L’hypnose pour aider les enfants

…et les adolescents, bien sûr !

Pour la sortie du livre « Hypnose pour les enfants », je voulais partager avec vous les premières pages de présentation. On y apprend que, non seulement on utilise depuis toujours la parole pour aider les enfants, mais qu’en plus c’est particulièrement efficace – davantage encore qu’avec les adultes. Pourquoi donc s’en priver ?

hypnose-enfantsHypnose est le mot compliqué que l’on utilise avec les adultes pour les convaincre de replonger en eux-mêmes, comme ils savaient très bien le faire enfants. Friedrich Nietzsche expliquait que la vraie maturité ne s’atteignait que lorsqu’on parvenait, adulte, à retrouver « le sérieux qu’on avait au jeu quand on était enfant. »

Autrement dit, les thérapeutes qui utilisent l’hypnose auraient bien des leçons à tirer des enfants… Et pourtant, vous tenez entre vos mains un livre qui prétend expliquer comment utiliser l’hypnose avec les enfants !
Quelle idée ! Ce sont eux nos maîtres !

Voyez le paradoxe : les hypnothérapeutes sont obligés de compliquer et rallonger leurs techniques afin de pouvoir les appliquer aux adultes – sans quoi, ils ne se laissent pas faire, ils ne participent pas…
Un enfant n’a pas besoin de paraître, de comprendre, de faire croire qu’il est intelligent au-dessus de la moyenne. Il est, simplement.

Les adultes ont à ce point intégré le masque qu’ils se sont fabriqué qu’ils ont pour la plupart oublié leur vraie nature et ils ont besoin de lire pour retrouver la compréhension, la simplicité de leur enfance.
Malheureusement, la plupart des ouvrages existants sur l’Hypnose et les enfants se perdent en chemin : ils retombent dans l’austérité, l’intellect et l’ennui des adultes, se coupant par là même de ce qu’ils recherchaient. Pratiquer pour des enfants, avec innocence et efficacité.

Nous allons donc faire en sorte, dans cet ouvrage, de vous montrer au mieux ce que nous faisons en thérapie avec les enfants.
Vous comprendrez que l’Hypnose permet aux adultes d’effacer leur mental – du moins, de le mettre en retrait le temps du travail de changement – tout comme elle permet à l’hypnothérapeute de rejoindre l’enfant dans son monde. L’Hypnose est une manière de ralentir l’enfant afin de permettre au thérapeute de le suivre. Elle oblige le thérapeute à retrouver son enfant en lui.

Et il y a de grandes chances que beaucoup de parents lisent aussi ce livre, pour leur enfant – et nous ne parlons pas de thérapeutes ayant des enfants, mais de personnes voulant aider leurs chères têtes blondes à surmonter une épreuve, à mieux apprendre ou, tout simplement, à utiliser ce que la nature leur a offert : leur esprit.
Aussi, nous ferons en sorte que nos explications soient les plus simples possible, bien que beaucoup de domaines seront à réserver aux thérapeutes professionnels – simplement parce qu’ils auront un point de vue détaché sur la situation, du recul, et pourront ainsi découvrir ce qu’il faut vraiment réaliser avec l’enfant.

Notez que l’on ne « travaille » pas avec un enfant : il n’y a que les adultes qui font cela (et à contrecœur, souvent, en plus !). La thérapie avec les enfants est un jeu – et elle devrait l’être aussi avec les adultes. Vous le comprendrez lorsque nous parlerons des caractéristiques de l’Inconscient, notre esprit profond et fondateur.

enfantsL’HYPNOSE ET LES ENFANTS

Depuis de nombreuses années, l’Hypnose thérapeutique retrouve l’essor qu’elle avait à sa création, au XIXe siècle. De plus en plus de particuliers et de professionnels, thérapeutes ou coachs, constatent les bienfaits de cette pratique sur bon nombre de problèmes rencontrés dans le domaine de la psychothérapie.
Pourtant, peut-être par peur ou ignorance, les hypnothérapeutes ne pratiquent la plupart du temps qu’avec des adultes… Il faut dire qu’il y a en langue française une quasi absence de connaissances, et donc d’ouvrages spécialisés, dans le domaine de l’Hypnose appliquée aux problématiques de l’enfance et de l’adolescence.

C’est dommage, car, depuis ses origines, l’Hypnose s’est toujours adressée autant aux adultes qu’aux enfants. Contrairement à ce que l’on peut parfois lire ou entendre, l’hypnothérapie chez l’enfant n’est pas juste « en voie d’étude ou de développement » !

Bien avant même que l’Hypnose ne prenne son nom, on retrouve dans des textes vieux de plusieurs millénaires des exemples de soins d’enfants malades par des méthodes basées sur la suggestion et la croyance – ce que l’on appellerait aujourd’hui « de l’hypnose ». Même dans les cultures dites primitives, on observe des phénomènes de transe dans des cérémonies auxquelles participent des enfants, pour le soin ou la spiritualité (Mead, 1949).

Pour ce qui concerne l’Hypnose proprement dite, le chirurgien écossais James Braid, inventeur en 1841 du mot hypnose (du grec hypnos : dieu du sommeil, gardien de la nuit et père de Morphée) nota avoir induit une transe légère accompagnée d’un phénomène hypnotique (catalepsie du bras) chez 32 enfants en même temps, simplement en les faisant se lever et s’asseoir pendant une douzaine de minutes.
Bien entendu, pour les soins, chaque enfant est reçu individuellement.

Les médecins Liébeault et Bernheim, autres grands noms de l’Hypnose thérapeutique, puisque c’est eux qui la développèrent en France à partir du milieu du XIXe siècle, confirmèrent que la plupart des enfants étaient facilement et rapidement hypnotisables, s’ils suivaient les consignes de leur accompagnateur.

enfants-heureuxBramwell, un psychologue anglais du début du XXe siècle rapporta ses expériences d’hypnose avec les enfants, notamment sur l’énurésie, l’hyperhydrose (transpiration excessive), l’onychophagie (se ronger les ongles), les terreurs nocturnes, etc. Le taux de réussite, disait-il, était très élevé, alors même que la forme d’hypnose pratiquée était encore très directive et peu adaptée aux patients – ce qui n’est pas la meilleure manière de pratiquer avec des enfants…

Un peu plus tard, en 1959, André Weitzenhoffer, hypnothérapeute célèbre pour ses travaux sur les suggestions hypnotiques, démontre que les enfants sont plus réceptifs à l’hypnose que les adultes et qu’il y a bien une relation entre l’âge et la suggestibilité.
En effet, la capacité des enfants à répondre aux suggestions hypnotiques va croissant jusqu’à la puberté, où elle atteint son maximum, avant de ralentir jusqu’à la fin de l’adolescence, au niveau de ce qu’elle sera adulte.
La suggestibilité est la capacité à produire un phénomène que l’action consciente, volontaire, serait incapable de créer, comme faire cesser une douleur ou des cauchemars, etc. À noter que les expériences de Weitzenhoffer ne montrent aucune différence entre les sexes.

Cette période, propice aux recherches en tous genres sur l’Hypnose, va confirmer ces résultats, d’abord grâce à Barber et Calverley (1963) qui vont réaliser un test à grande échelle, sur 724 enfants, adolescents et jeunes adultes, entre 6 et 22 ans au sein de leur école ou université.
Les deux chercheurs ne procèderont d’ailleurs pas à une induction hypnotique formelle (la technique permettant d’amener la personne en état d’hypnose), la jugeant inutile avec les enfants et adolescents, encore très proches de leur Inconscient.
Ils vont seulement leur donner des séries de suggestions hypnotiques, destinées à obtenir divers phénomènes tels que la catalepsie ou la lévitation d’un bras. Ainsi, afin d’éviter l’interférence du mot lui-même, Barber et Calverley ne parlent même pas d’hypnose à leurs sujets, mais de « test d’imagination » : ils demandent aux enfants de fermer les yeux, puis énoncent les suggestions et notent leurs résultats, qui confirment les observations de Weitzenhoffer.
Ils remarquent d’ailleurs que les adultes peuvent réussir à obtenir les mêmes scores… mais après une induction hypnotique !

Selon Barber et Calverley, les enfants diffèrent des adultes en ce qu’ils ne montrent pas de changement dans leur suggestibilité après une induction hypnotique. Ils sont déjà ouverts à leur être profond. Ce n’est qu’après 14-15 ans que les scores des adolescents décroissent doucement, jusqu’à se stabiliser au niveau de ceux des adultes.

En 1969, une nouvelle étude de London et Cooper sera réalisée auprès de 240 enfants, grâce à une « Échelle de Susceptibilité Hypnotique pour Enfants » (comme il en exista de nombreuses, à cette époque). Comme les recherches précédentes, elle montra la grande capacité des enfants à obtenir des phénomènes non-contrôlables par la seule volonté.

Deux autres chercheurs, Morgan et Hilgard (1973, 1979) établirent à nouveau les mêmes résultats, que ce soit avec l’échelle habituelle dite de Stanford (SHSS) ou avec l’échelle dédiée aux enfants (SHCS)…

Enfin, Joseph Barber, dans son livre de référence sur le traitement de la douleur (1996) illustre à travers de nombreux exemples que les enfants n’ont bien souvent besoin d’aucune induction hypnotique pour entrer en hypnose et être absorbés par leur imagination : le monde concret et le monde imaginaire se côtoient encore naturellement en eux.

Ces quelques références, parmi tant d’autres, vous montrent que l’hypnose adaptée aux enfants est un sujet d’intérêt pour de nombreux hypnothérapeutes, depuis les débuts de l’Hypnose.

enfant-mamanAujourd’hui, de plus en plus d’hypnothérapeutes reçoivent des enfants en consultations et, surtout, de plus en plus de parents sont intéressés par l’hypnose afin d’aider leurs enfants, y compris hors du cadre thérapeutique, donc dans un usage habituel, à la maison.
Derrière le mot « hypnose » se cache un savoir-faire qui n’a pas à être réservé aux situations difficiles. Si chacun savait se servir de ses capacités naturelles – puisque nous avons tous un cerveau et donc la possibilité de l’utiliser – alors nous ne devrions consulter les thérapeutes que dans les cas particuliers, qui dépassent l’ordinaire.

L’HYPNOSE : UN APPRENTISSAGE NATUREL

Malheureusement, à l’école, on n’apprend ni notre fonctionnement psychologique, ni à s’en servir. Et, les parents n’étant pas davantage capables d’éduquer leurs enfants dans ce domaine, les situations qui auraient pu être corrigées à la base empirent parfois jusqu’à nécessiter l’intervention d’un professionnel de l’aide…

Si nous avions appris à utiliser notre esprit dès l’enfance, comme tout autre domaine d’éducation, à en connaître les possibilités (et les limites aussi, bien sûr), alors nous ne serions pas obligés aujourd’hui de le faire, poussés par le besoin ou l’urgence…
Cela aurait été bien plus facile, comme il est bien plus naturel d’apprendre une langue étrangère enfant, avec ses parents, qu’une fois adulte !

C’est pour cette raison que nous avons décidé d’écrire ce livre, afin de partager notre expérience et certaines de nos découvertes, avec les hypnothérapeutes, mais aussi avec les parents.

Il est tout à fait possible, avec un peu de connaissance hypnotique, d’aider son enfant ou son adolescent dans beaucoup de domaines de la vie ou de le sortir de situations difficiles. Lui-même pourra alors le faire à son tour, le moment venu, avec ses propres enfants – rompant ainsi le cercle vicieux des soucis générés par l’ignorance de soi-même.

enfants_heureuxDans le livre « Hypnose pour les enfants », nous avons choisi des exemples simples, issus du quotidien, que vous pourrez utiliser directement en fonction des problèmes présentés. Cela va des soucis de pipi au lit des jeunes enfants jusqu’au moment où le jeune adulte quitte le foyer… Voyez le sommaire ici.

Nous avons également noté les limites ou les points importants à connaître, pour vous permettre le cas échéant d’aller consulter un professionnel de la santé, quand le problème sort du champ de l’accompagnement par la parole et de la psychothérapie.

Ce livre peut aussi être utilisé par les thérapeutes, les pédopsychiatres ou les psychologues qui se sont spécialisés ou qui soignent les enfants et souhaitent incorporer des techniques d’hypnose à leur pratique.

souligne

Où trouver le livre ? Pour l’instant, en exclusivité chez l’éditeur ou à l’IFHE et, à partir de février 2017, dans toutes les librairies, Fnac, Amazon, etc.

Exemples d’induction d’Hypnose Ericksonienne

MHEDu nom du psychiatre américain Milton H. Erickson (1901-1980), l’Hypnose Ericksonienne actuelle est multiforme, parfois douce et accompagnante, parfois autoritaire comme Erickson savait l’être. On décrit cette forme d’hypnose comme « artfully vague » (vague, floue et rusée, malicieuse… on dirait « stratégique ») et « naturaliste » ou « utilisationnelle », dans le sens où l’on utilise ce que la personne présente, physiquement ou psychologiquement, pour l’induction hypnotique comme pour la thérapie elle-même.

L’Hypnose Ericksonienne s’appuie sur les techniques de l’Hypnose Classique et y ajoute de nombreuses astuces de langage. Elle est donc plus longue à apprendre et à maîtriser. Cette différence de technicité permet d’utiliser l’Hypnose avec 100% des personnes, ce qui n’est pas forcément possible en Hypnose Classique où l’on ne cache rien, donc si la personne veut « résister », ne pas se laisser faire ou ne pas faire ce qu’on lui demande : elle le peut, ce qui n’est pas forcément le cas en Hypnose Ericksonienne si l’hypnothérapeute est assez rusé ou astucieux !

L’Hypnose Ericksonienne a un caractère essentiellement thérapeutique. Elle n’est pas spectaculaire (les artistes ne l’utilisent pas directement en spectacle)… Les inductions utilisées sont faites soit de manière « formelle » (on sait que l’hypnothérapeute procède à l’induction) soit en « hypnose conversationnelle » (la structure de l’induction est la même, mais intégrée à la conversation ordinaire, souvent en questionnement). Les deux façons de procéder amènent la personne à un état modifié de conscience similaire.
S’il n’y a pas d’état d’hypnose reconnaissable, il s’agit de « communication hypnotique » (pas d’hypnose, mais utilisation des techniques de langage) comme en publicité ou en politique… On ne fait pas de « communication hypnotique » en hypnothérapie (du moins, pas que cela).

Le langage de l’Hypnose Ericksonienne utilise souvent la confusion (afin de saturer les perceptions conscientes et d’ouvrir la communication vers l’Inconscient) ainsi que l’humour, les suggestions indirectes (camouflées) et tout un patchwork d’outils de communication hypnotique destinés à impacter la personne au niveau profond, donc sans qu’elle ne le sache (Inconscient). Une fois que l’état hypnotique est établi chez la personne, un observateur non-averti pourrait se demander comment on en est arrivé là ! Exemple des analgésies hypnotiques que l’on peut installer très rapidement (quelques dizaines de seconde ou moins).

Les inductions faites en conditions réelles de psychothérapie sont ainsi très « étranges » pour le novice, car elles peuvent devenir invisibles (cas des inductions « conversationnelles »). En apparence, il n’y a alors jamais eu d’induction hypnotique… Mais la personne présentera bien sûr les « signes de transe » qui permettent de confirmer qu’elle est bien en état d’hypnose : ce n’est pas juste « une discussion », sinon on ne parlerait pas d’hypnose ! Tous les phénomènes de l’hypnose peuvent être produits.

Il est donc impossible de donner un « modèle » valable d’induction hypnotique éricksonienne car il n’en existe pas de forme toute faite – alors qu’il existe de nombreux protocoles, sur lesquels on peut broder, en Hypnose Classique ou en Nouvelle Hypnose.
Tout est improvisé pour la personne qui se présente pour l’expérience. Seul le langage est reconnaissable par sa technicité. Et chaque induction, bien spéciale, ne sera de toute évidence plus jamais réutilisée par l’hypnothérapeute.

Autre souci : comme tout thérapeute, la pratique de Milton Erickson a changé tout au long de sa vie… Pendant longtemps, Erickson pratiquait ce que nous appelons de l’Hypnose Classique (cf. ci-dessus), puis vers la la fin de sa vie, il utilisait une étrange manière de parler, pleine de sous-entendus, de répétitions, etc. ce qui a marqué les hypnothérapeutes actuels. A tel point que, lorsqu’un hypnothérapeute utilise de manière caricaturale les techniques de langage d’Erickson de cette époque, les américains disent : « Vous faites du vieil Erickson » – par opposition avec la technique plus classique qu’il a utilisé toute sa vie.

Voici donc quelques exemples d’induction hypnotique éricksoniennes, selon l’âge d’Erickson.

Milton-Erickson-young1923, induction par création d’un phénomène hypnotique :

« Je veux que vous vous mettiez à l’aise sur votre chaise et que vous vous détendiez. Maintenant que vous êtes assis, posez vos deux mains à plat sur vos cuisses. Exactement comme cela. Vous allez surveiller vos mains, et vous remarquerez que vous pouvez les observer attentivement. 

Ce que vous allez faire, c’est vous détendre. Vous remarquerez alors que certaines choses se produisent au cours de votre relaxation. Elles se sont toujours produites pendant que vous vous détendiez, mais vous ne les avez pas si bien remarquées auparavant. je vais vous les signaler. je voudrais que vous vous concentriez sur toutes les sensations et impressions que vous ressentirez dans vos mains, quelles qu’elles soient. Peut-être sentirez-vous la lourdeur de votre main posée sur votre cuisse, ou aurez-vous là sensation d’une pression. Peut-être sentirez-vous l’étoffe de vos pantalons contre la paume de votre main, ou la chaleur de votre main sur votre cuisse. Les sensations que vous éprouverez, je veux que vous les observiez. Peut-être ressentirez-vous une sorte de démangeaison. Peu importe les sensations que vous éprouverez, je veux que vous les observiez. Regardez toujours votre main, et vous remarquerez comme elle est tranquille, comme elle reste dans la même position. Il y a des mouvements en elle, mais ils ne sont pas encore perceptibles. je veux que vous gardiez les yeux sur votre main. Votre attention peut se détourner de la main, mais elle reviendra toujours sur la main, et vous gardez les yeux fixés sur la main et vous vous demandez quand les mouvements qui se trouvent en elle vont devenir visibles. 

Il sera intéressant de voir lequel de vos doigts va bouger le premier. Ce sera peut-être le majeur, ou l’index, ou l’annulaire, ou l’auriculaire, ou le pouce. L’un de vos doigts va tressaillir ou bouger. Vous ne savez pas exactement quand, ni à quelle main. Regardez toujours bien et vous allez remarquer d’a bord un léger tressaillement, peut-être à la main droite. Tenez, le pouce tressaille et bouge. Au début du mouvement, vous remarquerez une chose intéressante. Les espaces compris entre les doigts s’élargissent très lentement, les doigts s’écartent très lentement, et vous noterez que les espaces s’élargissent de plus en plus. Ils vont s’écarter lentement ; les doigts s’écartent de plus en plus, de plus en plus, de plus en plus, exactement comme ça. 

Tandis que les doigts s’écarteront, vous remarquerez que bientôt les doigts voudront se dresser en formant un arc au-dessus de la cuisse, comme s’ils voulaient se lever de plus en plus haut (l’index du patient commence à se dresser légèrement).

Remarquez comme l’index se lève. En même temps, les autres doigts veulent le suivre, les voilà qui se dressent lentement (les autres doigts commencent à se lever). 

Pendant que les doigts se lèveront, vous allez ressentir une impression de légèreté dans la main, une sensation de légèreté, d’autant plus que les doigts se dressent en arc, et toute la main va se soulever et s’élever lentement, comme si c’était une plume, comme lorsqu’un ballon monte en l’air, monte, monte, en l’air, en l’air, en l’air, s’élève de plus en plus haut, de plus en plus haut, la main devient très légère (la main commence à se lever). Quand vous regardez votre main se lever, vous remarquerez que le bras monte, monte en l’air, un peu plus haut, plus haut, plus haut, encore, encore, encore. (Le bras s’est levé d’environ 10 centimètres au-dessus de la cuisse et le patient le regarde fixement.) Regardez toujours la main et le bras qui se dressent et, pendant ce temps, vous ne tarderez pas à sentir combien vos yeux sont devenus somnolents et fatigués. Tandis que votre bras continue à se lever, vous vous sentirez fatigué, détendu, et vous aurez envie de dormir, une grande envie de dormir. Vos yeux se feront lourds et peut-être que vos paupières voudront se fermer. Et pendant que votre bras se lèvera de plus en plus haut, vous voudrez vous sentir de plus en plus détendu, vous aurez de plus en plus sommeil, et vous voudrez éprouver un sentiment de paix et de détente en fermant vos yeux et en vous endormant. 

Votre bras se lève, encore, encore, et vous devenez très somnolent ; vos paupières se font lourdes, votre respiration devient lente et régulière. Respirez profondément – inspirez et expirez. » (Le patient tient le bras tendu droit devant lui, ses yeux clignent, et sa respiration est profonde et régulière.)

 

milton-erickson-middle1945, double induction réalisée par Milton Erickson et Jerome Fink (ils parlent alternativement) :

« Endormez-vous profondément (go sound asleep). Profondément (deep down), profondément endormie (sound asleep). Continuez de dormir. Vous pouvez même fermer les yeux et aller plus profondément, encore plus profondément (deeper, deeper). Continuez de dormir profondément (sleeping deeply) et dormez profondément (and sleep soundly), très profondément, très profondément et très profondément (very soundly, very deeply and very soundly). Pour vous permettre de vous endormir même plus profondément encore, vous devez bloquer (block out)tout sauf les voix du Dr Erickson et moi-même et vous. Allez plus profondément, progressivement plus profondément endormie. Continuez de dormir profondément, profondément (deeply, soundly). Facilement, pro- fondément, profondément endormie (easily, deeply, soundly asleep). Allez même plus profond encore, plus profond, plus profond et protégez ce sommeil. Dormez simplement à votre façon, de manière à ce que vous puissiez (so that you can) accomplir tout ce que vous voulez accomplir. Et dormez paisiblement, dormez en toute confiance, très relaxée. Profondément, profondément endormie (deeply soundly asleep). Stabilisez ce sommeil. Continuez de dormir (continue to sleep), plus profondément et encore plus profondément. 

Et continuez de dormir (keeping to sleep) très profondément. Très profondément, profondément endormie. Nous allons écarter ce stylo afin que vous puissiez (so you can) dormir même encore plus profondément et vous sentir plus confortable (feel more comfortable). Et nous allons écarter cette feuille afin que vous puissiez même dormir plus profondément. Et vous devez avoir une raison à vous endormir. Et vous allez répondre à cette raison d’une manière confortable. Et vous allez réellement dormir profondément afin que vous puissiez entendre seulement le Dr Fink et moi. Avec une vague compréhension que tout cela est bien et va continuer d’être bien. » 

 

1958, induction hypnotique de régression en âge (démonstration filmée) :

« …vous vous sentez aller en transe maintenant. Et je voudrais que vous vous sentiez dans une position différente, dans une position différente dans cette pièce que celle dans laquelle vous êtes maintenant. Et fermez les yeux, et dormez profondément, et sentez-vous dans une position différente dans cette pièce, comme si vous étiez assis de façon quelque peu différente. Et Gregory (Bateson) est toujours là-bas, en train d’actionner cela (la caméra), et je voudrais que vous vous sentiez aller de plus en plus profondément en transe. Je me demande ce que vous auriez envie de faire dans cet état de transe. Vous faisiez de la recherche, je crois, sur les primates.

Patient : Hmm hmm.

Erickson : Et je voudrais que vous pensiez à cela, et ensuite je voudrais que vous vous demandiez quel autre sujet pourrait se présenter, et je me demande si vous auriez envie de regarder pas là, par là. Et je me demande quelle visualisation vous pourriez obtenir en regardant par là. Je me demande si vous pourriez voir un film ou une sorte d’écran.

Patient : Je peux voir un écran, là-bas.

Erickson : Vous pouvez voir un écran. J’aimerais que vous voyiez une bande de statistiques sur cet écran, et j’aimerais que vous vous demandiez ce qu’elles représentent. Elles n’ont probablement pas d’intérêt particulier, et ensuite j’aimerais que vous voyiez quelque chose derrière ces statistiques. Quelque chose d’intéressant ; quelque chose d’agréable. C’est cela. Et commencez à voir quelque chose d’agréable et d’intéressant. Très agréable et très intéressant, qui implique du mouvement et de l’activité. C’est cela. Du mouvement et de l’activité – lesquels se transforment en quelque chose d’autre qui est moins plaisant, un peu désagréable. Et cela continue et je voudrais que vous me disiez quelles sensations ce mouvement vous donne. Qu’est ce que ce mouvement vous semble être ? »

(début du travail thérapeutique)


1961
, induction de transe profonde (en démonstration publique)

« Maintenant, écoutez-moi … Vous pouvez me regarder. Vous avez été dans un état de transe avant et vous le savez. Vous êtes un excellent sujet. Je vais vous suggérer quelque chose, pour vous. Vous pouvez dormir très facilement, aller dans la transe juste en fixant votre attention. Je pense que la meilleure façon pour vous d’apprendre à le faire et de le démontrer pour le public est la suivante :

Comme vous vous tenez là, je vais compter de un à vingt. Je peux compter de un à vingt par un ou deux par deux, par quatre, cinq, ou en dizaines. Au moment où je compterai vingt, vous serez endormi. Quand je serai arrivé à cinq, vous serez à un quart du sommeil. Quand j’arriverai à dix, vous serez à mi-chemin endormi. Quand j’arriverai à quinze, vous serez au trois-quarts du chemin endormi. Et quand j’atteindrai vingt, vous serez pleinement endormi. Vous allez prendre une profonde respiration et aller ainsi, profondément endormi (sound asleep). Allez-vous vous asseoir, s’il vous plaît ?

Maintenant, regardez le public et soyez conscients d’eux, parce que je vais commencer à compter. 1, 2, 3, 4. 5, 6, 7, 8, 10 – à moitié endormi – 11, 12, 13, 14, 15, – et trois-quarts endormi – 16, 17, 18, 19, 20. Prenez un respiration profonde et entrez profond (go deep), profondément endormi (sound asleep), de façon profonde (way deep), un profond sommeil (sound asleep),profond et profond sommeil. Continuez à dormir et profitez-en vraiment.

Je veux que vous dormiez ce qui semble être un très, très long temps, et vous vous sentirez reposé et confortable, comme si vous aviez dormi pendant huit heures, et après je vous réveillerai…. »

 

Milton-Erickson-old1976, induction conversationnelle (exemple donné dans son cours)

« Quelle sorte de transe voulez-vous ?… Combien de temps cela va-t-il vous prendre pour y entrer ? Comment saurez-vous que vous êtes en train de commencer ? Maintenant, pensez-vous vraiment que vous êtes encore complètement éveillé ?
Dans quelle transe sentez-vous que vous êtes déjà ? En combien de temps pensez-vous qu’elle va s’approfondir ? Vous me ferez savoir quand elle sera assez profonde, n’est-ce pas ?
Qu’est-ce que vous aimeriez faire dans cette transe pendant qu’elle s’approfondit ? Ou préférez-vous que ce soit une surprise ? Bientôt ou un peu plus tard ?
Est-ce que vous laisserez votre main bouger quand elle sera chaude ? Et vous ne savez pas combien d’engourdissement vous aimerez garder après votre réveil, n’est-ce pas ? »

L’hypnothérapeute repère les réactions de l’Inconscient et les augmente alors par ratification (il les fait remarquer à haute voix ou bien il les produit lui-même, en miroir), jusqu’à ce que la personne ferme les yeux.

2000, induction éricksonienne moderne, par Robert Dilts

« Asseyez-vous, je vous en prie… » (début du Yes Set).
L’hypnothérapeute se met en synchro avec la personne.

Présuppositions à propos d’états de transe précédents, suggestions subliminales et saupoudrage afin de réveiller les états de transe commune quotidienne de la personne. Par exemple :
« Combien de temps cela vous prend-il habituellement pour entrer dans une transe confortablement profonde ?… Peut-être qu’aujourd’hui vous pourrez entrer en transe plus rapidement que d’habitude… car, bien sûr, il est important de ne pas entrer en transe trop rapidement, seulement à votre rythme… de sorte que vous puissiez vraiment apprécier cette sensation confortable de détente profonde. »

L’hypnothérapeute observe le visage et le corps de la personne, à la recherche des « signes indicateurs de transe » (calibration et ratification).
Une fois les premiers signes de transe, l’hypnothérapeute soulève le bras de la personne et le place en catalepsie (confusion kinesthésique). En même temps, il met son index devant les yeux de la personne et dit : « Laissez-moi prendre ce bras… et laissez-le devenir plus lourd et plus relaxé…  et fixez juste mon doigt… car quand je touche là… les yeux se ferment et les muscles se détendent tranquillement… et vous entrez en transe plus profondément encore. »

Le bras devient lourd de relaxation. L’hypnothérapeute donne des suggestions de bien-être.
Quand la transe s’est approfondie, l’hypnothérapeute appuie son index sur le front de la personne, doucement mais fermement, et repousse la tête vers l’arrière. Il lâche alors en même temps le bras de la personne et, si ses yeux ne se sont pas encore fermés, il les ferme doucement avec ses doigts.

La transe devient plus profonde (début de la phase de travail)…

Conclusion
Les inductions hypnotiques de Milton Erickson étaient donc très proches de celles de l’Hypnose Classique. Cette dernière utilisait déjà les suggestions indirectes et les métaphores. L’apport d’Erickson était de manier les phénomènes hypnotiques avec ruse, en fin connaisseur de la psychologie de la personne et des réactions qu’il pourrait obtenir d’elle.
On dit qu’Erickson n’utilisait l’hypnose que pour 1 patient sur 5. C’est ainsi que sa pratique principale devint « stratégique », hors hypnose, notamment grâce aux prescriptions de tâche (presque 40% de ses séances en comportent)…

Lire aussi :
– L’Hypnose Classique
– La Nouvelle Hypnose
– L’Hypnose Humaniste

Conférence « De l’Hypnose à l’Hypnose Humaniste »

Voici l’enregistrement d’une conférence donnée récemment à La Réunion, en avril dernier, organisée par le centre R-Eveil.

Le thème est la présentation sont simples, puisque le public était novice en hypnose, mais il devrait ainsi intéresser le plus grand nombre.

Mes livres…

Une photo amusante de mes livres : depuis le manuscrit du livre « Hypnose », en 1999 (400 pages) et sa première édition en 2001 (600 pages)… Constamment, réécrit et amélioré : 2003, 2008 et jusqu’en 2013, où il atteint les 720 pages.

Quatre éditions et réécritures également pour le livre « Hypnose Humaniste », de 2006 à 2015… Le titre reste, le contenu évolue. A chaque fois, ce sont des mois de travail, de recherches et d’écriture.

C’est le principe que j’applique sur chacun de mes livres, qu’ils soient techniques ou romancés : ils se peaufinent avec le temps, comme on met à jour un programme informatique, le livre évolue avec l’avancée de nos connaissances.

J’ai laissé « en blanc » la place pour les livres en cours d’écriture : deux ouvrages spécialisés, en co-écriture avec Patricia d’Angeli pour celui qui sortira en 2016, et avec Gérard Cervi pour celui qui est prévu pour 2017 (déjà pratiquement terminé).

Plus de 120000 exemplaires vendus, dans 60 pays, des traductions en cours en 12 langues ! Et ce n’est pas fini…

Lockert-livres

 

A funny picture of my books: from the manuscript of the book « Hypnosis », in 1999 (400 pages) and its first edition in 2001 (600 pages)… Constantly rewritten and improved: 2003, 2008 and until 2013, where he reached 720 pages.

Also four editions and rewrites for the book « Humanist Hypnosis », from 2006 to 2015… The title remains, content changes. Each time, it’s months of work, researches and writing.

This is the principle that I apply on each of my books, whether technical or romanticized: they refine over time as a computer program updated with years, the book evolves with the progress of our knowledge.

I left space for the books being written: two specialized books, co-written with Patricia d’Angeli for the one released in 2016 and starring Gerard Cervi to that one provided for 2017 (both already almost finished).

More than 120,000 copies sold in 60 countries, ongoing translations in 12 languages! And it’s not over…

Traductions et Formations

Comme vous le savez, l’Hypnose Humaniste est en pleine expansion, dans de nombreux pays – or, les livres dans ce domaine n’existent pour l’instant qu’en français (et certains langues comme le tchèque, vietnamien, etc.).

Voici donc une proposition « gagnant-gagnant » pour des personnes natives d’autres pays : un échange Traduction / Formation !

traductionCela vous permettra de vous former et, nous, d’accélérer l’accès aux livres sur l’Hypnose Humaniste dans les pays qui les réclament en ce moment.
Pour cela, j’ai fait réaliser des devis de traduction auprès d’agences spécialisées. Je connais donc l’équivalence de prix entre la traduction d’un livre et le coût de nos formations en Hypnose à l’IFHE, à Paris.

Envoyez-moi votre proposition (secrétariat IFHE), sachant que cette offre ne s’adresse qu’à des personnes qui connaissent la langue à traduire nativement (et le français en langue secondaire) et les formations sont celles de l’IFHE en France.

Les livres à traduire en priorité sont :

  • Hypnose Humaniste (éditions Courrier du Livre)
  • Psychothérapie (IFHE Editions)
  • Auto-hypnose pour les débutants (IFHE Editions)

En secondaire :

  • Les poches : poids, tabac, confiance, transgénérationnel
  • Les romans : Créateurs de Réalité 1, 2, Hypnose le Voyage.
  • Hypnose Humaniste (IFHE Editions)
  • Miracles Quotidiens (IFHE Editions)

Les langues prioritaires sont : anglais, espagnol.
En langues secondaires : russe, arabe, chinois.
Et ensuite : allemand, italien, portugais…

L’échange concerne toutes les formations possibles à l’IFHE, selon l’équivalence de prix « Traduction-Formation ». Demandez-moi pour plus de détails. De même, je serai à vos côtés pour vous aider dans la traduction (compréhension, termes, etc.) et ce sera avec plaisir que je ferai votre connaissance par la suite en formation !

Si le domaine vous plait, pensez également que le fait d’avoir traduit des livres spécialisés vous placera par la suite aux yeux des gens comme « expert » en ce domaine… Donc, si vous souhaitez ensuite vous diriger vers l’enseignement de l’Hypnose Humaniste, ce sera un avantage non-négligeable !

Les livres seront ensuite disponibles au format électronique (PDF, eBook) afin d’être les plus économiques possible et de permettre ainsi aux personnes qui ont peu de moyens de découvrir cette approche…

Faites passer le message ! :)
Merci ! Thank you! Muchas gracias! Спасибо! 谢谢大家!!شكرا لك

HypnoMagie !

L’HypnoMagie est une nouvelle pratique qui allie l’Hypnose thérapeutique aux techniques des magiciens, spécialement ceux qui pratiquent la « magie rapprochée » (close-up).

En soi, l’HypnoMagie est une forme de thérapie ou de coaching comme tant d’autres. Elle ressemble à l’Hypnose thérapeutique habituelle et s’adresse aux mêmes personnes, pour les mêmes indications… Sa différence est bien évidemment dans l’utilisation de la prestidigitation qui va permettre à l’hypnomagicien de « rendre réelles » pour la personne les différentes étapes de sa séance, y compris son résultat.

HypnomagieL’Hypnose est une clé d’accès à votre esprit profond, un mode d’emploi de votre cerveau, de votre psyché et de vos émotions.

La Magie est un art : celui d’étonner et d’enchanter en créant l’illusion du merveilleux.

L’Hypnose ouvre les portes à la magie qui est en vous, tout comme la magie ouvre les portes de vos émotions.

Les deux pratiques nous font rêver, elles nous transportent dans un univers où tout devient possible, où les mots et les idées deviennent réalité.

Les recherches actuelles dans l’univers des neurosciences montrent bien l’importance des émotions dans nos facultés d’apprentissage et de développement personnel et professionnel. Lorsque nous vivons et ressentons une émotion, l’expérience à laquelle elle se rattache se grave profondément en nous.

On apprend et on mémorise bien plus facilement grâce aux émotions !
L’Hypnose fonctionne justement grâce à ce carburant unique : l’émotion.
Et la Magie, bien évidemment, génère de l’émotion, elle fait vivre quasi physiquement à la personne une expérience profonde. Elle peut devenir pour la personne la métaphore d’enseignements importants pour sa vie.

Voilà en quoi les deux pratiques se complètent.

COMMENT FONCTIONNE L’HYPNOMAGIE ?

Les hypnothérapeutes (classiques ou éricksoniens) bâtissent leurs séances avec l’aide de suggestions hypnotiques et de métaphores, lesquelles contiennent les structures thérapeutiques ou de changement.

En HypnoMagie, la technique de prestidigitation (simple et accessible aux débutants) permet, entre autres choses, de concrétiser les suggestions hypnotiques habituelles : au lieu de belles paroles, la personne va pouvoir constater visiblement chaque étape de sa séance, jusqu’à sa réussite finale ! La Magie offre une forme de suggestion concrète ou de métaphore thérapeutique vécue (et non pas simplement entendue).

Par exemple, la personne est guidée en hypnose dans un protocole en trois points qui permet d’activer une recherche et mise en place de solution au niveau inconscient. Ce protocole est simple et fonctionne très bien, mais comme le travail se fait au niveau non-conscient, personne ne peut savoir s’il se passe vraiment quelque chose de profond. La personne doit faire confiance à son hypnothérapeute et attendre quelques jours pour constater dans sa vie le résultat de la séance d’hypnose…

magieEn HypnoMagie, la personne est guidée dans une métaphore de la vie et, à chaque étape de la technique de soin, elle pioche deux cartes (ou des petits papiers numérotés) au hasard. C’est elle qui tient le paquet de cartes (ou papiers) depuis le début, l’hypnomagicien la guide mais ne touche à rien. Tout se fait donc dans les mains de la personne…
A mi-parcours, la personne aura pressenti son « nombre de vie », qui lui est personnel et qui découle de la métaphore qu’elle sera en train de vivre (si on faisait vivre cette expérience à un groupe, chacun aurait un nombre différent).

Au final, on découvre que les cartes (ou petits papiers) de chaque étape ont la même valeur que le « nombre de vie » de la personne – et, vu les mélanges, réalisés par la personne elle-même, sans que l’on ne touche jamais à rien : c’est impossible !
Et pourtant !… …Un heureux présage, sans doute :)

L’Hypnose apporte un contexte au « tour de magie », elle le rend utile. Et la Magie apporte à l’hypnothérapie son émerveillement, sa « preuve concrète » !

Autre exemple : une personne désire arrêter de fumer. En début de séance, l’hypnomagicien lui montre qu’elle « attire » littéralement le tabac : le tabac d’une cigarette écrasée se colle à ses doigts ! Après la séance habituelle d’hypnose, la personne constate à sa grande surprise qu’elle n’attire désormais plus le tabac : lorsqu’elle approche sa main des petites fibres de cigarette déposées sur la table, il ne se passe plus rien !… Effectivement, quelques jours plus tard, la personne confirme que depuis sa séance elle n’a même jamais eu l’envie d’une cigarette. Elle a arrêté du premier coup. Mais, elle savait que ça marcherait : elle l’avait « vu » après la séance d’hypnose.

On pourrait réaliser la même séance avec de la poussière, qui symboliserait les ennuis de la vie. La personne « attirerait les soucis » avant la séance d’hypnose et plus après…

Un dernier exemple : un petit objet qui symbolise le problème de la personne est enfermé dans une petite boite, tenue par la personne. Celle-ci pratique ensuite en hypnose une « thérapie symbolique » sur le symbole psychologique de son souci.
Au final, non seulement le symbole est transformé intérieurement… mais cela se voit dans le monde réel, car l’objet lui-même a changé dans la boite !… Et même le papier sur lequel était noté au début de la rencontre le souci de la personne s’est métamorphosé !

L’expérience d’HypnoMagie est donc simple et très étonnante pour la personne ! Elle marque sa mémoire et ses émotions et le tout rend la séance d’hypnose qui vient d’être vécue plus « réelle » : elle s’inscrit dans la vie concrète.

DES EFFETS MAGIQUES METAPHORIQUES

En HypnoMagie, on pratique surtout des séances complètes d’accompagnement hypnotique, pour traiter les mêmes choses qu’en Hypnothérapie conventionnelle, que ce soit à la manière de l’Hypnose Ericksonienne ou même en Hypnose Humaniste.
Dans les séances longues d’HypnoMagie, la technique de soin est cachée dans le processus magique, comme on le fait souvent en Hypnose Ericksonienne avec les métaphores verbales : un conte thérapeutique vécu dans la réalité !

Toutefois, en tant que débutant, vous apprendrez d’abord quelque tours simples, la plupart sans manipulation, qui vous serviront d’illustration, d’explication pour la personne.

Par exemple, une rapide expérience vous permettra de montrer à la personne que ce qu’elle voit n’est peut-être pas la réalité. Une démonstration vaut mieux qu’un long discours ! Elle se méfiera ensuite de ses a priori.
Vous pourrez aussi vérifier avec la personne à quel point vous êtes « en synchro », en lui montrant que cette qualité de relation, en plus d’être agréable, produit d’heureux hasards : les fameuses synchronicités.

Vous trouverez le sommaire du livre « HypnoMagie » sur le site des Éditions IFHE, avec la liste des effets magiques simples et des « hypnoroutines » complètes (terme technique désignant un tour de magie dans son ensemble, avec le protocole de soin hypnotique et la métaphore qui lui donne un sens).

Par exemple, entre autres effets métaphoriques, vous apprendrez dans ce livre :

  • « Carré magique » : comme on le fait au début de toute rencontre thérapeutique, vous aidez une personne à explorer sa situation. Il s’agit de clarifier son objectif. Ici, un ensemble de cartes (ou de petits papiers) va représenter les différentes facettes, positives et négatives, de la situation de la personne, mais une seule carte symbolise sa réussite, l’objectif qu’elle souhaite atteindre.
    Alors que la personne aura elle-même éliminé chaque carte au fur et à mesure de la discussion, une par une et sans les voir… la seule carte qui restera à la fin, oh surprise, sera précisément celle qui montre son prochain succès !
    .
  • « Le mélange chinois » : pour illustrer votre explication des mécanismes de l’Inconscient, la personne vous confie une carte qui représente ce qu’elle espère (re)trouver ou mettre en place en elle durant votre séance d’hypnose. Sa carte est alors irrémédiablement perdue dans le jeu par de multiples mélanges : « à la française », « à la suisse », « à la corse », « à l’américaine », « à la chinoise », etc. Les cartes sont même toutes sens dessus dessous (à l’envers et à l’endroit)…
    Enfin, lorsque la personne fait appel à son Inconscient, sans un geste, tout le jeu se retrouve dans le bon sens, dans ses mains… sauf une carte, seule retournée bien en évidence : la belle carte-ressource de la personne !
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  • « Comme par magie » : ici, il s’agit de montrer à la personne, par un petit sketch, que parfois la volonté brute ne sert à rien et qu’il faut aussi savoir faire confiance à son intuition et à sa nature profonde. Comme souvent en magie, une carte est perdue dans un jeu et l’hypnomagicien va la retrouver… mais ses efforts, bien qu’impressionnants et bruyants, restent vains !!…
    L’hypnomagicien finit alors par comprendre qu’en optant pour la douceur et un brin de visualisation, par l’intention profonde plutôt que la force de volonté, et sans même un geste, la carte de la personne réapparaît « comme par magie » !…

Ces petits effets magiques sont rapides et servent au début de la rencontre thérapeutique (ou de coaching) pour illustrer un point ou un autre. Ils préparent les séances complètes qui sont le cœur de l’HypnoMagie.

DES SÉANCES COMPLÈTES D’HYPNOMAGIE

magie-2Le livre « HypnoMagie » vous offre une dizaine d’hypnoroutines (protocoles de soin mis en magie) pour toutes sortes de situations : arrêt du tabac, perte de poids, confiance en soi, traitement de petits et gros soucis, etc. Voyez la liste des techniques utilisées dans le sommaire du livre « HypnoMagie ».

Parfois, la Magie ne sert qu’à montrer à la personne que sa séance a bien fonctionné – ce qui est déjà considérable. Mais, souvent, le protocole de soin et le « tour de magie » sont intriqués tout au long de l’intervention. Une métaphore permet à la personne de découvrir ou de prendre conscience des différents aspects de son problème ou des mécanismes cachés de la vie, qui lui serviront à améliorer sa vie.

Une importante annexe, en fin de livre, vous donne les bases de la symbolique des chiffres (rien à voir avec la numérologie !) ainsi que des profils psychologiques principaux. Tout cela vous servira à construire ou renforcer vos métaphores et à jouer avec les symboles d’un jeu de cartes, par exemple.

Alors, voici quelques protocoles, parmi ceux que vous pourrez apprendre :

  • « Trinity Brain » : il s’agit d’aider une personne à acquérir de nouvelles ressources, à développer de nouvelles compétences ou à dépasser ses limites. La métaphore se basera sur la théorie du cerveau triunique, de MacLean : on représentera le cerveau de la personne en quelques tas de cartes, pour figurer les strates apparues au cours de l’évolution : reptilien, limbique et néocortex. Ensuite, des cartes représentant les choses inutiles ou gênantes pour la personne seront « perdues » au milieu de ces strates.
    Bien sûr, grâce à l’hypnose et à la magie, ses cartes vont se transformer en de nouvelles compétences, talents et apprentissages !
    .
  • « Un gravier dans la chaussure » : cette hypnoroutine permet d’objectiver, de «rendre visible » le travail de Thérapie Symbolique, tel qu’on le fait en Hypnose Humaniste. Un gravier symbolisera le souci de la personne. On l’enferme dans une petite boite d’allumettes, vide. Par ailleurs, le souci de la personne est inscrit sur un morceau de papier. Le tout est tenu par la personne pendant sa séance d’hypnose.
    A l’issue de la Thérapie Symbolique, la personne rouvre la boite : il n’y a plus de gravier à l’intérieur, mais une allumette, qui symbolise sa capacité retrouvée à « rallumer sa flamme intérieure »… Après réflexion, l’hypnomagicien propose de se servir de l’allumette : il l’allume et l’approche du papier, ce qui fait disparaitre d’un coup et « à vue » le souci de la personne !!… Mais ce n’est pas fini : un joli smiley se met à apparaître graduellement et toujours « à vue », au grand plaisir de la personne.
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  • « Respirez ! L’âme agit ! » Alors que l’hypnomagicien résume à la personne les différents soucis qu’elle a vécu dans l’existence, il explique qu’à chaque malheur elle a perdu des petits bouts d’elle… Pour illustrer son propos, pour chaque expérience malheureuse, il déchire un morceau d’une serviette en papier et pose les lambeaux en vue… Au final, l’hypnomagicien froisse tous les morceaux ensemble pour montrer à la personne que, malgré tout cela, elle a quand même réussi à trouver une unité. La boulette de papiers déchirés est aussitôt donnée à la personne, qui la garde contre elle pendant la séance d’hypnose…
    Après le protocole de reconstruction thérapeutique, l’hypnomagicien félicite la personne qui a réussi à retrouver son intégrité émotionnelle. Il conclut en expliquant que la vie consiste peut-être à se découvrir soi-même, à « déplier son âme » comme une carte au trésor, un chemin qui mène à soi-même… La personne déplie alors la boulette de papier : la serviette s’est miraculeusement reconstituée !!!
    .
  • « Inception » : la personne est guidée en hypnose dans une expérience de futurisation. Il s’agit de l’aider à explorer les possibilités qu’envisage son esprit Inconscient pour son avenir (comme une régression, mais vers l’avenir)… Comme on ne sait jamais en psychologie si l’on invente ou si on a affaire à la réalité, l’hypnomagicien propose à la personne de faire comme dans le film « Inception » : modifier quelque chose dans son rêve d’avenir… et si cette modification se retrouve dans la réalité présente, en germe, elle saura qu’elle a bien perçu son futur réel.
    L’hypnomagicien demande à la personne en état d’hypnose de prendre un jeu de cartes (imaginaire, donc) et de choisir une carte dans ce jeu, puis de la retourner. La personne ne fait que penser et ne donne bien sûr jamais le nom de sa carte. L’hypnomagicien donne aussi un jeu de cartes réel à la personne, qu’elle tient contre elle tout au long de l’expérience.
    Lorsque la personne sort de sa transe hypnotique et qu’elle ouvre le jeu de cartes qu’elle tient en main, une carte est réellement inversée dans le jeu : sa carte !!!

Il va sans dire que l’impact émotionnel de telles techniques est énorme.

~oOo~

Votre réputation d’hypnomagicien vous précèdera souvent et il arrivera régulièrement que l’on vous demande une démonstration d’HypnoMagie hors de tout contexte thérapeutique. Pour cela, nous avons inclus dans le livre « HypnoMagie » plusieurs effets simples et rapides, qui n’entrent pas dans la vie intime de la personne et que vous pourrez réaliser en soirée, par exemple. De même, l’annexe symbolique, qui s’appuie sur les bases de la psychologie, vous permettra des effets de mentalisme sympathiques et utiles.
En voici un :

  • « Pur mentalisme » : comme son titre l’indique, vous n’aurez besoin que de votre tête. Il suffit que la personne que vous accompagnez ait son téléphone pour réaliser une opération simple (avec la calculatrice).
    Vous expliquez donc que beaucoup de gens aiment « mieux se connaître » – ce que vous allez aider la personne à faire. Celle-ci va réaliser librement une rapide opération sur sa calculatrice qui va la laisser avec 3 chiffres, déterminés par le hasard (elle a choisi elle-même les chiffres qu’elle a tapés). Elle peut les montrer à ses amis pour qu’ils participent à la suite…
    Vous expliquez ensuite que chaque chiffre parle de la personne et que même la position du chiffre est importante. Au fur et à mesure, vous décrivez son profil psychologique et vous concluez par le chiffre qui, « forcément », la représente !
    Ainsi, sans que vous n’ayez touché ou même approché la calculatrice, non seulement vous parlez avec justesse de la personne, mais vous indiquez à chaque fois le chiffre affiché sur la calculatrice !!… « Bien sûr, expliquez-vous, il y a ici un peu de Magie, mais il faut aussi et surtout bien comprendre la personne… Ce sont des bases psychologiques, que vous pourrez approfondir si le sujet vous intéresse. »

On ne veut pas ici jouer à « madame Irma » mais donner le goût à la personne de mieux se connaître. Les traits psychologiques et les symboles décrits seront réels et, s’ils ne s’adaptent pas forcément parfaitement à la personne, du moins cela lui donnera un aperçu de ce qu’elle pourrait découvrir par elle-même en travaillant sur elle.

magie-3Voilà pour ce rapide aperçu de ce qu’est l’HypnoMagie.
Le livre vous présente plus d’une quinzaine d’hypnoroutines destinées aux personnes qui débutent en Hypnose comme en Magie. Si vous connaissez les protocoles professionnels d’Hypnothérapie, vous pourrez facilement les appliquer en HypnoMagie… Et si vous êtes déjà un peu (ou beaucoup !) magicien, alors vous pourrez enrichir les hypnoroutines avec des manipulations, même simples, que nous n’aborderons qu’en formation et dans le prochain volume du livre « HypnoMagie« .

L’HYPNOMAGIE est une belle manière d’aider en s’amusant, d’apporter du merveilleux à la thérapie ou au coaching.

La Magie est un domaine bien particulier, car il est intimement lié à la créativité – laquelle est probablement infinie ! Il est donc impossible de faire le tour de ce qui existe dans ce domaine : vous n’auriez pas assez de toute votre vie pour découvrir juste les bons tours de magie qui existent déjà… et de nouveaux sont inventés chaque jour !
L’Hypnose, quant à elle, est faite d’un ensemble déterminé de techniques. Mais c’est dans son application qu’elle dévoile sa richesse, car aucune séance thérapeutique ne ressemble à une autre !…

Hypnose et Magie sont des arts éphémères, car elles ne laissent pas de traces matérielles, concrètes : seulement une émotion, un souvenir.
Curieusement, c’est pourtant ce que nous possédons de plus important dans la vie. Nos souvenirs, nos pensées et nos émotions nous font.

Alors, nous ne pouvons que vous encourager à vous lancer : entrez dans la magie ! Laissez-vous porter par votre imagination et votre intuition pour faire naître de merveilleuses expériences de changement et d’évolution personnelle pour les personnes que la vie vous offrira de rencontrer.

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Freud et l’Hypnose

Sigmund_FreudTout comme les hypnothérapeutes actuels en sont venus à oublier leurs origines… et mêmes les racines qui distinguent clairement leurs différentes pratiques… bien des psychanalystes des années 60 et au-delà ont clamé haut et fort que Sigmund Freud avait « abandonné l’Hypnose » – sous-entendant par-là que cette dernière n’aurait pas été « convenable », « correct », « éthique » ou simplement « suffisamment efficace » pour plaire au Maître… C’est mal connaître l’histoire de la Psychanalyse et ses origines.


Et pourtant…
On retrouve des lettres manuscrites de Freud, jusqu’à la fin de sa vie, qui envoyait ses patients à des confrères hypnothérapeutes… Quelle étrangeté pour quelqu’un qui aurait soi-disant accordé si peu de foi à l’Hypnose ! Par ailleurs, Freud, en 1937 (soit deux ans avant sa mort), déclarait publiquement : « il n’y a pas de substitut à l’Hypnose ! »

Il y a donc un fossé entre les ragots colportés et les actes concrets de l’homme le plus célèbre du monde de la psychothérapie…

Sigmund Freud s’est formé à l’Hypnose auprès de Bernheim, qu’il vénérait au point de traduire en allemand l’intégralité de ses livres. En 1895, ses études achevées, Freud écrivit aussi lui-même un livre sur l’Hypnose, avec le Dr Breuer : « Études sur l’hystérie ».
Ayant poursuivit ses études auprès de Charcot, alors super-intendant de l’Hôpital de la Salpêtrière, à Paris, Freud fit la connaissance de son bras droit, directeur du laboratoire de Psychopathologie : Pierre Janet, lui-même ! Le père de la Psychologie clinique et inventeur de la régression hypnotique… C’est avec l’aide de Janet et de Breuer que Sigmund Freud mis au point le principe de l’association libre, sans lequel la Psychanalyse n’aurait jamais existé.

Voilà à quel point Psychanalyse et Hypnose sont liées – et combien les décennies d’idées fausses ont pu distordre et perdre la pensée du Maître…
Mais je ne souhaite pas entrer dans de vieux débats, et seulement vous proposer aujourd’hui un texte de Freud sur l’Hypnose.

Un texte inédit d’une étonnante modernité !
C’est un véritable cours d’Hypnose que nous offre Sigmund Freud. Ce texte, paru en 1891, année de la création du mot « psychothérapie » par son ami Bernheim, est curieusement resté inédit. Il fut découvert en 1963, puis publié en anglais dans le volume 1 de la « Standard Edition of the Complete Psychological Works of Sigmund Freud » (trad. Strachey) par Hogarth Press, London.

Le texte français, ci-dessous, est paru en 1976 dans la revue de Médecine Psychosomatique (trad. Cotet, Bourguignon, Altounian et Rauzy).

Très pratique, on y retrouve des idées et principe que l’on aurait pu attribuer à Milton Erickson ou à d’autres hypnothérapeutes plus modernes. Je vous laisse le découvrir, et réfléchir à certains passages – tout en restant conscient de l’ancienneté du texte et du contexte de son époque – remplacez, si vous le souhaitez, le terme « médecin » par « psychothérapeute » et convertissez en vos mots les termes les plus désuets :

    Ce serait une erreur de croire qu’il est très facile de pratiquer l’hypnose à des fins thérapeutiques. La technique de l’hypnotisme est bien plutôt une opération médicale aussi difficile que n’importe quelle autre. Le médecin qui veut hypnotiser devrait l’avoir appris d’un maître dans cet art et aura, même alors, besoin d’une grande pratique personnelle pour obtenir des succès autrement que dans des cas isolés. Alors, en tant qu’hypnotiseur expérimenté, il se mettra à l’œuvre avec ce sérieux et cette détermination nés de la conscience d’entreprendre quelque chose d’utile, voire, dans certaines circonstances, de nécessaire. Le souvenir de tant de guérisons obtenues par l’hypnose conférera à son comportement face au patient une sûreté qui ne manquera de susciter, chez ce dernier aussi, l’attente d’un nouveau succès thérapeutique.

Celui qui aborde l’hypnotisme à moitié incrédule, qui, ce faisant, se trouve peut-être lui-même tout drôle, qui révèle, par sa mimique, sa voix et ses gestes, qu’il n’attend rien de la tentative, n’aura aucune raison de s’étonner de ses insuccès et devrait plutôt laisser cette méthode de traitement à d’autres médecins qui sont en mesure de la pratiquer sans se sentir atteints dans leur dignité médicale, parce qu’ils se sont, par l’expérience et la lecture, persuadés de la réalité et de l’importance de l’influence hypnotique.

On se fera une règle de ne chercher à imposer à aucun malade le traitement hypnotique. Il existe dans le public un préjugé, appuyé même par des médecins éminents mais ignorants en la matière, selon lequel l’hypnose serait une intervention dangereuse. Chercherait-on à imposer l’hypnose à une personne qui accorderait foi à ces dires, on serait vraisemblablement, après quelques minutes seulement, perturbé par des incidents fâcheux, qui naissent de l’angoisse du malade et de la sensation pénible pour lui d’être violenté, mais qui seraient très certainement tenus pour des suites de l’hypnose [NDLR : auto-suggestion !]. Là où s’élève une forte résistance contre un projet d’hypnose, on renoncera à cette méthode et l’on attendra que le malade se soit, sous l’influence d’autres informations, familiarisé avec l’idée d’être hypnotisé. Par contre, il n’est absolument pas gênant qu’un malade déclare n’éprouver aucune angoisse devant l’hypnose, mais ne pas croire en elle ou ne pas croire qu’elle puisse lui être utile. On lui dit alors : « Je n’exige pas votre foi, mais simplement votre attention et quelque docilité au début », et l’on trouve le plus souvent dans cette disposition indifférente du malade un remarquable soutien.

Par ailleurs, il faut affirmer qu’il existe des personnes qui sont empêchées de tomber dans l’hypnose, précisément par leur disponibilité et leur désir. Cela ne cadre absolument pas avec l’opinion courante selon laquelle il n’y a pas d’hypnose sans « foi », mais il n’en est pourtant pas autrement. On a le droit, en général, de partir de l’hypothèse que tous les hommes sont hypnotisables, à cela près que chaque médecin en particulier aura un certain nombre de personnes qu’il ne pourra pas hypnotiser dans les conditions de ses expériences, sans que souvent il puisse dire à quoi a tenu l’insuccès. Parfois, un procédé obtient aisément ce qui semblait impossible avec un autre, et la même chose vaut pour des médecins différents. De ce fait, on ne sait jamais si un malade pourra être hypnotisé ou non et l’on n’a pas d’autre voie pour l’apprendre que l’expérience elle-même. Jusqu’à présent, on n’est pas parvenu à mettre en rapport l’accessibilité à l’hypnose avec une autre qualité de l’individu. Une seule chose est exacte : les malades mentaux et les dégénérés ne sont, la plupart du temps, pas hypnotisables, les neurasthéniques ne le sont que très difficilement; il est inexact que les hystériques ne soient pas aptes à l’hypnose. C’est bien plutôt chez ces derniers justement que l’hypnose apparaît à la suite d’interventions d’ordre purement physiologique et avec tous les signes d’un état corporel particulier.

Il est important de se faire une opinion provisoire sur l’individualité psychique d’un malade que l’on veut soumettre à l’hypnose, mais, pour cela, on ne peut précisément pas établir de règle générale. Mais il est évident qu’il n’est pas avantageux de commencer un traitement médical par l’hypnose et qu’il vaut mieux, tout d’abord, gagner la confiance du malade et laisser sa méfiance et sa critique s’émousser. Qui dispose en tant que médecin ou hypnotiseur d’une grande réputation peut toutefois se dispenser de ces préliminaires.

Contre quelles maladies doit-on faire usage de l’hypnose ? Des indications sont ici plus difficiles à poser que pour d’autres méthodes thérapeutiques, étant donné que la réaction individuelle joue, lors de la thérapeutique hypnotique, un rôle presqu’aussi grand que la nature de la maladie à combattre. En général, on évitera d’attaquer par l’hypnose les symptômes qui ont un fondement organique et l’on n’utilisera cette méthode que pour lutter contre des troubles nerveux purement fonctionnels, des maux d’origine psychique et des accoutumances toxiques ou autres. Mais l’on se persuadera que bien des symptômes de maladies organiques sont accessibles à l’hypnose et que l’altération organique peut exister sans le trouble fonctionnel qui en découle, Vu l’aversion présente à l’endroit du traitement hypnotique, on est rarement amené à utiliser l’hypnose sans avoir auparavant essayé sans succès toutes les autres thérapeutiques. Cela a du bon, car on apprend de cette manière quel est le véritable champ d’action de l’hypnose. On peut naturellement hypnotiser aussi à des fins de diagnostic différentiel, par exemple quand on est dans le doute sur l’appartenance de certains symptômes à l’hystérie ou à une maladie nerveuse organique. Mais cette épreuve n’a quelque valeur que dans le cas d’un résultat favorable.

Quand on connaît bien son malade et qu’on a établi le diagnostic, se pose la question de savoir si on va entreprendre l’hypnose en tête-à-tête ou si on fait appel à une personne de confiance. Cette mesure serait souhaitable autant pour protéger les malades de l’abus de l’hypnose que pour protéger le médecin contre l’accusation d’un tel abus. Et l’un et l’autre se sont produits ! Mais une telle mesure ne peut être généralisée. La présence d’une amie, du mari ou d’une autre personne perturbe souvent la malade très gravement et réduit incontestablement l’influence du médecin, par ailleurs le contenu de la suggestion, devant être donné dans l’hypnose, n’est pas toujours propre à être communiqué à d’autres personnes proches de la malade. L’appel à un second médecin n’aurait pas cet inconvénient, mais il complique la conduite du traitement au point de la rendre impossible dans la majorité des cas. Comme ce qui importe avant tout au médecin, c’est de faire, par l’hypnose, œuvre utile, il renoncera, dans la plupart des cas, à faire appel à une tierce personne et il ajoutera le danger évoqué plus haut à tous ceux qui sont inhérents à l’exercice de la profession médicale. Mais la malade se protégera elle-même, en ne se laissant pas hypnotiser par un médecin qui ne lui paraît pas digne de sa plus totale confiance [NDLR : tout cela vaut encore de nos jours…].

Par contre, il est d’une grande importance que la malade à hypnotiser voie d’autres personnes sous hypnose, qu’elle sache par la voie de l’imitation, comment elle a à se comporter et qu’elle apprenne par d’autres en quoi consistent les sensations de l’état hypnotique. A la clinique de Bernheim et à la consultation de Liébeault à Nancy, où chaque médecin peut recueillir des éclaircissements sur les effets dont l’influence hypnotique est capable, l’hypnose n’est jamais conduite en tête-à-tête. Chaque malade, qui arrive pour sa première séance d’hypnose, regarde un temps le spectacle des malades plus anciens qui s’endorment, qui pendant l’hypnose obéissent et qui, après le réveil, reconnaissent que leurs symptômes morbides ont disparu. Il entre par là dans un état de disponibilité psychique qui le fait sombrer, lui aussi, dans une hypnose profonde dès que vient son tour. L’inconvénient de ce procédé, c’est que les maux de chaque sujet sont commentés devant une grande assemblée, ce qui ne conviendrait pas à des malades de meilleure condition. Un médecin, qui souhaite guérir par l’hypnose, devrait toutefois ne pas renoncer à cette puissante influence auxiliaire et, aussi souvent que possible, laisser la personne à hypnotiser assister d’abord à un ou plusieurs essais hypnotiques réussis.

Si l’on ne peut pas s’attendre à ce que le malade s’hypnotise lui-même par imitation dès qu’on lui en donnera le signal, on a alors le choix pour amener le malade en état d’hypnose entre différents procédés, qui tous ont en commun de rappeler l’endormissement par certaines sensations corporelles. La meilleure manière de procéder est la suivante : on installe le malade sur un siège confortable, on le prie d’être tout à fait attentif et, désormais, de ne plus parler, étant donné qu’en parlant il mettrait obstacle à l’endormissement. Quelques pièces du vêtement éventuellement gênantes sont enlevées et les autres personnes sont reléguées dans une partie de la pièce où elles ne peuvent être vues du malade. On fait l’obscurité dans la pièce, on veille au calme. Après ces préliminaires, on s’assied en face du patient et on l’invite à fixer deux doigts de la main droite du médecin, tout en faisant très attention aux sensations qui vont se développer.

Après très peu de temps, une minute environ, on commence, on persuade le malade qu’il éprouve les sensations de l’endormissement, par exemple : « Je vois bien que cela va vite avec vous, votre visage a déjà pris une expression figée, votre respiration est devenue plus profonde, vous voilà tout à fait calme, vos paupières sont lourdes, vos yeux papillotent, vous ne voyez plus distinctement, à l’instant vous allez être forcé de déglutir, puis vos yeux se fermeront et vous dormirez. »

Avec de tels propos et d’autres, similaires, on se trouve déjà en plein « processus de suggestion », selon le nom qu’on donne aux paroles de persuasion pendant l’hypnose. Mais l’on ne suggère que des sensations et des processus moteurs, tels qu’ils apparaissent spontanément au cours de l’endormissement hypnotique. On peut s’en convaincre si l’on a devant soi une personne que l’on peut faire entrer en hypnose rien qu’en la fixant (méthode de Braid), chez laquelle par conséquent la fatigue des yeux, lors d’une attention très soutenue et soustraite à toutes les autres impressions, entraine cet état ressemblant au sommeil. Son visage prend tout d’abord une expression figée, sa respiration devient plus profonde, ses yeux s’humectent, papillotent à maintes reprises, un ou plusieurs mouvements de déglutition interviennent, finalement les pupilles se placent en haut et en dedans, les paupières s’abaissent et l’hypnose est là. Le nombre de semblables personnes est très important ; remarque-t-on que l’on a devant soi l’une d’entre elles, on fera bien de se taire ou de ne recourir qu’occasionnellement à la suggestion. Sinon l’on ne ferait que perturber la personne qui s’hypnotise elle-même et, au cas où la succession des suggestions ne correspondrait pas au déroulement effectif de ses sensations, mobiliser son opposition. Pourtant, en général, on a intérêt à ne pas attendre le développement spontané de l’hypnose, mais bien le favoriser par les suggestions. A condition, alors, qu’elles soient dispensées avec énergie et suivant une succession rapide. Il ne faut pas, en quelque sorte, que le patient puisse reprendre ses esprits, qu’il ait le temps d’examiner si ce qu’on vient de lui dire est également exact. On n’a pas besoin de plus de deux à quatre minutes pour que les yeux se ferment ; s’ils ne sont pas fermés spontanément, on les lui ferme, sans se montrer étonné ou dépité, du manque de fermeture spontanée des yeux. Si, maintenant, les yeux sont fermés, on aura atteint un certain degré d’influence hypnotique. C’est cela qui est le facteur déterminant pour toute la suite.

Une des deux possibilités vient en effet de se produire. La première : le patient a vraiment été mis en état d’hypnose en fixant et en entendant les suggestions, et alors il se comporte calmement après la fermeture des yeux ; on éprouve encore son degré de catalepsie, on lui dispense la suggestion qu’exige son mal et on le réveille à temps. Après le réveil, ou bien il est amnésique, c’est-à-dire qu’il a été durant l’hypnose « somnambule », ou bien il conserve tous ses souvenirs et renseigne sur ses sensations au cours de l’hypnose. Il n’est pas rare qu’apparaisse sur ses traits un sourire, après qu’on lui ait fermé les yeux. Le médecin ne devrait pas -s’en fâcher ; cela signifie simplement, en règle générale, que l’hypnotisé est encore en mesure de porter lui-même un jugement sur son état et le trouve étrange, bizarre. Ou encore deuxième possibilité : il n’y a eu aucune influence ou seulement une influence minime, tandis que le médecin se comportait comme s’il était en présence d’une hypnose réussie. Que l’on se représente alors l’état psychique du patient. Au début des préparatifs, il a promis de rester calme, de ne plus parler, de ne manifester aucun signe d’approbation ou d’opposition ; il remarque maintenant que sur la base de ses assentiments il s’est laissé persuader qu’il était hypnotisé, il s’en irrite, se sent mai à l’aise de ne pouvoir extérioriser cela, redoute bien aussi que le médecin lui applique trop rapidement la suggestion parce qu’il le tient pour hypnotisé tandis qu’il ne l’est pas. Et l’expérience montre alors qu’il ne tient pas le pacte qu’on a conclu avec lui parce qu’il n’est pas vraiment hypnotisé. Il ouvre les yeux et la plupart du temps dit avec agacement : « Mais je ne dors pas du tout. » Le débutant donnerait maintenant l’hypnose pour perdue, mais celui qui a de la pratique ne perd pas contenance. Il réplique, sans être fâché le moins du monde, en lui fermant encore une fois les yeux : « Restez calme, vous avez promis de ne rien dire. Je sais bien que vous ne « dormez » pas. D’ailleurs ce n’est pas du tout ce qu’on vous demande. A quoi cela rimerait-il que je me contente de vous endormir ; mais vous ne me comprendriez pas quand je parle avec vous. Vous ne dormez pas, mais vous êtes hypnotisé, vous êtes sous mon influence ; ce que je vous dis, maintenant fera sur vous une impression particulière et vous sera utile. » Après ces éclaircissements, le malade habituellement se calme, on lui applique la suggestion, on se dispense provisoirement de rechercher les signes corporels de l’hypnose, et la plupart du temps on verra, après la répétition réitérée de cette soi-disant hypnose, surgir également quelques-uns des phénomènes somatiques qui caractérisent l’hypnose.

Dans de nombreux cas de cette espèce, on ne saura jamais si l’état qu’on a provoqué mérite le nom d’hypnose. Mais on aurait tort de vouloir limiter l’application de la suggestion à ces autres cas dans lesquels le patient devient somnambule ou sombre dans un profond degré d’hypnose. On peut dans de tels cas, qui, à vrai dire, n’ont de l’hypnose que l’apparence, obtenir les succès thérapeutiques les plus étonnants, auxquels par ailleurs on ne peut parvenir par la « suggestion à l’état de veille » Il faut donc bien, ici -encore, qu’il s’agisse d’une hypnose qui, à dire vrai, ne se voit assigner d’autre but que les effets obtenus en elle par la suggestion.

Mais si, après des essais répétés (trois à six), on n’obtient ni un présage de succès ni l’un des signes somatiques de l’hypnose, on ne poussera pas plus loin la tentative. Bernheim et d’autres ont distingué plusieurs degrés d’hypnose, dont la nomenclature est pour le praticien de peu de valeur.

Une seule chose est d’une importance déterminante, c’est que le malade soit devenu ou non somnambule, c’est-à-dire que l’état de conscience créé dans l’hypnose tranche si nettement avec l’état habituel qu’au réveil le souvenir de ce qui s’est produit pendant l’hypnose fait défaut. Dans ces cas, le médecin peut démentir, avec une grande fermeté, les douleurs ou autres symptômes existant dans la réalité, fermeté à laquelle il ne parvient habituellement pas s’il sait que le malade lui dira après quelques minutes : « Quand vous avez dit que je n’avais plus de douleurs, je les avais quand même et je les ai toujours. » L’effort de l’hypnotiseur tend à s’éviter de telles contradictions qui ne peuvent manquer d’ébranler son autorité. Il serait donc de la plus grande importance pour la thérapeutique d’être en possession d’un procédé qui permettrait de mettre quiconque en état de somnambulisme. Ce procédé n’existe malheureusement pas. Le défaut essentiel de la thérapeutique hypnotique c’est de n’être pas dosable. Le degré d’hypnose accessible ne dépend pas du procédé du médecin, mais de la réaction fortuite du patient. Il est également très difficile d’approfondir l’hypnose dans laquelle sombre un malade; mais cela se produit en général grâce à une fréquente répétition des séances.

Si l’on n’est pas satisfait de l’hypnose obtenue, on recherchera, lors des répétitions, d’autres méthodes qui, souvent, ont un effet plus fort ou dont l’effet se prolonge, alors que l’influence du procédé utilisé précédemment s’est affaiblie. Ces procédés sont les suivants : passer pendant cinq à dix minutes sans s’arrêter les deux mains sur le visage et le corps du patient, ce qui a un effet étonnamment apaisant et assoupissant, suggestionner pendant le passage d’un courant galvanique faible, qui fait naître une sensation gustative précise (l’anode en large bandeau sur le front, la cathode en bracelet au poignet), à l’occasion de quoi l’impression d’être enchaîné et la sensation galvanique concourent à l’hypnose de façon essentielle. On peut s’inventer à son gré des procédés analogues pour peu qu’on ne perde pas des yeux ce but : faire naître par association de pensées l’image de l’endormissement et fixer l’attention par une sensation invariable. La valeur curative propre à l’hypnose réside dans la suggestion que l’on applique au cours de celle-là. Cette suggestion consiste à dénier énergiquement les souffrances dont le malade s’est plaint ou à assurer qu’il pourrait faire quelque chose ou à lui ordonner de l’exécuter. On obtient un effet beaucoup plus puissant que la simple assurance ou la simple dénégation en reliant la guérison attendue à une action ou une intervention au cours de l’hypnose, par exemple : « Vous n’avez plus de douleurs à cet endroit, j’appuie dessus et la douleur est partie. » Passer les mains et appuyer sur la partie malade du corps au cours de l’hypnose est de toute façon un soutien remarquable de la suggestion verbale. On ne se dispensera pas non plus d’éclairer l’hypnotisé sur la nature de ses souffrances, de justifier à ses yeux l’arrêt de ses souffrances, etc. [NDLR : comme en Hypnose Humaniste !] car la plupart du temps on n’a pas devant soi un automate psychique, mais un être doué de critique et de jugement, sur lequel la situation présente nous permet seulement d’exercer plus d’influence que dans son état de veille. Lors d’une hypnose imparfaite, on évitera de laisser parler le patient; cette extériorisation motrice disperse le sentiment d’engourdissement que l’hypnose lui garantit et le réveille. Les personnes somnambules, on les laisse, sans s’inquiéter, parler, marcher, travailler, et l’on obtient l’influence psychique la plus étendue en -les interrogeant en cours d’hypnose sur leurs symptômes et l’origine de ceux-ci.

Par la suggestion, on requiert soit un effet immédiat, et ceci en particulier lors du traitement de paralysies, contractures et autres, soit un effet post-hypnotique, c’est-à-dire une action que l’on fixe à une heure déterminée après le réveil. Pour toutes les souffrances opiniâtres, on a grand avantage à intercaler une telle période d’attente (toute une nuit même) entre la suggestion et son accomplissement. L’observation des malades montre que les impressions psychiques ont, en règle générale, besoin d’un certain temps, temps d’incubation, pour provoquer une modification physique (cf. Névrose traumatique). On dispensera chaque suggestion isolée avec la plus grande fermeté, car chaque indice de doute sera remarqué par l’hypnotisé et exploité défavorablement; avant tout, on ne laissera aucune contestation se faire jour et l’on se référera, si l’on s’y croit autorisé, au pouvoir que l’on détient de faire naître catalepsie, contractures, anesthésie et autres.

On règlera la durée d’une hypnose en fonction des nécessités pratiques; une hypnose d’un temps assez long, allant jusqu’à plusieurs heures, n’est absolument pas défavorable au succès. Le réveil est déclenché par cet appel : « Ça va pour aujourd’hui » et autres formules. On ne négligera pas, lors des premières hypnoses, d’assurer qu’on se réveillera sans maux de tête, frais et dispos. Toutefois’, on peut observer que de nombreuses personnes se réveillent, même après des hypnoses légères, la tête lourde, et fatiguées, quand la durée de l’hypnose a été trop brève. Elles ont, pour ainsi dire, encore sommeil.

La profondeur de l’hypnose n’est pas dans chaque cas en rapport direct avec son succès. On peut, dans les hypnoses les plus légères, provoquer de grandes modifications et, par contre, éprouver un échec dans le somnambulisme. Si le succès souhaité n’intervient pas après un petit nombre d’hypnoses, un autre aspect fâcheux inhérent à cette méthode se manifeste. Tandis qu’aucun malade n’a le droit de s’impatienter lorsque la vingtième séance électrique ou la vingtième bouteille d’eau minérale n’a pas encore apporté de guérison, il est de fait que, lors d’un traitement hypnotique, médecin et patient se fatiguent beaucoup plus tôt, par suite du contraste entre les suggestions intentionnellement maintenues en rose et la grise réalité. Des malades intelligents peuvent, ici encore, rendre au médecin la tâche plus facile, dès qu’ils ont compris qu’au cours de l’application de la suggestion le médecin joue en quelque sorte un rôle, et qu’ils ont d’autant plus avantage à attendre que le médecin nie plus énergiquement la souffrance. Dans chaque traitement hypnotique poursuivi, il faut éviter soigneusement de se montrer monotone. Il faut que le médecin invente constamment une nouvelle amorce pour sa suggestion, une nouvelle preuve de sa puissance, une nouvelle variante de la procédure hypnotique. Cela représente pour lui, qui peut-être doute intérieurement du succès, une fatigue considérable et finalement épuisante.

Il ne fait aucun doute que le domaine de la thérapeutique par l’hypnose dépasse très largement celui des autres méthodes curatives des maladies nerveuses. Le reproche selon lequel l’hypnose n’est capable d’influencer que les symptômes et ceci seulement pour peu de temps, est également injustifié. Si la thérapeutique par l’hypnose s’attaque seulement aux symptômes et non aux processus morbides, elle suit justement la même voie que celle que sont forcées d’emprunter les autres thérapeutiques.

Si l’hypnose a eu du succès, le maintien de la guérison dépend des mêmes facteurs que ceux de toute guérison obtenue d’autre manière. S’il s’est agi des séquelles d’un processus éteint, la guérison sera durable; si les causes qui ont engendré les symptômes de la maladie continuent à agir avec une vigueur intacte, la récidive est vraisemblable. En aucun cas, l’utilisation de l’hypnose n’exclut celle d’une autre thérapeutique éventuelle, diététique, mécanique etc. Dans une série de cas où les manifestations de la maladie sont d’origine purement psychique, l’hypnose satisfait à toutes les exigences que l’on peut avoir à l’égard d’une thérapeutique causale, et en interrogeant et calmant le malade sous hypnose profonde on obtient la plupart du temps le plus brillant des succès.

Tout ce qui a été dit et écrit sur les grands dangers de l’hypnose est du domaine de la fable. Si l’on excepte l’emploi abusif de l’hypnose à des fins illicites, possibilité existant pour tout autre moyen thérapeutique efficace, il reste encore tout au plus à tenir compte de la tendance qu’ont des personnes gravement malades des nerfs, hypnotisées à plusieurs reprises, à tomber en hypnose également de façon spontanée. Le médecin est en mesure d’interdire aux malades ces hypnoses spontanées qui, cependant, ne devraient apparaître que chez des individus très réceptifs. Les personnes dont la réceptivité va si loin qu’elles peuvent être hypnotisées malgré elles, on les protège également d’une manière à peu près satisfaisante en leur suggérant que seul leur médecin est en état de les hypnotiser.

Sigmund Freud
1891

La voix, instrument de guérison

Petite émission sur l’Hypnose, sur Aligre FM, une radio parisienne populaire. Quelques explications basiques, en langage simple (autant que possible !) et extraits d’une séance réelle d’hypnose, avec une vraie patiente…

C’est par ici pour la première partie

Et la suite et fin…

Bien sûr, chaque séance est différente. On ne peut pas vraiment se faire une idée sur la base de quelque chose qui a été dit pour quelqu’un d’autre, suite à une discussion qui n’est pas présente dans l’émission. Mais bon… La patiente, vue une fois, va mieux :)

Autre émission, mais dans un tout autre genre – car c’est sur Fun Radio cette fois !
Extrait du moment de l’induction en direct…

Cliquez ici pour lancer l’enregistrement
(nota : l’écho n’était pas audible au moment de l’émission, cela vient de l’enregistrement)

Deux heures d’émission et une expérience d’hypnose (lévitation du bras).
Malgré la brièveté de l’expérience (moins de 10mn) imposée par l’émission, en plus de nos « témoins » en ligne, des centaines de témoignagnes (sms, email, etc.) inondent le standard de la radio : ça marche !

Plus tard dans la soirée, une autre expérience d’anesthésie (avec Marion, la standardiste !) également diffusée en vidéo sur le site de la radio conclura avec succès l’émission.

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Si vous voulez écouter d’autres séances d’hypnose, plus complètes, en musique et sur des thèmes spécialisés, foncez sur le site www.mp3-hypnose-gratuit.comPatricia et moi déposons régulièrement des MP3 à télécharger gratuitement.

Un monde quantique

Certains physiciens à la petite semaine – et autres matérialistes de petit niveau (qui feraient mieux de lire ce qui se fait de nouveau en sciences !) – critiquent parfois les gens qui utilisent la physique quantique pour illustrer des phénomènes psychologiques (lire aussi).

Certainement, il doit exister des abus et exagérations. Ce n’est toutefois pas une raison pour tout rejeter en bloc. Après tout, le prix Nobel de Physique quantique Wolfgang Pauli travailla pendant plus de 20 ans avec Carl G. Jung, sur les synchronicités, la symbologie, etc. Nombre de physiciens (et autres scientifiques) sont ainsi également philosophes, depuis des siècles… Il n’y a donc aucune raison de séparer les deux domaines.

Réenchanter la science (Rupert Sheldrake)

Réenchanter la science (Sheldrake)

Les croyants en la doctrine du matérialisme n’ont jamais pu prouver leur croyance en un monde purement matériel, chimique, et sans vie (à l’opposé, ceux qui pensent que quelque chose donne vie à tout, que « la vie » existe, s’appellent des « vitalistes« ).
L’argument que les matérialistes avancent le plus souvent pour essayer de nous faire croire que le monde quantique n’interagit pas avec le monde macroscopique (à notre échelle humaine) est que… « c’est pas possible »… 😀 (argument scientifique, remarquez-le !)… En oubliant un peu vite que la physique quantique est déjà dans notre quotidien, par exemple dans votre ordinateur, votre téléphone cellulaire, votre lecteur CD, le « bipper » qui compte vos articles à la caisse du supermarché, etc.

Voici donc un exemple visible de ce champ quantique, à notre niveau de réalité.
La supraconductivité permet (entre autres) ce que l’on appelle la « lévitation quantique » : un disque supraconducteur se fait « coincer » dans le flux quantique, en plein air… et il flotte, littéralement bloqué dans ce champ invisible : on peut le déplacer et le « recoincer » à un autre endroit, ou en biais, et il continuera à flotter, coincé dans un flux intangible et dans lequel, pourtant, nous vivons tous…

Ici, l’équipe du labo MPQ (« Matériaux et Phénomènes Quantiques ») de l’Université Paris Diderot construit le skateboard de « Retour vers le Futur » ! Et ça marche ! :-)

Plus d’infos pour les curieux : « la supraconductivité, découverte il y a cent ans, est une manifestation particulièrement marquante de la physique quantique à l’échelle humaine : les nombreux électrons du matériau se regroupent dans une même onde quantique qui s’étend sur de très grandes distances. » Etc. (cliquez ici)

Nous baignons bien dans un océan quantique. Notre cerveau fonctionne grâce à des mécanismes quantiques… Et la première loi de la physique quantique, c’est que « l’observateur a un impact sur l’expérience mesurée ». Autrement dit : votre conscience, vos émotions modèlent votre vie en temps réel…

Il faudrait déjà admettre cela. Ensuite, apprendre à se servir de ce fait.
C’est le but de l’Hypnose : apprendre à connaître et à utiliser notre esprit.

A lire : « Réenchanter la science« , du biologiste Rupert Sheldrake, un excellent livre qui explique sur quels dogmes repose la science matérialiste, aujourd’hui dépassée et limitante pour les découvertes scientifiques à venir… et notre psychologie !

Machine à phrases !

Les lecteurs du livre « Hypnose » (et mes élèves de formation) connaissent la fameuse « Machine à phrases hypnotiques ». En voici une version interactive :

– L’Hypnotron, de Stéphane Barbery

En moins constructif, mais amusant, vous avez ce site : Charabia.net, qui vous permet de fabriquer du « discours creux » au kilomètre. Essayez, c’est étonnant :)

Vous aurez peut-être besoin de ce site également, pour entraîner votre diction : Articuler.com ! Avec des phrases à prononcer à haute et intelligible voix, comme :

Un généreux déjeuner régénérerait des généraux dégénérés
Un dragon gradé dégrade un gradé dragon
Suis-je bien chez ce cher Serge ?

😉 Amusez-vous bien !