et Hilgard (1973, 1979) établirent à nouveau les mêmes résultats, que ce soit avec l’échelle habituelle dite de Stanford (SHSS) ou avec l’échelle dédiée aux enfants (SHCS)…

Enfin, Joseph Barber, dans son livre de référence sur le traitement de la douleur (1996) illustre à travers de nombreux exemples que les enfants n’ont bien souvent besoin d’aucune induction hypnotique pour entrer en hypnose et être absorbés par leur imagination : le monde concret et le monde imaginaire se côtoient encore naturellement en eux.

Ces quelques références, parmi tant d’autres, vous montrent que l’hypnose adaptée aux enfants est un sujet d’intérêt pour de nombreux hypnothérapeutes, depuis les débuts de l’Hypnose.

enfant-mamanAujourd’hui, de plus en plus d’hypnothérapeutes reçoivent des enfants en consultations et, surtout, de plus en plus de parents sont intéressés par l’hypnose afin d’aider leurs enfants, y compris hors du cadre thérapeutique, donc dans un usage habituel, à la maison.
Derrière le mot « hypnose » se cache un savoir-faire qui n’a pas à être réservé aux situations difficiles. Si chacun savait se servir de ses capacités naturelles – puisque nous avons tous un cerveau et donc la possibilité de l’utiliser – alors nous ne devrions consulter les thérapeutes que dans les cas particuliers, qui dépassent l’ordinaire.

L’HYPNOSE : UN APPRENTISSAGE NATUREL

Malheureusement, à l’école, on n’apprend ni notre fonctionnement psychologique, ni à s’en servir. Et, les parents n’étant pas davantage capables d’éduquer leurs enfants dans ce domaine, les situations qui auraient pu être corrigées à la base empirent parfois jusqu’à nécessiter l’intervention d’un professionnel de l’aide…

Si nous avions appris à utiliser notre esprit dès l’enfance, comme tout autre domaine d’éducation, à en connaître les possibilités (et les limites aussi, bien sûr), alors nous ne serions pas obligés aujourd’hui de le faire, poussés par le besoin ou l’urgence…
Cela aurait été bien plus facile, comme il est bien plus naturel d’apprendre une langue étrangère enfant, avec ses parents, qu’une fois adulte !

C’est pour cette raison que nous avons décidé d’écrire ce livre, afin de partager notre expérience et certaines de nos découvertes, avec les hypnothérapeutes, mais aussi avec les parents.

Il est tout à fait possible, avec un peu de connaissance hypnotique, d’aider son enfant ou son adolescent dans beaucoup de domaines de la vie ou de le sortir de situations difficiles. Lui-même pourra alors le faire à son tour, le moment venu, avec ses propres enfants – rompant ainsi le cercle vicieux des soucis générés par l’ignorance de soi-même.

enfants_heureuxDans le livre « Hypnose pour les enfants », nous avons choisi des exemples simples, issus du quotidien, que vous pourrez utiliser directement en fonction des problèmes présentés. Cela va des soucis de pipi au lit des jeunes enfants jusqu’au moment où le jeune adulte quitte le foyer… Voyez le sommaire ici.

Nous avons également noté les limites ou les points importants à connaître, pour vous permettre le cas échéant d’aller consulter un professionnel de la santé, quand le problème sort du champ de l’accompagnement par la parole et de la psychothérapie.

Ce livre peut aussi être utilisé par les thérapeutes, les pédopsychiatres ou les psychologues qui se sont spécialisés ou qui soignent les enfants et souhaitent incorporer des techniques d’hypnose à leur pratique.

souligne

Où trouver le livre ? Pour l’instant, en exclusivité chez l’éditeur ou à l’IFHE et, à partir de février 2017, dans toutes les librairies, Fnac, Amazon, etc.

Exemples d’induction d’Hypnose Ericksonienne

MHEDu nom du psychiatre américain Milton H. Erickson (1901-1980), l’Hypnose Ericksonienne actuelle est multiforme, parfois douce et accompagnante, parfois autoritaire comme Erickson savait l’être. On décrit cette forme d’hypnose comme « artfully vague » (vague, floue et rusée, malicieuse… on dirait « stratégique ») et « naturaliste » ou « utilisationnelle », dans le sens où l’on utilise ce que la personne présente, physiquement ou psychologiquement, pour l’induction hypnotique comme pour la thérapie elle-même.

L’Hypnose Ericksonienne s’appuie sur les techniques de l’Hypnose Classique et y ajoute de nombreuses astuces de langage. Elle est donc plus longue à apprendre et à maîtriser. Cette différence de technicité permet d’utiliser l’Hypnose avec 100% des personnes, ce qui n’est pas forcément possible en Hypnose Classique où l’on ne cache rien, donc si la personne veut « résister », ne pas se laisser faire ou ne pas faire ce qu’on lui demande : elle le peut, ce qui n’est pas forcément le cas en Hypnose Ericksonienne si l’hypnothérapeute est assez rusé ou astucieux !

L’Hypnose Ericksonienne a un caractère essentiellement thérapeutique. Elle n’est pas spectaculaire (les artistes ne l’utilisent pas directement en spectacle)… Les inductions utilisées sont faites soit de manière « formelle » (on sait que l’hypnothérapeute procède à l’induction) soit en « hypnose conversationnelle » (la structure de l’induction est la même, mais intégrée à la conversation ordinaire, souvent en questionnement). Les deux façons de procéder amènent la personne à un état modifié de conscience similaire.
S’il n’y a pas d’état d’hypnose reconnaissable, il s’agit de « communication hypnotique » (pas d’hypnose, mais utilisation des techniques de langage) comme en publicité ou en politique… On ne fait pas de « communication hypnotique » en hypnothérapie (du moins, pas que cela).

Le langage de l’Hypnose Ericksonienne utilise souvent la confusion (afin de saturer les perceptions conscientes et d’ouvrir la communication vers l’Inconscient) ainsi que l’humour, les suggestions indirectes (camouflées) et tout un patchwork d’outils de communication hypnotique destinés à impacter la personne au niveau profond, donc sans qu’elle ne le sache (Inconscient). Une fois que l’état hypnotique est établi chez la personne, un observateur non-averti pourrait se demander comment on en est arrivé là ! Exemple des analgésies hypnotiques que l’on peut installer très rapidement (quelques dizaines de seconde ou moins).

Les inductions faites en conditions réelles de psychothérapie sont ainsi très « étranges » pour le novice, car elles peuvent devenir invisibles (cas des inductions « conversationnelles »). En apparence, il n’y a alors jamais eu d’induction hypnotique… Mais la personne présentera bien sûr les « signes de transe » qui permettent de confirmer qu’elle est bien en état d’hypnose : ce n’est pas juste « une discussion », sinon on ne parlerait pas d’hypnose ! Tous les phénomènes de l’hypnose peuvent être produits.

Il est donc impossible de donner un « modèle » valable d’induction hypnotique éricksonienne car il n’en existe pas de forme toute faite – alors qu’il existe de nombreux protocoles, sur lesquels on peut broder, en Hypnose Classique ou en Nouvelle Hypnose.
Tout est improvisé pour la personne qui se présente pour l’expérience. Seul le langage est reconnaissable par sa technicité. Et chaque induction, bien spéciale, ne sera de toute évidence plus jamais réutilisée par l’hypnothérapeute.

Autre souci : comme tout thérapeute, la pratique de Milton Erickson a changé tout au long de sa vie… Pendant longtemps, Erickson pratiquait ce que nous appelons de l’Hypnose Classique (cf. ci-dessus), puis vers la la fin de sa vie, il utilisait une étrange manière de parler, pleine de sous-entendus, de répétitions, etc. ce qui a marqué les hypnothérapeutes actuels. A tel point que, lorsqu’un hypnothérapeute utilise de manière caricaturale les techniques de langage d’Erickson de cette époque, les américains disent : « Vous faites du vieil Erickson » – par opposition avec la technique plus classique qu’il a utilisé toute sa vie.

Voici donc quelques exemples d’induction hypnotique éricksoniennes, selon l’âge d’Erickson.

Milton-Erickson-young1923, induction par création d’un phénomène hypnotique :

« Je veux que vous vous mettiez à l’aise sur votre chaise et que vous vous détendiez. Maintenant que vous êtes assis, posez vos deux mains à plat sur vos cuisses. Exactement comme cela. Vous allez surveiller vos mains, et vous remarquerez que vous pouvez les observer attentivement. 

Ce que vous allez faire, c’est vous détendre. Vous remarquerez alors que certaines choses se produisent au cours de votre relaxation. Elles se sont toujours produites pendant que vous vous détendiez, mais vous ne les avez pas si bien remarquées auparavant. je vais vous les signaler. je voudrais que vous vous concentriez sur toutes les sensations et impressions que vous ressentirez dans vos mains, quelles qu’elles soient. Peut-être sentirez-vous la lourdeur de votre main posée sur votre cuisse, ou aurez-vous là sensation d’une pression. Peut-être sentirez-vous l’étoffe de vos pantalons contre la paume de votre main, ou la chaleur de votre main sur votre cuisse. Les sensations que vous éprouverez, je veux que vous les observiez. Peut-être ressentirez-vous une sorte de démangeaison. Peu importe les sensations que vous éprouverez, je veux que vous les observiez. Regardez toujours votre main, et vous remarquerez comme elle est tranquille, comme elle reste dans la même position. Il y a des mouvements en elle, mais ils ne sont pas encore perceptibles. je veux que vous gardiez les yeux sur votre main. Votre attention peut se détourner de la main, mais elle reviendra toujours sur la main, et vous gardez les yeux fixés sur la main et vous vous demandez quand les mouvements qui se trouvent en elle vont devenir visibles. 

Il sera intéressant de voir lequel de vos doigts va bouger le premier. Ce sera peut-être le majeur, ou l’index, ou l’annulaire, ou l’auriculaire, ou le pouce. L’un de vos doigts va tressaillir ou bouger. Vous ne savez pas exactement quand, ni à quelle main. Regardez toujours bien et vous allez remarquer d’a bord un léger tressaillement, peut-être à la main droite. Tenez, le pouce tressaille et bouge. Au début du mouvement, vous remarquerez une chose intéressante. Les espaces compris entre les doigts s’élargissent très lentement, les doigts s’écartent très lentement, et vous noterez que les espaces s’élargissent de plus en plus. Ils vont s’écarter lentement ; les doigts s’écartent de plus en plus, de plus en plus, de plus en plus, exactement comme ça. 

Tandis que les doigts s’écarteront, vous remarquerez que bientôt les doigts voudront se dresser en formant un arc au-dessus de la cuisse, comme s’ils voulaient se lever de plus en plus haut (l’index du patient commence à se dresser légèrement).

Remarquez comme l’index se lève. En même temps, les autres doigts veulent le suivre, les voilà qui se dressent lentement (les autres doigts commencent à se lever). 

Pendant que les doigts se lèveront, vous allez ressentir une impression de légèreté dans la main, une sensation de légèreté, d’autant plus que les doigts se dressent en arc, et toute la main va se soulever et s’élever lentement, comme si c’était une plume, comme lorsqu’un ballon monte en l’air, monte, monte, en l’air, en l’air, en l’air, s’élève de plus en plus haut, de plus en plus haut, la main devient très légère (la main commence à se lever). Quand vous regardez votre main se lever, vous remarquerez que le bras monte, monte en l’air, un peu plus haut, plus haut, plus haut, encore, encore, encore. (Le bras s’est levé d’environ 10 centimètres au-dessus de la cuisse et le patient le regarde fixement.) Regardez toujours la main et le bras qui se dressent et, pendant ce temps, vous ne tarderez pas à sentir combien vos yeux sont devenus somnolents et fatigués. Tandis que votre bras continue à se lever, vous vous sentirez fatigué, détendu, et vous aurez envie de dormir, une grande envie de dormir. Vos yeux se feront lourds et peut-être que vos paupières voudront se fermer. Et pendant que votre bras se lèvera de plus en plus haut, vous voudrez vous sentir de plus en plus détendu, vous aurez de plus en plus sommeil, et vous voudrez éprouver un sentiment de paix et de détente en fermant vos yeux et en vous endormant. 

Votre bras se lève, encore, encore, et vous devenez très somnolent ; vos paupières se font lourdes, votre respiration devient lente et régulière. Respirez profondément – inspirez et expirez. » (Le patient tient le bras tendu droit devant lui, ses yeux clignent, et sa respiration est profonde et régulière.)

 

milton-erickson-middle1945, double induction réalisée par Milton Erickson et Jerome Fink (ils parlent alternativement) :

« Endormez-vous profondément (go sound asleep). Profondément (deep down), profondément endormie (sound asleep). Continuez de dormir. Vous pouvez même fermer les yeux et aller plus profondément, encore plus profondément (deeper, deeper). Continuez de dormir profondément (sleeping deeply) et dormez profondément (and sleep soundly), très profondément, très profondément et très profondément (very soundly, very deeply and very soundly). Pour vous permettre de vous endormir même plus profondément encore, vous devez bloquer (block out)tout sauf les voix du Dr Erickson et moi-même et vous. Allez plus profondément, progressivement plus profondément endormie. Continuez de dormir profondément, profondément (deeply, soundly). Facilement, pro- fondément, profondément endormie (easily, deeply, soundly asleep). Allez même plus profond encore, plus profond, plus profond et protégez ce sommeil. Dormez simplement à votre façon, de manière à ce que vous puissiez (so that you can) accomplir tout ce que vous voulez accomplir. Et dormez paisiblement, dormez en toute confiance, très relaxée. Profondément, profondément endormie (deeply soundly asleep). Stabilisez ce sommeil. Continuez de dormir (continue to sleep), plus profondément et encore plus profondément. 

Et continuez de dormir (keeping to sleep) très profondément. Très profondément, profondément endormie. Nous allons écarter ce stylo afin que vous puissiez (so you can) dormir même encore plus profondément et vous sentir plus confortable (feel more comfortable). Et nous allons écarter cette feuille afin que vous puissiez même dormir plus profondément. Et vous devez avoir une raison à vous endormir. Et vous allez répondre à cette raison d’une manière confortable. Et vous allez réellement dormir profondément afin que vous puissiez entendre seulement le Dr Fink et moi. Avec une vague compréhension que tout cela est bien et va continuer d’être bien. » 

 

1958, induction hypnotique de régression en âge (démonstration filmée) :

« …vous vous sentez aller en transe maintenant. Et je voudrais que vous vous sentiez dans une position différente, dans une position différente dans cette pièce que celle dans laquelle vous êtes maintenant. Et fermez les yeux, et dormez profondément, et sentez-vous dans une position différente dans cette pièce, comme si vous étiez assis de façon quelque peu différente. Et Gregory (Bateson) est toujours là-bas, en train d’actionner cela (la caméra), et je voudrais que vous vous sentiez aller de plus en plus profondément en transe. Je me demande ce que vous auriez envie de faire dans cet état de transe. Vous faisiez de la recherche, je crois, sur les primates.

Patient : Hmm hmm.

Erickson : Et je voudrais que vous pensiez à cela, et ensuite je voudrais que vous vous demandiez quel autre sujet pourrait se présenter, et je me demande si vous auriez envie de regarder pas là, par là. Et je me demande quelle visualisation vous pourriez obtenir en regardant par là. Je me demande si vous pourriez voir un film ou une sorte d’écran.

Patient : Je peux voir un écran, là-bas.

Erickson : Vous pouvez voir un écran. J’aimerais que vous voyiez une bande de statistiques sur cet écran, et j’aimerais que vous vous demandiez ce qu’elles représentent. Elles n’ont probablement pas d’intérêt particulier, et ensuite j’aimerais que vous voyiez quelque chose derrière ces statistiques. Quelque chose d’intéressant ; quelque chose d’agréable. C’est cela. Et commencez à voir quelque chose d’agréable et d’intéressant. Très agréable et très intéressant, qui implique du mouvement et de l’activité. C’est cela. Du mouvement et de l’activité – lesquels se transforment en quelque chose d’autre qui est moins plaisant, un peu désagréable. Et cela continue et je voudrais que vous me disiez quelles sensations ce mouvement vous donne. Qu’est ce que ce mouvement vous semble être ? »

(début du travail thérapeutique)


1961
, induction de transe profonde (en démonstration publique)

« Maintenant, écoutez-moi … Vous pouvez me regarder. Vous avez été dans un état de transe avant et vous le savez. Vous êtes un excellent sujet. Je vais vous suggérer quelque chose, pour vous. Vous pouvez dormir très facilement, aller dans la transe juste en fixant votre attention. Je pense que la meilleure façon pour vous d’apprendre à le faire et de le démontrer pour le public est la suivante :

Comme vous vous tenez là, je vais compter de un à vingt. Je peux compter de un à vingt par un ou deux par deux, par quatre, cinq, ou en dizaines. Au moment où je compterai vingt, vous serez endormi. Quand je serai arrivé à cinq, vous serez à un quart du sommeil. Quand j’arriverai à dix, vous serez à mi-chemin endormi. Quand j’arriverai à quinze, vous serez au trois-quarts du chemin endormi. Et quand j’atteindrai vingt, vous serez pleinement endormi. Vous allez prendre une profonde respiration et aller ainsi, profondément endormi (sound asleep). Allez-vous vous asseoir, s’il vous plaît ?

Maintenant, regardez le public et soyez conscients d’eux, parce que je vais commencer à compter. 1, 2, 3, 4. 5, 6, 7, 8, 10 – à moitié endormi – 11, 12, 13, 14, 15, – et trois-quarts endormi – 16, 17, 18, 19, 20. Prenez un respiration profonde et entrez profond (go deep), profondément endormi (sound asleep), de façon profonde (way deep), un profond sommeil (sound asleep),profond et profond sommeil. Continuez à dormir et profitez-en vraiment.

Je veux que vous dormiez ce qui semble être un très, très long temps, et vous vous sentirez reposé et confortable, comme si vous aviez dormi pendant huit heures, et après je vous réveillerai…. »

 

Milton-Erickson-old1976, induction conversationnelle (exemple donné dans son cours)

« Quelle sorte de transe voulez-vous ?… Combien de temps cela va-t-il vous prendre pour y entrer ? Comment saurez-vous que vous êtes en train de commencer ? Maintenant, pensez-vous vraiment que vous êtes encore complètement éveillé ?
Dans quelle transe sentez-vous que vous êtes déjà ? En combien de temps pensez-vous qu’elle va s’approfondir ? Vous me ferez savoir quand elle sera assez profonde, n’est-ce pas ?
Qu’est-ce que vous aimeriez faire dans cette transe pendant qu’elle s’approfondit ? Ou préférez-vous que ce soit une surprise ? Bientôt ou un peu plus tard ?
Est-ce que vous laisserez votre main bouger quand elle sera chaude ? Et vous ne savez pas combien d’engourdissement vous aimerez garder après votre réveil, n’est-ce pas ? »

L’hypnothérapeute repère les réactions de l’Inconscient et les augmente alors par ratification (il les fait remarquer à haute voix ou bien il les produit lui-même, en miroir), jusqu’à ce que la personne ferme les yeux.

2000, induction éricksonienne moderne, par Robert Dilts

« Asseyez-vous, je vous en prie… » (début du Yes Set).
L’hypnothérapeute se met en synchro avec la personne.

Présuppositions à propos d’états de transe précédents, suggestions subliminales et saupoudrage afin de réveiller les états de transe commune quotidienne de la personne. Par exemple :
« Combien de temps cela vous prend-il habituellement pour entrer dans une transe confortablement profonde ?… Peut-être qu’aujourd’hui vous pourrez entrer en transe plus rapidement que d’habitude… car, bien sûr, il est important de ne pas entrer en transe trop rapidement, seulement à votre rythme… de sorte que vous puissiez vraiment apprécier cette sensation confortable de détente profonde. »

L’hypnothérapeute observe le visage et le corps de la personne, à la recherche des « signes indicateurs de transe » (calibration et ratification).
Une fois les premiers signes de transe, l’hypnothérapeute soulève le bras de la personne et le place en catalepsie (confusion kinesthésique). En même temps, il met son index devant les yeux de la personne et dit : « Laissez-moi prendre ce bras… et laissez-le devenir plus lourd et plus relaxé…  et fixez juste mon doigt… car quand je touche là… les yeux se ferment et les muscles se détendent tranquillement… et vous entrez en transe plus profondément encore. »

Le bras devient lourd de relaxation. L’hypnothérapeute donne des suggestions de bien-être.
Quand la transe s’est approfondie, l’hypnothérapeute appuie son index sur le front de la personne, doucement mais fermement, et repousse la tête vers l’arrière. Il lâche alors en même temps le bras de la personne et, si ses yeux ne se sont pas encore fermés, il les ferme doucement avec ses doigts.

La transe devient plus profonde (début de la phase de travail)…

Conclusion
Les inductions hypnotiques de Milton Erickson étaient donc très proches de celles de l’Hypnose Classique. Cette dernière utilisait déjà les suggestions indirectes et les métaphores. L’apport d’Erickson était de manier les phénomènes hypnotiques avec ruse, en fin connaisseur de la psychologie de la personne et des réactions qu’il pourrait obtenir d’elle.
On dit qu’Erickson n’utilisait l’hypnose que pour 1 patient sur 5. C’est ainsi que sa pratique principale devint « stratégique », hors hypnose, notamment grâce aux prescriptions de tâche (presque 40% de ses séances en comportent)…

Lire aussi :
– L’Hypnose Classique
– La Nouvelle Hypnose
– L’Hypnose Humaniste

Conférence « De l’Hypnose à l’Hypnose Humaniste »

Voici l’enregistrement d’une conférence donnée récemment à La Réunion, en avril dernier, organisée par le centre R-Eveil.

Le thème est la présentation sont simples, puisque le public était novice en hypnose, mais il devrait ainsi intéresser le plus grand nombre.

Mes livres…

Une photo amusante de mes livres : depuis le manuscrit du livre « Hypnose », en 1999 (400 pages) et sa première édition en 2001 (600 pages)… Constamment, réécrit et amélioré : 2003, 2008 et jusqu’en 2013, où il atteint les 720 pages.

Quatre éditions et réécritures également pour le livre « Hypnose Humaniste », de 2006 à 2015… Le titre reste, le contenu évolue. A chaque fois, ce sont des mois de travail, de recherches et d’écriture.

C’est le principe que j’applique sur chacun de mes livres, qu’ils soient techniques ou romancés : ils se peaufinent avec le temps, comme on met à jour un programme informatique, le livre évolue avec l’avancée de nos connaissances.

J’ai laissé « en blanc » la place pour les livres en cours d’écriture : deux ouvrages spécialisés, en co-écriture avec Patricia d’Angeli pour celui qui sortira en 2016, et avec Gérard Cervi pour celui qui est prévu pour 2017 (déjà pratiquement terminé).

Plus de 120000 exemplaires vendus, dans 60 pays, des traductions en cours en 12 langues ! Et ce n’est pas fini…

Lockert-livres-hypnose

A funny picture of my books: from the manuscript of the book « Hypnosis », in 1999 (400 pages) and its first edition in 2001 (600 pages)… Constantly rewritten and improved: 2003, 2008 and until 2013, where he reached 720 pages.

Also four editions and rewrites for the book « Humanist Hypnosis », from 2006 to 2015… The title remains, content changes. Each time, it’s months of work, researches and writing.

This is the principle that I apply on each of my books, whether technical or romanticized: they refine over time as a computer program updated with years, the book evolves with the progress of our knowledge.

I left space for the books being written: two specialized books, co-written with Patricia d’Angeli for the one released in 2016 and starring Gerard Cervi to that one provided for 2017 (both already almost finished).

More than 120,000 copies sold in 60 countries, ongoing translations in 12 languages! And it’s not over…

Traductions et Formations

Comme vous le savez, l’Hypnose Humaniste est en pleine expansion, dans de nombreux pays – or, les livres dans ce domaine n’existent pour l’instant qu’en français (et certains langues comme le tchèque, vietnamien, etc.).

Voici donc une proposition « gagnant-gagnant » pour des personnes natives d’autres pays : un échange Traduction / Formation !

traductionCela vous permettra de vous former et, nous, d’accélérer l’accès aux livres sur l’Hypnose Humaniste dans les pays qui les réclament en ce moment.
Pour cela, j’ai fait réaliser des devis de traduction auprès d’agences spécialisées. Je connais donc l’équivalence de prix entre la traduction d’un livre et le coût de nos formations en Hypnose à l’IFHE, à Paris.

Envoyez-moi votre proposition (secrétariat IFHE), sachant que cette offre ne s’adresse qu’à des personnes qui connaissent la langue à traduire nativement (et le français en langue secondaire) et les formations sont celles de l’IFHE en France.

Les livres à traduire en priorité sont :

  • Hypnose Humaniste (éditions Courrier du Livre)
  • Psychothérapie (IFHE Editions)
  • Auto-hypnose pour les débutants (IFHE Editions)

En secondaire :

  • Les poches : poids, tabac, confiance, transgénérationnel
  • Les romans : Créateurs de Réalité 1, 2, Hypnose le Voyage.
  • Hypnose Humaniste (IFHE Editions)
  • Miracles Quotidiens (IFHE Editions)

Les langues prioritaires sont : anglais, espagnol.
En langues secondaires : russe, arabe, chinois.
Et ensuite : allemand, italien, portugais…

L’échange concerne toutes les formations possibles à l’IFHE, selon l’équivalence de prix « Traduction-Formation ». Demandez-moi pour plus de détails. De même, je serai à vos côtés pour vous aider dans la traduction (compréhension, termes, etc.) et ce sera avec plaisir que je ferai votre connaissance par la suite en formation !

Si le domaine vous plait, pensez également que le fait d’avoir traduit des livres spécialisés vous placera par la suite aux yeux des gens comme « expert » en ce domaine… Donc, si vous souhaitez ensuite vous diriger vers l’enseignement de l’Hypnose Humaniste, ce sera un avantage non-négligeable !

Les livres seront ensuite proposés aux éditeurs des pays de chaque langue (votre aide sera la bienvenue pour les contacter !) et/ou disponibles au format électronique (PDF, eBook) en attendant, afin d’être les plus économiques possible et de permettre aux personnes qui ont peu de moyens de découvrir l’Hypnose thérapeutique…

Faites passer le message ! 🙂
Merci ! Thank you! Muchas gracias! Спасибо! 谢谢大家!!شكرا لك