Hypnose & Dissociation

janetPierre Janet, philosophe et médecin, père de la Psychologie clinique française, célèbre collaborateur de Charcot à la Salpêtrière, professeur du jeune Sigmund Freud à qui il a offert le principe d’association d’idée (qui fut la base de la Psychanalyse), découvreur – entre autres choses – des techniques de Régressions hypnotiques et aussi du phénomène qui devint plus tard la Thérapie Symbolique, en Hypnose Humaniste… Pierre Janet fut le premier, en 1889, à mettre le doigt sur le mécanisme caché de l’Hypnose : pourquoi les techniques hypnotiques mettent-elles la personne en état modifié de conscience ?

LA DISSOCIATION
Pierre Janet comprit donc que la libération des forces inconscientes provenait de la mise à l’écart du mental, donc des capacités conscientes de la personne. Cela n’était pas une déduction si évidente que ça à l’époque, où même la notion d’Inconscient en était à ses début… Et ce n’est pas forcément plus évident aujourd’hui, où les praticiens de l’Hypnose sont souvent davantage portés sur les techniques pratiques, sans chercher à savoir comment elles fonctionnent, que sur la théorie ou l’Histoire de leur approche.

Petit rappel historique
dissociation-2Les « pré-hypnothérapeutes » (Deleuze, 1813, Faria, 1819) avaient déjà noté qu’une personne pouvait répondre aux suggestions sans en avoir conscience, donc comme si les suggestions avaient activé « une partie » de la psyché de la personne, séparée de son entendement conscient. Ils avaient même déjà remarqué que cette dissociation pouvait être complète ou partielle (James, 1890).
C’est la base de la notion d’Inconscient, par définition séparé de notre fonctionnement conscient.
Plus tard, donc, la notion première de « désagrégation », de Janet, issue de la psychopathologie (1901) évolua en « dissociation » (1907 puis 1919 et 1925). A l’instar de son ancien maître à penser, Charcot, Pierre Janet voyait la transe hypnotique comme un dérivé de l’hystérie et il croyait que les deux phénomènes, hystérie et hypnose, provenaient d’une même cause : la suggestion.

L’hystérie étant une conversion pathologique, tandis que l’hypnose est une expression contextualisée et sociale de la capacité à se dissocier.

Weitzenhoffer expliquait que le dénominateur commun à toute séance d’hypnose était le fait que les différents comportements  hypnotiques n’étaient pas vécus par le sujet comme étant provoqué par sa volonté (« the self ») et que ces actes involontaires, incontrôlés, étaient le propre de l’Hypnose (1980).

De fait, soixante-dix ans après Janet, des études arrivèrent à cette conclusion : « Le comportement des personnes les plus hypnotisables (les « virtuoses » de l’hypnose), qui font des scores extrêmes aux échelles d’hypnotisabilité, ne peut être analysé qu’en termes de changements dissociatifs sous-jacent de leur système cognitif » (Kilhstrom, 1985). Ou encore : « On peut raisonnablement penser que les mesures des tendances individuelles à la dissociation sont en forte corrélation avec la réponse individuelle à l’hypnose » (Spiegel, 1990).

Avant ça, Hull (1933), White & Shevach (1942) et Rosenberg (1959) avaient montré qu’en état d’hypnose, une part de la psyché de la personne pouvait fonctionner comme séparément du reste, au point que le sujet en hypnose pouvait entretenir deux activités mentales simultanées, dont une inconsciente, bien sûr.
Mais n’est-ce pas le propre de notre Inconscient, justement, de ne pas être conscient et de fonctionner automatiquement ?

dissociation-1C’est Hilgard qui travailla le plus sur la structure de la dissociation de l’Hypnose (1973, 1977), notamment avec sa théorie de la néodissociation (appelée ainsi pour la distinguer des théories de Janet). Lui aussi montra que « la séparation de certains processus mentaux du corps principal de la conscience survenait avec différents degrés d’autonomie (1992). C’est d’ailleurs Hilgard qui remis au goût du jour la notion d’Observateur Caché (Hidden Observer, 1977) – qui trouve son explication avec la Conscience telle que décrite en Hypnose Humaniste (2001).

A la suite d’Hilgard, on ne compte plus les théoriciens de l’hypnose qui écrivirent pour expliciter en long et en large cette fameuse dissociation de l’Hypnose, l’expérimenter, la mesurer, etc. (Orne & Orne, 1986, Norman & Sallice, 1986, Goldberg, 1987, Bowers, 1991, 1992, 1994, Kilhstrom, 1992, Woody & Sadler, 1998 et des dizaines d’autres).

Bien sûr, les praticiens de l’Hypnose, les gens de terrain avaient aussi leur mot à dire sur la dissociation en tant qu’essence de l’Hypnose : les allusions à « la séparation entre le corps et l’esprit » sont abondantes chez Erickson & Rossi (1976, 1979) et ses élèves (O’Hanlon, Calof), mais aussi de ce côté-ci de l’Atlantique : « Ce qui différencie l’hypnose de toutes les autres techniques (…) est l’état de dissociation du sujet » (Malarewicz, 1990) ou bien : « Le phénomène de dissociation, tel que décrit par Bowers, est pour nous typique de l’hypnose » (Godin, 1992) ou encore : « La caractéristique la plus significative de l’état hypnotique ou état modifié de conscience est probablement la dissociation, c’est-à-dire la simultanéité d’une activité mentale consciente et d’un activité mentale inconsciente, séparées l’une de l’autre » (Salem, 1999).

EN PRATIQUE
Le fait qu’une personne en état d’hypnose soit dissociée psychologiquement fait partie de la structure même des processus hypnotiques, et cela dès l’induction de la transe.
On sait qu’il faut amener la personne « en hypnose », donc « dissociée », que ce soit par des suggestions très directes, type Hypnose Classique, ou des interruptions de pattern (choc amenant à la perte de conscience) comme dans ses vidéos d’hypnose instantanée que vous trouvez à foison sur internet, ou bien encore par les méthodes indirectes d’Erickson (ennui, saturation, double-liens, etc.) ou les techniques de langage de la Nouvelle Hypnose (on arrête de dire « votre main » pour parler de « la main », comme si elle était autonome)…

obeCertaines expériences montrent mieux que d’autres l’état de dissociation psychologique de la personne. Par exemple, je pratique l’écriture automatique avec une personne, de sa main droite (celle qui écrit), tandis qu’on met sa main gauche à tremper dans de l’eau glacée. La personne en état d’hypnose ne ressent pas sa main gauche… mais, sans qu’elle le sache, sa main droite écrit de manière compulsive, sur le papier : « sortez-moi de là, sortez-moi de là, c’est froid !!! » Étonnant, n’est-ce pas ?
Hilgard et Barber ont montré plusieurs fois ce type de phénomène douloureux (d’un côté) ignoré par l’autre partie de la personne. C’est la base de l’utilisation hypnotique de la dissociation en anesthésie. J’entends par « utilisation hypnotique » le fait que l’on provoque ou accentue sciemment la dissociation naturelle.

« Quelque chose » semble exister dans la personne, sans qu’elle en soit consciente – et cela n’a rien de pathologique ou même d’anormal : c’est l’Inconscient qui se manifeste, l’immense part de vous-même dont vous n’êtes pas conscient, mais qui détermine la quasi-totalité de vos actes, émotions et pensées…

Petit rappel technique
Les apprentis hypnothérapeutes apprennent dès leur première semaine de formation à distinguer deux choses différentes, malheureusement décrites en français avec le même mot : « dissociation » ! Ce qui prête bien évidemment à confusion…

  • La dissociation hypnotique : c’est l’état psychologique normal d’une personne en hypnose. Comme le dit bien l’expression populaire : elle est dans un « état second », en transe. L’Inconscient a pris le pas sur le Conscient et, comme le rappelle Wikipedia de manière quelque peu pittoresque, la personne expérimente alors « un dédoublement, le vécu d’une division ou multiplication de personnalité (corps/âme, esprit propre/esprit étranger), ensuite un automatisme psychologique, l’impression de subir certains phénomènes psychiques. » (Riffard, 2008)
  • La dissociation PNL : qui existait bien sûr largement avant la-dite PNL, mais cela permet de la nommer. C’est simplement le fait d’être soit acteur, soit spectateur de l’expérience. Ainsi, il vaut mieux être « associé » aux bonnes choses (je vois le monde par mes yeux, je vis les choses de l’intérieur) et « dissocié » des mauvaises (je me vois, je suis spectateur, je me détache des choses pour ne plus, ou moins, les ressentir).
    De fait, les enfants victimes de maltraitance (battus et/ou violés) racontent vivre la scène « depuis le ciel », avec détachement : en fait, leur esprit se protège de l’horreur de la situation en fuyant… La dissociation provoquée est ainsi utile en Hypnose pour créer de l’anesthésie ou amoindrir le vécu d’un traumatisme, le temps qu’on le traite.

On peut donc vivre 4 types d’expérience :

Hors hypnose

  1. Associé/Associé : Je peux être tout à fait conscient et vivre pleinement une expérience.
  2. Associé/Dissocié : Je peux être tout à fait conscient et vivre une situation avec détachement, avec du recul, en l’analysant mentalement, etc.

En hypnose

  1. Dissocié/Associé : Je peux être en transe hypnotique (conscient et inconscient séparés) et vivre pleinement une expérience, un souvenir, etc.
  2. Dissocié/Dissocié : Je peux être en transe hypnotique et vivre une situation avec détachement, avec du recul, en l’analysant mentalement, etc.

La personne en état d’Hypnose expérimente un plus grand écart entre son esprit Conscient et son Inconscient, ce qui permet à ce dernier d’être plus prégnant et qui ouvre la possibilité de créer des « phénomènes hypnotiques », impossibles à provoquer volontairement par la personne.

Par ailleurs, dans cet état d’hypnose, la personne (« en esprit ») peut très bien vivre de manière « physique » un souvenir (y être associée), comme en être l’observatrice détachée (dissociée). Cela n’a rien à voir avec le fait d’être ou non en état d’hypnose (le fait d’avoir son esprit conscient séparé de son esprit inconscient).

L’EXCEPTION QUI CONFIRME LA RÈGLE
connexionAprès tout cela, plus d’un siècle de recherches, de théories et de congrès, des milliers d’articles publiés, des dizaines et dizaines de livres spécialisés… vous comprendrez peut-être mieux le trouble occasionné par l’arrivée de l’Hypnose Humaniste, une nouvelle technique capable d’amener la personne à générer tous les phénomènes connus de l’Hypnose, anesthésies y compris… mais sans dissociation hypnotique ! Pas de séparation entre le Conscient et l’Inconscient – et même, une plus grande Conscience, à laquelle, pour l’occasion, on ajoute une majuscule, pour la distinguer du Conscient…

Donc, pas de perte de conscience ni de perte de contrôle, mais au contraire une augmentation des capacités cognitivo-sensorielles – et ce ne serait d’ailleurs pas possible autrement, car c’est précisément cette augmentation de conscience qui engendre l’état modifié de conscience en Hypnose Humaniste.

L’Hypnose Humaniste offre ainsi à la personne d’être en hypnose :

  1. Associé/AssociéJe peux être en transe hypnotique en restant connecté Conscient-Inconscient (associé) et vivre pleinement une expérience.
  2. Associé/Dissocié : Je peux être en transe hypnotique associé et prendre du recul, observer un phénomène de loin ou l’analysant mentalement, etc.
    Cela n’a rien à voir avec le fait d’être « coupé en deux à l’intérieur » (Conscient/Inconscient). Je garde mon unité psychique, mais simplement je prends du recul sur une chose ou je la vois devant moi.

Comme aiment à le dire les journalistes qui découvrent l’Hypnose Humaniste, toujours à la recherche du bon mot, de la phrase que l’on mémorisera : c’est un peu « avoir le beurre et l’argent du beurre », les avantages de l’Hypnose sans les inconvénients et les éventuels risques psychologiques de la dissociation (chez les personnes fragiles).

La place n’est pas ici de présenter cette pratique. Vous pourrez vous reporter, si vous le souhaitez, au site internet de l’Hypnose Humaniste (articles, questions-réponses, etc.).

En attendant, j’espère avoir éclairci pour vous ce qu’est la dissociation en Hypnose, et l’imbroglio compréhensible chez les débutants entre les homonymes : dissociation hypnotique (l’état d’être) et dissociation PNL (la position de perception).

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A lire en complément :
Trois points pour reconnaitre une séance d’Hypnose Humaniste

3 points pour reconnaître une séance d’Hypnose Humaniste

Que l’on soit « utilisateur » ou « praticien » de l’Hypnose, il n’est pas toujours évident de comprendre les mécanismes en jeu dans le phénomène hypnotique. Heureusement, vous n’avez pas besoin de savoir précisément comment fonctionne votre voiture pour en profiter et rouler avec… C’est la même chose en Hypnose.

Tout comme un médecin n’a pas besoin de savoir ce qui a conduit les chercheurs a concevoir les médicaments qu’il prescrit, l’hypnothérapeute et son patient ne sont pas forcément intéressés par la « mécanique » à l’origine de leur pratique.

D’ailleurs, un des soucis qu’expérimentent les débutants en Hypnose, durant les formations, est de chercher à comprendre la technique avant de l’utiliser – un peu comme si on avait voulu bien connaître l’anatomie de la marche, tout bébé, avant de se mettre debout et de faire nos premiers pas :)

Il est évident que la compréhension mécanique est inutile pour se servir d’une technique (ou en bénéficier). Maintenant, s’il s’agit de différencier (ou juste reconnaître) les solutions choisies pour tel ou tel moteur, là vous avez besoin d’être un peu plus connaisseur en matière de mécanique, fusse-t-elle hypnotique !

UNE TECHNIQUE NOUVELLE
Hypnose-HumanisteL’être humain connaît l’Hypnose depuis la nuit des temps. Se soigner par la parole est une intention naturelle, spontanée… Mais, pendant des millénaires, on n’a su produire le phénomène hypnotique que par lâcher prise : soit par la transe quasi convulsive des rituels chamaniques, du magnétisme de Mesmer ou des injonctions des hypnotiseurs d’autrefois ; soit grâce au terpnos logos, ces psalmodies lancinantes des anciens thérapeutes grecs, qui « endormaient » leurs patients par la parole, dans les temples d’Asclépios, le dieu de la médecine (Esculape, en latin, dont le symbole est devenu le caducée des médecins actuels).

Avec le temps, on a posé les bases de l’Hypnose thérapeutique. On comprend mieux comment elle fonctionne, au niveau psychologique comme au niveau neurologique, cérébral. Par exemple, on sait depuis les débuts de l’Hypnose que cet état modifié de conscience est lié à une « dissociation » accentuée entre notre esprit conscient (la part de vous qui voit, entend, ressent, pense, etc.) et notre Inconscient (tout ce qui fonctionne en vous de manière automatique et, par définition, sans que vous ne le sachiez).

La nouveauté de l’Hypnose Humaniste a été de permettre l’atteinte d’un état modifié de conscience sans cette dissociation – ce qui était jusque-là impossible : soit vous étiez conscient-éveillé (avec un espace Conscient-Inconscient ordinaire) ; soit vous étiez « endormi, en transe, en hypnose, inconscient » (avec une séparation accentuée entre le Conscient et l’Inconscient).

Donc, si l’hypnothérapeute n’arrivait pas, grâce à l’induction hypnotique (la technique qui permet d’amener la personne en état d’hypnose), à créer cette fameuse dissociation, à développer les fonctionnements automatiques, non-contrôlés, de la personne : alors, celle-ci n’était tout simplement pas en état d’hypnose !

Imaginez donc le scepticisme quand la rumeur se propagea que l’on pouvait conduire une personne en état d’hypnose sans la sacro-sainte dissociation ! Les uns arguant que c’était juste impossible et les autres expliquant que « en réalité, il ne devait pas y avoir de dissociation avant » ou bien encore que « finalement, on ne sait pas vraiment ce qu’est un état modifié de conscience »…
Un peu comme ce patient, persuadé d’être mort, que son thérapeute pique au bout du doigt pour faire perler une goutte de sang et lui prouver ainsi qu’il est bien vivant : et le patient de s’exclamer « Bon sang, mais alors, les cadavres saignent ! » 😉
Difficile de sortir des anciennes croyances…

GAGNER EN CONSCIENCE
plenitudePourtant, c’est simple : tant que votre Conscient et votre Inconscient gardent leur écart habituel, vous êtes dans votre état psychologique habituel… Lorsque l’hypnothérapeute excite vos réactions inconscientes, automatiques, jusqu’à ce qu’elles prennent le dessus sur vous (ou, plus rapide, si un hypnotiseur de spectacle envoie d’un coup promener votre esprit Conscient), alors l’écart avec l’Inconscient est si grand que vous ne contrôlez plus rien du tout.

Bien sûr, la plupart du temps, il est possible de rester « conscient » de ce qui se déroule, de cette même conscience que l’on a durant les rêves et qui faisait dire à Erickson : « Dans la plupart des transes, il y a une partie du sujet qui est présente, qui observe tranquillement, et qui veille (…) C’est pourquoi certains patients soutiennent qu’ils n’ont pas été hypnotisés, car ils confondent cette fonction d’observation avec le fait d’être conscient au sens habituel du terme. »

Eh oui ! « Être conscient » et « être conscient d’être inconscient » n’est pas la même chose ! La part de vous qui reste consciente, même lorsque vous dormez, c’est elle votre Conscience majuscule. C’est vers elle que l’on va en Hypnose Humaniste. C’est elle que la personne ressent pleinement en état de conscience augmentée.

Les inductions de l’Hypnose Humaniste sont tout simplement inversées : au lieu d’augmenter l’écart entre le Conscient et l’Inconscient, jusqu’à vous rendre vraiment inconscient, on va réduire cet écart, le plus possible. Et c’est ce qui produit un état modifié de conscience, car ce n’est pas habituel du tout d’être davantage conscient !

TROIS CONDITIONS
POUR UNE HYPNOSE HUMANISTE

Déduction logique de tout ce qui précède, une séance d’Hypnose Humaniste doit présenter 3 conditions en même temps pour mériter ce qualificatif – et que l’on puisse s’attendre aux bons résultats décrits dans les livres spécialisés :

1/ Il faut que la personne soit en état d’hypnose.
2/ Il faut qu’elle soit  « associée », unie en elle-même.
3/ Il faut qu’elle agisse par elle-même, sur elle.

1/ La personne doit être en réel état d’hypnose (signes de transe, phénomènes hypnotiques) : c’est la moindre des choses quand on prétend faire de l’hypnothérapie, mais l’expérience prouve que ce n’est malheureusement pas si évident que ça,à notre époque où les thérapeutes prétendent faire « de l’hypnose sans hypnose », voire de « l’hypnose conversationnelle » pour (masquer le fait qu’ils n’arrivent pas à mettre leurs patients en transe) ne pas effrayer leurs futurs patients… :)
Ouvrir un livre de cours d’Hypnose leur permettrait d’apprendre que ces techniques doivent, comme les autres, amener la personne en état modifié de conscience ! Donc, pas d’excuse !

Bien sûr, si l’hypnothérapeute a bien fait son induction hypnotique et que la personne est psychologiquement dissociée, elle est bien en état d’hypnose. Le souci, dans le cas d’inductions dissociantes, c’est qu’à force de poser les questions nécessaires à la thérapie, la personne en hypnose va petit à petit « remonter » et sortir de transe. Les prises de conscience à répétition provoquées par le fait de répondre gommeront l’état d’inconscience et la personne reviendra à sa conscience ordinaire.
Ce phénomène n’est évidemment pas possible en Hypnose Humaniste où des prises de conscience répétées ne peuvent que renforcer l’état de conscience augmentée !

De même, l’hypnothérapeute Humaniste veillera à conduire la personne vers un réel état d’hypnose, vérifié (signes de transe). Je préfère continuer mon induction Humaniste pendant 30mn s’il le faut, ce sera déjà pédagogique en soit, que de commencer sans transe une technique qui n’aurait alors pas sa pleine efficacité…
Lorsque la personne a les yeux en « catalepsie oculaire » (tout blanc), bien qu’elle bouge et me réponde facilement, alors je suis sûr qu’elle est à la fois en état d’hypnose et en ouverture de conscience: on peut donc commencer !

cerise2/ La personne doit être bien associée : c’est-à-dire vivre les choses de l’intérieur, non pas spectatrice mais actrice, de manière physique (elle ne se voit pas : elle perçoit à travers ses propres yeux), à la fois bien ici, ancrée à la réalité ET dans son esprit. C’est cela, être en ouverture de conscience.
Là, c’est simple, si la personne a été mise en état d’hypnose avec des inductions hypnotiques habituelles, elle est dissociée (ou alors, elle n’est pas en transe) !
C’est tout un travail de rester associé, bien dans son corps. Notre esprit s’envole naturellement, dès que l’on fait un exercice de pensée. Il suffit de fermer les yeux et de penser pour commencer instinctivement à se dissocier… La principale difficulté pour la personne, au début en Hypnose Humaniste, et c’est là que l’aide du thérapeute est importante, c’est d’ouvrir son champ de conscience sans « décoller ».

Il est pratiquement certain que la personne se dissocie spontanément si son thérapeute ne sait pas conduire une réelle induction Humaniste… Et, à compter que la personne soit effectivement restée « associée » avec une induction hypnotique dissociante, cela signifierait simplement qu’elle n’est pas en état d’hypnose ! Donc, on perdrait tous les bénéfices de l’Hypnose : l’accès au vrai matériau inconscient et, si on est en Humaniste, à la Conscience, éviter les résistances, les perturbations du mental, les fabulations, etc.

En Hypnose Humaniste, le fait de vivre chaque chose de manière « associé » permet à l’expérience de « s’incarner », d’entrer immédiatement dans le quotidien (au lieu de rester dans l’intellect, les rêves). La liaison corps-esprit n’a pas été rompu, l’information circule bien et la personne le ressent, physiquement et émotionnellement, ce qui lui permet de juger par elle-même de l’avancée de la thérapie ou du coaching.

3/ La personne doit agir par elle-même, consciemment : là aussi, ce n’est pas évident si la personne a été mise en état d’hypnose par dissociation, donc plongée dans son Inconscient. Tout hypnothérapeute sait bien que la personne en transe est consciemment passive (même si « ça » bouge beaucoup, dans son Inconscient). Elle a probablement des perceptions, des impressions, mais qui n’ont rien à voir avec ce que fait l’Inconscient lui-même… C’est d’ailleurs pour cela qu’en formation en Hypnose Ericksonienne on ne prend pas le « feed-back » de la personne-cobaye : puisqu’elle ne peut pas savoir ce qui s’est réellement passé, même si elle en est persuadée !

Par exemple, une personne avec qui je fais une démonstration d’écriture automatique sort de transe après l’expérience, persuadée de savoir ce qu’il y aurait sur la feuille d’écriture… Elle croyait trouver ce qu’elle avait imaginé : de jolies phrases spirituelles. En réalité, sa main avait écrit (donc, un phénomène dissocié de son contrôle conscient) une liste de dates et de traumatismes liés à la maltraitance que lui infligé son père… Choc !

Agir consciemment en état d’hypnose dissocié est donc utopique (si la personne est vraiment en transe !) et n’a vraiment rien à voir avec agir en conscience, en état de conscience augmentée.

En Hypnose Humaniste, la personne doit avoir gagné, au moins en partie, conscience de ses mécanismes inconscients. Généralement, le matériau est symbolique, ce qui protège la personne d’éventuelles émotions négatives (et protège aussi sa vie privée !). Elle peut donc agir par elle-même. Le thérapeute est là pour guider, proposer, mais ne fait rien par lui-même (pas de suggestions ni de techniques cachées, pas d’histoires ou de métaphores que la personne écoute passivement). La personne est à la fois en transe, associée à son expérience et actrice de son changement.

EN RESUME
joieSi la personne est bien en transe, mais que c’est le thérapeute qui mène la séance, comme en Hypnose Ericksonienne / Nouvelle Hypnose, qu’il parle la majorité du temps, que la personne écoute, passive, un accompagnement métaphorique – même décrit comme une « expansion de conscience » (type new-age) : ce n’est pas Humaniste.

Si la personne est bien consciente, bien ancrée ici et maintenant, mais pas en état d’hypnose, ce n’est évidemment pas de l’Hypnose… et donc, pas de l’Hypnose Humaniste non plus. Là, c’est simple !

Si la personne est bien en transe, qu’elle agit par elle-même sur son expérience, guidée par le thérapeute, mais qu’elle n’éprouve aucune sensation physique, parce qu’elle a perdu conscience de son corps, qu’elle l’a oublié ou n’y prête plus attention, qu’elle est « dans le cosmos » (ou ailleurs !) : ce n’est toujours pas de l’Hypnose Humaniste.

Une vraie séance d’Hypnose Humaniste, avec une personne en hypnose, en état de conscience augmentée, éveillée à ses processus profonds, pleinement présente, au contact de ses ressentis et émotions, pleinement « incarnée », les sens en éveil, et capable d’agir sur les différentes strates d’elle-même, de ses archétypes profondes aux niveaux élevés de sa Conscience… Tout cela demande une technique et une attention soutenue (ne serait-ce que pour éviter à la personne de se dissocier, involontairement) que seul un Praticien dûment certifié en Hypnose Humaniste vous apportera.

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A lire en complément :
Hypnose & Dissociation

Ce que faisait Milton Erickson…

Voici pour vous des chiffres inédits, jusqu’à maintenant seulement donnés durant la formation de « Praticien en Hypnose Ericksonienne » de l’IFHE.

Il y a quelques années, je devais être « entre deux livres » et pas habitué à rester inactif, donc je me suis mis en devoir de rassembler toutes les thérapies d’Erickson, afin de savoir (enfin !) ce qu’Erickson faisait vraiment.

Je me doutais bien que j’allais y penser des mois… et ce fut le cas !!… Non seulement pour rassembler les cas, dans toutes les sources possibles, y compris auprès de thérapeutes non-publiés, mais aussi pour en tirer des statistiques, tant les cas regroupent souvent l’utilisation de plusieurs techniques.

On cite toujours des chiffres extraordinaires concernant Erickson (30.000 thérapies !?) mais ce sont toujours les mêmes anecdotes qui reviennent. Sûrement parce que toutes ne sont pas mémorables ou pédagogiques…
Quoi qu’il en soit, je voulais en avoir le cœur net, et aussi avoir une idée plus juste des techniques qu’il utilisait, entre hypnose, langage d’influence, prescriptions de tâches, etc.

Si, en plus de ces chiffres, vous connaissez le Milton-modèle 4, donc les stratégies utilisées par Erickson en terme de processus psychologiques (souvent liés à ceux que l’on connait aussi en psychologie sociale), alors vous aurez toutes les clés pour percer les mystères du fameux « sage de Phoenix » !

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On m’a accusé de manipuler les patients, ce à quoi je réponds :
toute mère manipule son bébé, si elle veut qu’il vive
(elle lui apprend même à pouvoir entrer dans le langage de la manipulation).
Chaque fois que vous allez dans un magasin, vous manipulez l’employé pour qu’il vous fasse un prix. Et quand vous allez au restaurant, vous manipulez le serveur. Le professeur à l’école vous manipule pour vous apprendre à lire et à écrire.
Bref, la vie n’est qu’une gigantesque manipulation
M.H. Erickson

Étude des cas connus de Milton Erickson

milton-ericksonWilliam O’Hanlon avait déjà effectué une grande partie du travail en recensant dans son livre « Thérapies hors du commun » l’ensemble des cas connus d’Erickson. Il suffisait juste de vérifier qu’il n’en ait pas oublié – et pour cela, revoir la bibliographie entière d’Erickson !

Ce dernier avait passé 20 ans à étudier l’hypnose de manière expérimentale, en laboratoire donc, avant que sa pratique privée ne commence, assez tard, en 1949, alors qu’il était épuisé par la maladie. Tout comme Freud à son époque, Erickson n’a ainsi pas reçu beaucoup de « vrais patients » (en-dehors des cobayes volontaires de son laboratoire hospitalier).

Il a été possible de retrouver 316 cas, en tout et pour tout, recueillis à la fois dans les articles publiés par Erickson (« Collected papers »), dans la littérature spécialisée et dans les communications personnelles faites par Erickson à différents auteurs qui en ont témoigné.
C’est peu, si on considère que cela représente environ 6 mois de travail pour un hypnothérapeute ordinaire, mais cela nous montrera tout de même quelles étaient les méthodes favorites d’Erickson.

A ce propos, il faut signaler que Milton Erickson racontait souvent les mêmes cas de façon très différente. Les différences ne tenaient parfois pas simplement à des détails, mais à toute la structure de la thérapie (procédures et résultat). Deux cas en apparence dissemblables étaient en réalité le même… Les témoignages recueillis après le décès d’Erickson ont mis ce point en évidence.
J’ai donc classé à part les cas les plus souvent « enjolivés », ceux qui étaient par trop invraisemblables (Erickson avait le goût de l’exagération et, après s’être auto-proclamé « Wizard » avait tendance à transformer un cas simple en « miracle ») et ceux que j’ai pu vérifier comme purement inventés (peut-être en guise de métaphore thérapeutique ou pour illustrer des techniques, durant une formation ?).
Aujourd’hui, en plus des témoignages des patients eux-mêmes, on a Internet et ses bases de données, ses sites historiques, donc ce qui « passait » du temps d’Erickson – comme un sportif imaginaire, soi-disant plusieurs fois champion – n’est désormais plus crédible (le « champion » n’ayant, en réalité, jamais existé). Cas également de cette infirmière soi-disant partie faire le tour du monde après sa démonstration d’hypnose avec Erickson – alors qu’en fait la dame en question,  si elle fut bien cobaye pour l’expérience, n’en a rien tiré de particulier et a poursuivi sa vie ordinaire (témoignage conjoint du directeur de l’hôpital où avait eu lieu la démonstration d’Erickson). Bref, il y a de quoi faire un peu de tri dans les récits d’Erickson !

J’ai aussi classé séparément les cas peu crédibles ou simplistes, qui étaient peut-être aussi les bases d’anecdotes thérapeutiques dont Erickson était friand. Mais, on sait bien que le thérapeute peut ne pas avoir vécu précisément l’anecdote qui conviendrait en métaphore pour la personne – il est donc admis d’inventer ces soi-disant « souvenirs », racontés par le thérapeute comme très réels.
Il faut éviter de confondre ces techniques thérapeutiques avec de vrais cas…

« As the years have gone by, since his death, Erickson has become an increasing living legend, as will happen with legends, an increasing amount of more or less fictitious lore began to accumulate about him »
André Weitzenhoffercélèbre psychologue, expert en Hypnose, ami et conseiller d’Erickson

Les chiffres !

Pour comprendre une moyenne, il faut avoir une échelle de référence. Par exemple, le placebo produit environ 55% de bons résultats – parfois moins, parfois bien plus dans le cas de certains produits pour lesquels, curieusement, le placebo est plus efficace que la substance chimique ou même l’opération chirurgicale.
Comme en pharmacologie ou en médecine, on pourrait donc juger l’efficacité d’une technique psychothérapeutique au fait qu’il dépasse (ou non) l’effet produit par le placebo.

Voici ce que cela donne chez Erickson (pour les 316 cas connus) :

Succès :                     219 cas, soit 69%
– Dont non-vérifiés, très enjolivés ou inventés : 16 cas, soit 5%
– Dont simplistes, peu crédibles : 22 cas, soit 7%

Succès purs (hors peu crédibles et enjolivés) :     181 cas, soit 57%

Voilà qui démontre que la technique d’Erickson ne tenait pas à un simple effet placebo.
Ne soyez pas surpris du faible pourcentage de réussites. Les statistiques montrent que quelques pourcents seulement font la différence entre l’amateur et le professionnel, par exemple dans le domaine sportif, et juste quelques pourcents encore entre le professionnel et le champion reconnu… 2% semblent peu, mais font toute la différence !

Succès partiels :       49 cas, soit 15,50%
Échec:                       42 cas, soit 13,50%
Hors sujet :                6 cas, soit 2%
(cas qui ne concernent pas la psychothérapie : maladies physiques, diagnostiquées et immédiatement renvoyées à l’hôpital)

Les pourcentages ne nous renseignent pas sur ce qui est fait réellement, sur le terrain. Voyons donc de plus près les techniques utilisées :

  • Prescriptions :                               125 cas  (39,50%)
  • Hypnose directe, classique :        107 cas  (34%)
  • Hypnose indirecte :                       26 cas   (8%)
  • Thérapie par suggestions:            67 cas   (21%)
  • Thérapie ordinaire :                       32 cas   (10%)

Et le pourcentage de réussites et échecs par technique :

Prescriptions & Stratégie

– Succès pur :    64%
– Enjolivés:           2%
– Peu crédibles :   9%
– Succès partiel : 14,50%
– Échecs :           10,50%
– Hors sujet :          0%

Hypnose directe

– Succès pur :    69%
– Enjolivés :        10,50%
– Peu crédibles :   2%
– Succès partiel : 12%
– Échecs :             6,50%
– Hors sujet :         0%

Hypnose indirecte

Succès pur :   82%
Enjolivés :         0%
Peu crédibles   3,50%
Succès partiel : 11%
Échecs :           3,50%
Hors sujet :       0%

Suggestions/conversation

– Succès pur :   71,5%
– Enjolivés :         1,50%
– Peu crédibles    6%
– Succès partiel : 19,50%
– Échecs :            1,50%
– Hors sujet :        0%

Thérapie ordinaire

– Succès pur :   25%
– Enjolivés :         3%
– Peu crédibles :  3%
– Succès partiel : 36%
– Échecs :           18%
– Hors sujet :       15%

Sont classés comme « succès partiel » les thérapies qui ont permis à la personne de se sentir mieux, mais sans qu’elles soient guéries pour autant. De même, sont parfois classés par Erickson comme « succès » de simples inductions hypnotiques… (on n’a pas la suite du cas, donc l’issue de la thérapie elle-même).
Par exemple, Erickson met en transe un sportif en suggérant durant l’induction hypnotique qu’une main va se mettre en lévitation avant l’autre : reste à savoir laquelle ! Il utilise l’esprit de compétition du sportif pour améliorer l’induction hypnotique – ce qui vaut un « succès » à ce cas, qui n’est pas une thérapie, seulement une induction – qui plus est assez banale (mais peut-être pas à l’époque ?).

Vous aurez peut-être remarqué que le total des cas dépasse 316, tout comme les pourcentages dépassent les 100%, ceci parce qu’Erickson utilisait souvent plusieurs techniques en même temps pour un même cas. Le total n’est donc pas à prendre en compte.

Voici donc la répartition de l’utilisation des techniques, qui vous donne autant d’exemples de procédures thérapeutiques :

•    Prescriptions et hypnose directe : 18 cas
(14,5% des prescriptions ; 17% des séances d’hypnose directe)

•    Prescriptions et hypnose indirecte : 3 cas
(2,5% des prescriptions ; 11,5% des séances d’hypnose indirecte)

•    Prescriptions et suggestions : 11 cas
(9% des prescriptions ; 16,5% des séances avec suggestions)

•    Hypnose directe et suggestions : 9 cas
(9% des hypnoses directes ; 16,5% des séances de suggestions)

•    Hypnose directe et hypnose indirecte : 2 cas
(2% des hypnoses directes ; 7,5% des séances indirectes)

•    Hypnose directe et thérapie : 1 cas
(moins de 1% des séances d’hypnose directe ; 3% des thérapies)

•    Hypnose indirecte et suggestions : 2 cas
(7,5% des hypnoses indirectes ; 3% des séances de suggestions)

On voit que Milton Erickson utilisait principalement la prescription de tâches (86 succès), ainsi que l’hypnose directe ordinaire, « classique » mais de manière stratégique (87 succès). C’était là où il était le plus fort. N’oubliez pas que les premiers hypnotiseurs classique, James Braid lui-même, créateur du terme « hypnose », étaient déjà très rusés dans leur utilisation de l’Hypnose, y compris des suggestions indirectes, dès 1841…

L’Hypnose dite « indirecte » est paradoxalement ce qu’Erickson pratiquait le moins… même si c’est cette facette que l’on a retenu de lui. C’est d’ailleurs ici qu’Erickson décrochait son plus fort taux de réussite (82% pour 26 cas).

Outre la thérapie par la parole, qui n’était vraiment pas le fort d’Erickson (18% d’échec, 36% de succès partiels ; tous les cas hors sujet sont dans cette catégorie), ce sont les prescriptions qui échouent le plus souvent : 14 échecs, contre 7 en hypnose directe et 1 seul en hypnose indirecte.

Alors, il faut noter qu’une induction se voit qualifiée de « indirecte » alors que, selon nos critères modernes, elle ne l’est peut-être pas du tout. Il s’agit plus souvent d’une astuce d’induction que d’une réelle stratégie indirecte camouflée…
Pour vous donner une idée, voici quelques exemples de cas d’hypnose classés « hypnose indirecte » chez Erickson. Les numéros correspondent à l’ordre des cas du livre « Thérapies hors du commun ». Il y a des succès purs et partiels :

3- Ongles              lit un article sur les inductions pour sujets résistants
70- Douleur           saupoudrage (cas de Joe le fleuriste)
75- Douleur           induction par sujet de paille
90- Migraines        induction par compétition entre les 2 mains (lévitation)
102- Enurésie       suggestion post-hypnotique d’être inquiet d’avoir un lit sec
108- Enurésie       suggestion paradoxale, continuer le symptôme + tâches
110- Enurésie       saupoudrage
177- Phobie          présuppose qu’il a « fait quelque chose pendant la séance »
(+ suggestion de passer en revue les moments de la vie en rapport avec la phobie)
187- Bégaiement  retourner agressivité contre MHE + accord garder la haine
200- Gaucher refusant d’écrire de la main gauche : confusion gauche-droite
301- Blocage        suggestion inversée : rendre le patient hypersensible pour,
au contraire, arriver à une anesthésie
304- Blocage        anesthésie par provocation (petites nattes pubiennes)

La thérapie d’Erickson est « rusée » (artfully vague), qu’il fasse ou non de l’Hypnose. On sent que Milton Erickson comprenait comment les personnes créent et entretiennent leurs symptômes, et il avait l’art de mettre des bâtons dans les roues à ces mécanismes inconscients. C’était un « mécanicien de l’Inconscient » de génie !

Par contre, il n’est pas flagrant qu’il ait voulu être « indirect » consciemment. En tant que thérapeute fin connaisseur des mécanismes psychologiques des gens, il faisait simplement en sorte de placer ce dont il avait besoin dans la tête de ses patients, sans se faire prendre… C’est ce que l’on a qualifié de « indirect » et que l’on a voulu appliquer aussi à son Hypnose qui, elle, ne l’était pas tant que ça, selon nos critères modernes.

Erickson nous a, plus ou moins volontairement, montré la voie pour créer les techniques que nous utilisons aujourd’hui en Nouvelle Hypnose. Prenez l’exemple du saupoudrage d’Erickson qui n’avait rien de « subliminal » avant que j’introduise les techniques actuelles (dans les année 1990, lire « Hypnose« ).
Même chose avec les métaphores, qui étaient chez Erickson de simples anecdotes, susceptibles de semer des graines de changement chez la personne, mais pas de là à la soigner complètement – comparé à la technique que j’ai développé également dans les années 90, qui va jusqu’à 7 niveaux simultanés (lire « Métaphores« ).

Conclusion

La marque d’Erickson, ce qui a fait originalité et qui lui appartenait vraiment, c’étaient ses idées – qui ont donné naissance à la thérapie brève moderne – et sa manière d’être avec les patients, pour arriver à ses fins (thérapeutiques) sans leur participation consciente.
Il utilisait majoritairement les techniques d’influence (Milton-modèle 4) et les prescriptions (thérapie stratégique).

Ainsi, l’hypnothérapeute qui cherche à pratiquer au plus proche de ce que faisait Erickson doit s’intéresser à la thérapie stratégique (Palo Alto, etc.), travailler son langage d’influence et renforcer ses capacités en Hypnose Classique.

Milton-Erickson

Milton Erickson, habillé de sa couleur favorite, au milieu des objets de bois indien de sa collection

« Je suis un drôle d’oiseau parmi tant d’autres sur le chemin de la vie » – Milton Erickson

Thérapie & Psychothérapie ?

En Hypnose, on utilise habituellement le terme « thérapie » comme un raccourci de « psychothérapie », en leur attribuant le même sens, donné à l’origine, en 1891, par le professeur de médecine et neurologue Hippolyte Bernheim : « le soin des troubles physiques ou psychologiques par la suggestion hypnotique ».

Entre-temps, la psychanalyse (avec Freud, élève de Bernheim), puis la psychologie (grâce à Pierre Janet, autre pionnier de l’Hypnose) se sont développées, toujours sur les bases de l’Hypnose. Aujourd’hui, on n’utilise donc plus l’hypnothérapie de manière seulement médicale ou mécanique, comme aux premiers temps de l’Hypnose. On a donc besoin de distinguer deux sortes de pratiques.

Et l’Hypnose ?

therapieComme Bernheim, qui disait faire de « l’allopathie verbale », qui pensait la suggestion hypnotique comme un médicament pour l’esprit, Milton Erickson était médecin. Sa façon de pratiquer reflétait donc également son métier : c’était un « mécanicien », de l’Inconscient comme on l’est pour le corps en médecine. C’est cela, la thérapie : apporter un soin.

Il y a quelques années, j’ai décidé de (re)parcourir l’œuvre d’Erickson en notant toutes les sortes de maladies, troubles et problèmes qu’il racontait avoir soigné. Mon objectif était de savoir réellement ce que l’on pouvait traiter ou non en Hypnose Ericksonienne.
Par exemple, Milton Erickson souffrait d’allergies et n’a donc jamais réussi à soigner une allergie chez ses patients… Pourtant, on apprend en « Praticien 1 Hypnose » à soigner les allergies. Cela prend moins de 30mn, c’est assez facile à faire et cela fonctionne vraiment très bien. C’est d’ailleurs une des rares techniques qui a été vérifiée expérimentalement « en double aveugle », comme pour les tests pharmacologiques. Son efficacité est donc légitimement prouvée.

La formation en « Hypnose Ericksonienne » de l’IFHE inclut ainsi la « Nouvelle Hypnose » et ses techniques thérapeutiques modernes, afin d’aller plus loin que Milton Erickson. La gamme de problèmes que vous saurez aider à la suite de votre formation dépassera ce qu’Erickson lui-même a jamais fait. Mais cela restera toujours dans le cadre de la thérapie : une aide mécanique, sans s’occuper de ce qu’est ou pense la personne. Elle restera ce qu’elle est et a toujours été, sa blessure en moins. Et c’est ce que cherchent beaucoup de personnes, donc c’est très bien… Mais cela ne s’adapte pas à toutes les situations.

Qu’est-ce donc que la thérapie ?
therapieOn appelle « thérapie » le fait de soigner quelqu’un, de l’aider à guérir d’une maladie physique ou psychologique, sans médicament, simplement par l’utilisation de la parole et de l’esprit profond de la personne (ce que l’on appelle « son Inconscient »). La personne ne change pas ce qu’elle est, mais elle va mieux.

Imaginez que vous soyez tout carré et tout bleu. Cela vous plaît bien d’être comme cela, mais il se trouve que vous vous êtes fait mal (traumatisme, divorce, dépression, angoisses, phobie, compulsion, tabac, énurésie, ongles rongés, etc.). Et depuis, vous souffrez. Puisque votre blessure est psychologique, émotionnelle (ou dans le cas de certaines maladies physiques), un hypnothérapeute peut vous aider à retrouver la santé : aller mieux, sans changer ce que vous êtes.

Le thérapeute va vous aider à retrouver votre forme première, un joli « carré bleu » dans ma métaphore, un peu comme un carrossier qui redresse l’aile emboutie de la voiture et lui redonne l’aspect du neuf. Vous voilà guéri, la blessure est soignée, la vie peut reprendre son cours habituel ! Ouf !

En Hypnose Ericksonienne et en Nouvelle Hypnose (Prat2 HE), on fait de la thérapie : on aide les gens à arrêter de fumer, à perdre du poids, stopper leurs phobies, leurs compulsions, déstresser, etc. On peut les aider à travailler sur de graves symptômes, comme ceux du cancer, pour aider le traitement médical (mais, si les soucis psychologiques sont d’ordre existentiel, alors on renverra la personne vers la psychothérapie). On peut même aider une maman à accoucher, grâce aux anesthésies.

L’hypnothérapeute qui a suivi le « Praticien en Hypnose Ericksonienne » est un thérapeute avant tout : il aide les gens abimés par une mésaventure de la vie à aller mieux ! Les personnes aidées peuvent, bien sûr, avoir appris des choses de leurs mésaventures et grâce à leur thérapie. C’est une conséquence heureuse, mais indirecte, secondaire pour l’hypnothérapeute éricksonien, qui s’occupe seulement du symptôme. Comme le dit le célèbre adage de l’Hypnose Ericksonienne et de la PNL : « Le pourquoi ? On s’en fiche ! Comment aller mieux, voilà ce qui compte ! »

Qu’est-ce donc que la psychothérapie ?
Rappelons d’abord que la loi française sur l’usage du titre de « psychothérapeute » ne réglemente que l’utilisation du titre de « psychothérapeute », et non la pratique de la psychothérapie. Vous pouvez donc légalement pratiquer la psychothérapie sans être « psychothérapeute » – tout comme vous pouvez étudier la psychologie sans être « psychologue » – mais vous n’avez le droit d’utiliser le titre de « psychothérapeute » ou de « psychologue » que si vous avez fait les études nécessaires.

En hypnose, nous ne sommes de toute façon pas concernés par cette loi, car nous sommes depuis toujours « hypnothérapeutes » ou « hypnologues », ce qu’aucune loi ne restreint ou réglemente. De plus, comme vous le savez, c’est l’un des pionniers de l’Hypnose thérapeutique, le professeur Bernheim, qui a vulgarisé le terme « psychothérapie » afin de désigner la pratique thérapeutique de l’Hypnose. Les hypnothérapeutes sont donc les premiers et plus légitimes praticiens de la « psychothérapie ».

C’est la qualité de notre formation qui fait de nous de bons professionnels. Rappelons que la loi française n’oblige pas les « psychothérapeutes » à apprendre une quelconque technique de soin : ils ne sont tenus qu’à obtenir un diplôme en psychopathologie, c’est tout. Ils savent donc faire des diagnostics, mais n’ont aucune formation dans le soin psychologique des personnes !! Il vaut mieux le savoir avant de consulter un « psychothérapeute » !…

Bref, on appellera « psychothérapie » le fait de soigner quelqu’un, de l’aider à guérir d’une maladie physique ou psychologique sans médicament, simplement par l’utilisation de la parole et de l’esprit de la personne (ce que l’on appelle « son Inconscient ») ET en faisant évoluer ce qu’est profondément la personne. Son « terrain » psychologique.

psychotherapieLa base semble donc identique : en thérapie comme en psychothérapie, on aide les gens à guérir. Pourtant, le petit plus de la psychothérapie fait beaucoup de différence : la première personne (thérapie) a guéri sans changer ce qu’elle est, alors que la seconde personne (psychothérapie) aura appris de son aventure, sera devenue autonome et aura « grandi » en plus de guérir. Son « terrain » a changé. Elle est donc à peu près certaine de ne jamais rechuter.

Imaginez que vous soyez tout carré et tout bleu. Mais cela ne vous plaît pas d’être comme cela : ça vous fait même du mal ! Vous ne vous en rendez bien sûr pas compte, c’est inconscient… mais vous souffrez d’être « comme vous êtes ». Votre vie – depuis l’enfance, souvent – vous a forgé de telle manière que vous allez certes très bien, en apparence, d’un point de vue mécanique (un psychiatre ne vous trouverait rien de spécial) pourtant vous vous sentez si mal que vous sombrez dans les pires souffrances émotionnelles, des dérèglements psychologiques (angoisses, dépression, blocages, divorces à répétition, etc.) voire même, à l’extrême, jusqu’aux envies de suicide – et même de graves somatisations, avec de réelles maladies physiques.

therapie-humanisteIci, on est dans le domaine de l’Hypnose Humaniste, et plus précisément d’un de ses grands domaines : la Thérapie Symbolique Avancée. L’hypnothérapeute Humaniste va vous aider à faire évoluer votre « forme » première. C’est un peu comme si on ouvrait votre Inconscient pour examiner chaque morceau un par un (techniquement, ces « morceaux » sont des archétypes inconscients). Ensuite, vous nettoierez chaque morceau, en ferez évoluer certains, et vous remonterez le tout au final. Vous serez guéri, tout rond, doré et souriant : un beau « smiley » (dans ma métaphore)… et la vie sera désormais bien plus belle qu’avant !

En Hypnose Humaniste (le « Praticien 2 HH »), on peut simplement faire de la thérapie, tout comme en Hypnose Ericksonienne – bien que la manière et le niveau d’action ciblé soit très différents. Mais la particularité de cette forme d’hypnose « en Conscience » (pas la conscience ordinaire, mais un état élargi de perception et de compréhension) fait qu’il devient possible d’aider aussi la personne à « prendre conscience », justement, de ce qui cloche en elle – ce qui lui était impossible jusque-là – puis d’être guidée par le thérapeute pour soigner, faire grandir et évoluer « son terrain », ce qu’elle est fondamentalement. Et c’est toute la personne qui change, en plus de guérir !

En Hypnose Humaniste, le « pourquoi », le sens des choses est donc souvent important, pour apprendre, guérir profondément et grandir. Par contre, les techniques d’interventions, réalisées par la personne elle-même, sont très simples. Cela permet à la personne de se concentrer sur l’essentiel, la simplicité étant en réalité « du complexe resserré ».

~oOo~

Alors, quel est le mieux ?
Il n’y a pas de réponse toute faite. Selon la situation, le thérapeute (s’il connait les deux approches) pourra opter pour l’une ou l’autre manière de faire. Aucune n’est « mieux » ou « moins bien ». Les domaines visés ne sont tout simplement pas les mêmes.

Par rapport à notre Hypnose, on pourra définir deux familles :

  • « Thérapie – Praticien Hypnose Ericksonienne » : pour être au contact des problèmes simples de la vie quotidienne et aider les gens à aller mieux : arrêter de fumer, perdre du poids, soigner des troubles compulsifs, surmonter un traumatisme, des angoisses, aider pour un deuil, faire des anesthésies (accouchement, opération), etc. Vous travaillez un peu comme les anciens « guérisseurs » de campagne, mais dans le domaine psychologique. Après l’anamnèse, la personne s’installe dans votre fauteuil et se laisse faire. Vous la mettez en transe et lui faites vivre une belle séance d’hypnose, comme un bon massage de l’esprit ! Elle repart détendue et satisfaite, et bien souvent une à trois séances suffisent à régler son souci.
  • « Thérapie + Psychothérapie – Praticien Hypnose Humaniste » : vous doublez la mise, car vous prenez en charge les mêmes cas qu’en Hypnose Ericksonienne ET en plus vous aidez les personnes souffrant « dans leur vie », de causes profondes : angoisses existentielles, problèmes relationnels et/ou de couple répétitifs, loyautés familiales, problèmes liés à l’enfance (même si la personne n’en est pas consciente en arrivant en thérapie), liés à l’éducation, mal-être continuel sans cause connue, etc. Vous apportez aussi votre soutien pour des problèmes physiques ou psychologiques souvent graves, mettant en jeu toute leur vie (cancer, sep, sla, etc.).
    Vous travaillez un peu comme un éveilleur : la personne ne peut pas rester passive. C’est elle qui agit et vous l’aidez à prendre conscience de ses parts d’ombres (ce qui n’est jamais facile ni agréable) et surtout à les illuminer. La personne est « plus que consciente », donc très active. Elle sait si les choses avancent car elle ressent physiquement le résultat de ce qu’elle fait (pas besoin d’attendre pour savoir). Lorsque vous traitez des cas de « thérapie », cela fonctionne au moins aussi bien qu’en Hypnose Ericksonienne, en une à trois séances ; mais lorsque vous traitez des cas de « psychothérapie », il faudra un minimum de 4 séances, étalées dans le temps, puisque le travail demande une évolution de la personne qui prend du temps. Il peut y avoir des moments difficiles quand il s’agit de psychothérapie, dus aux prises de conscience et à la maturation nécessaire, mais au final la personne sera non seulement guérie MAIS AUSSI transformée, fondamentalement, au niveau de son être profond.

On peut soigner une phobie ou une allergie, aider à perdre du poids ou arrêter de fumer, et tout ce genre de choses, sans demander à la personne de changer ce qu’elle est – en Hypnose Ericksonienne / Nouvelle Hypnose, comme en Hypnose Humaniste – si sa vie lui convient par ailleurs. Mais il est évident que dans les cas où la personne développe (par exemple) un cancer suite à un deuil, une promotion professionnelle refusée, une vie de couple chaotique ou amoindrissante pour l’un/e des partenaires, ou si elle souffre de dépression grave, d’un mal-être général… dans ces cas, il sera impossible de seulement « enlever le mal » par quelques suggestions hypnotiques « magiques », et garder la vie telle qu’elle est. Non, car c’est la vie qui a créé le « mal » ! C’est donc la manière d’être et de vivre qu’il faudra faire évoluer, le « terrain ». On est ici très loin du simple soin thérapeutique éricksonien…

~oOo~

therapie-2Le monde a besoin de professionnels de la thérapie, autant que de professionnels de la psychothérapie.
Comme vous le savez, je pratique autant la thérapie que la psychothérapie, selon les cas et les circonstances. Je suis toutefois avant tout, par goût, un thérapeute : quelqu’un qui intervient dans l’urgence, pour une aide de courte durée, pour aider les gens à se reconstruire, à soigner leur mal. Je pratique donc majoritairement la thérapie, que ce soit en Hypnose Ericksonienne comme en Hypnose Humaniste. C’est un choix.

Et, lorsque je perçois durant la rencontre avec la personne qu’elle aurait vraiment besoin d’un travail profond sur elle, sur la structure et l’équilibre même de ce qu’elle est (son « squelette » émotionnel, son ossature profonde) : je l’envoie à ma compagne Patricia d’Angeli qui, elle, pratique exclusivement la psychothérapie, en Hypnose Humaniste (d’où le titre de son livre : « Psychothérapie« ).

Maintenant, s’il n’y a que ça à faire avec la personne, je l’aide aussi en psychothérapie, le temps d’une séance, de façon moins approfondie que ma compagne le ferait, bien sûr, mais cela « teinte » mon accompagnement hypnotique. Car la psychothérapie est, je pense, un savoir indispensable à tout bon thérapeute, s’il veut se sortir de toutes les situations.

Il y aura toujours des thérapeutes purs et durs, comme l’était Milton Erickson, qui ne s’est jamais occupé de psychothérapie (au sens que je lui donne dans cet article). C’était un « thérapeute hors du commun » qui a laissé sa trace. Il y a aussi aujourd’hui beaucoup de thérapeutes plus soft, à mi-chemin entre thérapie et développement personnel…
Et il y aura toujours aussi des psychothérapeutes pour qui la « thérapie » semble trop superficielle (quand on sait que l’on peut changer en profondeur), qui ne reçoivent personne juste pour arrêter de fumer, de se ronger les ongles, pour perdre du poids ou apaiser un traumatisme. Ils ne s’occupent que de l’esprit profond de leurs patients, de les aider à changer leur vie et trouver un équilibre profond. Cela faire disparaître aussi les symptômes, non pas mécaniquement, mais parce que la personne aura changé, que son terrain sera redevenu sain.

En définitive…
C’est votre goût personnel qui déterminera votre style de pratique. Vous savez bien ce qui vous attire vers l’Hypnose. Si c’est pour soigner rapidement les bobos du quotidien, vous êtes plus thérapeute et l’Hypnose Ericksonienne ou la thérapie symbolique de l’Hypnose Humaniste vous plairont !… Et si vous préférez accompagner la personne vers un changement profond de ce qu’elle est, une véritable évolution humaine, qui s’accompagne forcément d’un mieux-être, alors allez vers la psychothérapie et l’Hypnose Humaniste.

~oOo~

A lire en complément :
Hypnose & Psychologie ?
Hypnose : Ericksonienne ou Humaniste ?

Hypnose : éricksonienne ou humaniste ?

L’IFHE propose une formation professionnelle en Hypnose qui donne le choix entre « Hypnose Ericksonienne » et « Hypnose Humaniste ». Il est donc légitime, arrivé au moment de décider de sa spécialisation, de se poser des questions : vers quelle pratique se diriger ? Le choix est-il définitif ? Peut-on suivre les deux modules ?

QUE CHOISIR ?

choisirC’est déjà bien de pouvoir se poser la question, car beaucoup d’écoles n’enseignent qu’une forme d’Hypnose – et, bien sûr, les « éricksoniens » n’apprécient pas forcément l’Hypnose Humaniste, puisqu’ils n’ont aucune idée de l’art et la manière (réelle) de la pratiquer, tout comme les « humanistes », habitués à travailler en conscience avec leurs patients, ne sont pas fans des techniques de manipulation (même si elle reste thérapeutique).

A l’IFHE, puisque nous enseignons toutes les formes d’Hypnose, en répétant sans cesse qu’elles sont complémentaires (sinon, nous aurions déjà fait notre choix, nous aussi !), nous faisons en sorte que tout le monde s’apprécie, au moins le temps que chacun reste dans la « famille IFHE ».

Alors, il est bien évident que ce n’est pas à moi de vous dicter vos choix. Maintenant, je peux vous apporter des éléments de réflexion sur ces deux approches très différentes.

Un caractère

Il faut déjà savoir que tous les hypnothérapeutes ont leur manière à eux de pratiquer, selon leurs goûts et caractère :

  • Les uns seront joueurs, stratégiques et très techniques, comme des mécaniciens de l’Inconscient. Ils ne jureront que par l’approche éricksonienne, que ce soit par l’Hypnose, le langage d’influence ou les prescriptions de tâche. Ces « purs éricksoniens » sont toutefois rares aujourd’hui, en France comme aux USA, car la pratique d’Erickson était assez dure (même si beaucoup se réclament du « sage de Phoenix », la quasi-totalité des hypnothérapeutes pratique en fait de la Nouvelle Hypnose). L’Hypnose classique, telle qu’on peut la pratiquer actuellement (hormis le langage technique éricksonien), est très proche de l’Hypnose Ericksonienne, dans l’esprit : simple, directe, stratégique.
  • Beaucoup pratiquent la Nouvelle Hypnose, même lorsqu’ils se disent « éricksoniens » : c’est-à-dire qu’ils n’utilisent que certains des outils de l’hypnose de Milton Erickson, souvent considérablement améliorés, enrichis d’autres techniques (métaphores, par ex.), et dans un cadre plus moderne, adouci, ouvert à la qualité de vie (et non plus seulement la médecine et la psychiatrie). En tant que forme d’Hypnose dite « intégrative », la Nouvelle Hypnose peut inclure des techniques basées sur des structures simples issues de la PNL (celles que j’ai mise « en Hypnose » dans les années 1990 et qui sont enseignées aujourd’hui un peu partout), ou d’autres approches : new-age, énergétique, EFT, EMDR, etc. et même, pourquoi pas, des idées venues de l’Hypnose Humaniste, mais pratiquées avec la personne en « dissociée » (le thérapeute guide, la personne se laisse faire).
  • Beaucoup d’hypnothérapeutes ne jurent maintenant plus que par l’Hypnose Humaniste : ils aiment aider la personne à « s’éveiller », c’est-à-dire à prendre conscience de ses matériaux inconscients, afin de les travailler par elle-même, en toute autonomie, grâce aux inductions hypnotiques « en ouverture de conscience ». L’hypnothérapeute n’utilise plus aucune technique de langage, il n’essaie même pas d’influencer. Il est là comme pédagogue, guide et, si la personne le souhaite, conseiller – car il aura fait le chemin par lui-même, avant de pouvoir guider d’autres personnes. Ainsi, l’Hypnose Humaniste est facile à utiliser en coaching, tout comme en entreprise : rien à cacher, pas besoin de faire d’hypnose conversationnelle, la personne ne perd pas conscience, ne dévoile rien de sa vie, etc. Le thérapeute Humaniste va chercher à « faire grandir » la personne – qu’elle se connaisse mieux elle-même, qu’elle ait soigné ses blessures profondes – en privilégiant le « terrain » et non pas juste le symptôme et sa cause mécanique. Cela nécessite, contrairement aux autres formes d’Hypnose, de s’intéresser aussi à la psychologie, voire à la philosophie, à la symbologie, aux mythes… à l’évolution humaine.
  • Enfin, il y a les « gourmands » : les thérapeutes qui veulent savoir tout faire (et accompagner le plus de personnes possible, de fait) et qui utilisent donc toutes les formes d’hypnose : classique, éricksonienne ou nouvelle, et bien sûr humaniste. Il faut savoir que la liste des indications de l’Hypnose Humaniste est différente et aussi longue que celle des indications des autres formes d’Hypnose. Ainsi, en apprenant les deux approches, on double littéralement ce que l’on est capable de faire ! Certes, il s’agit de « mondes » différents, l’un étant plus mécanique, lié à la thérapie, et l’autre à la fois possiblement mécanique mais aussi ouvert à l’esprit profond et à la conscience, liés à la psychothérapie. Mais, si vous aimez les deux, c’est l’idéal.

Une base commune… Deux mondes différents

commencerA l’IFHE, tout le monde commence la formation à égalité, que l’on soit débutant ou professionnel, déjà du métier ou totalement novice. Cette mixité naturelle vous prépare à l’exercice réel de l’Hypnose thérapeutique « dans la vraie vie »… Même si beaucoup ne se forment que pour eux-mêmes, pour le plaisir et le mieux-être, sans vouloir exercer un jour professionnellement !

Sauf si vous êtes déjà formé en Hypnose ou en Sophrologie et que vous voulez accéder directement au cursus Humaniste, si vous débutez ou si vous voulez pratiquer l’Hypnose Ericksonienne / la Nouvelle Hypnose, votre formation débutera par les niveaux de « Technicien » et de « Praticien 1 » (15 jours au total).
Vous apprendrez alors, en plus des bases de la thérapie et du coaching, l’essentiel de toutes les formes d’hypnose : inductions hypnotiques de toutes sortes, y compris celles de l’Hypnose Classique et de l’Hypnose Humaniste, techniques de langage de Milton Erickson, suggestions hypnotiques communes aux diverses formes d’Hypnose, structures thérapeutiques, etc. et même de l’auto-hypnose !
Vous aurez déjà de quoi bien pratiquer !

Et ce n’est qu’après ces 15 jours de formation intensive que vous choisirez,
en toute connaissance de cause, le chemin qui semble mieux convenir
à votre personnalité : « éricksonien » ou « humaniste ».

Bien que certaines personnes puissent se permettre de suivre ensuite les deux spécialisations en même temps, la plupart auront à faire un choix (question de temps, d’argent et de capacités d’apprentissage). Plus tard, après avoir suivi la formation qui vous aura attiré, il sera toujours le moment de décider si vous souhaitez (par gourmandise ?) continuer sur l’autre branche, histoire de « savoir tout faire ».

En effet, les deux mondes sont très différents, mais complémentaires : les éricksoniens pratiquent exclusivement la thérapie, savent jouer avec les mots, diriger l’Inconscient, alors que les humanistes peuvent exercer autant en thérapie qu’en psychothérapie, connaissent le langage de l’Inconscient, celui des symboles et des rêves, et les grands mécanismes de la vie (Conscience, objets informationnels, etc.).

CONCLUSION

Si vous aimez manipuler directement l’Inconscient avec un patient bien en transe hypnotique, si vous aimez :

  • Utiliser le langage hypnotique d’influence, des techniques subliminales thérapeutiques, faire parfois la comédie et prendre des rôles, raconter des anecdotes à la façon d’Erickson et construire des métaphores thérapeutiques aux multiples sens de communication cachés, utiliser les phénomènes hypnotiques (amnésies, distorsion du temps, etc.), produire des hallucinations, faire des anesthésies, de l’écriture automatique, des régressions (même « dans les vies antérieures » !) ou des futurisations, si vous aimez la thérapie stratégie, faire faire quelque chose à la personne (pour son bien) sans qu’elle en soit consciente et donner des prescriptions de tâche à accomplir à vos patients…

Alors… foncez en « Praticien en Hypnose Ericksonienne« , c’est ce qu’il vous faut !

Si vous préférez aider les gens à changer en conscience, pour qu’ils guérissent de façon autonome en faisant parfois évoluer profondément ce qu’ils sont :

Si vous avez une recherche personnelle du sens de la vie et si vous aimez travailler avec la symbolique et les archétypes qui nous fondent (plutôt qu’avec des souvenirs concrets), pour aider la personne à se réharmoniser, renforcer son « terrain » et guérir, changer et mieux vivre (Thérapie Symbolique Avancée), si vous voulez vivre connecté à votre Soi Idéal (« higher self ») et aider les autres à faire de même, si vous voulez pouvoir vérifier votre travail immédiatement sur le corps et si vous voulez apprendre à « voyager en Conscience » à travers l’espace et le temps, à communiquer avec d’autres Conscience, prendre conscience de « la Matrice » et travailler avec elle, être en contact avec la Vie elle-même pour nettoyer d’un coup toutes sortes de problèmes (Thérapie Symbolique simple), et connaître si bien l’Inconscient qu’il devient votre ami, pour une vie saine, apaisée et heureuse, si vous aimez pratiquer la thérapie de couple ou utiliser l’interprétation des rêves, etc.

Alors vous adorerez le « Praticien en Hypnose Humaniste » !

Allez voir les programmes de chaque formation, vérifiez ce qui vous plaît le plus en hypnose (thérapie ou psychothérapie) et faites votre choix !
Quelle que soit l’option que vous choisirez, vous saurez autant de chose à la fin de votre formation : le « Praticien 2 HH » permet les mêmes techniques que le « Praticien 2 HE » (ce qui n’est bien sûr pas le cas à l’inverse, mais si le contenu HH ne vous intéresse pas, c’est une question de choix). Les deux cursus sont simplement différents.

Dans les deux formations, vous apprendrez à soigner les bobos de tous les jours comme à aider pour les cas plus graves, mais vous le ferez de deux façons différentes, d’un côté « éricksonien » d’une façon mécanique, en réparant vous-même ce qui est cassé, par votre langage et vos techniques , et de l’autre « humaniste » en aidant la personne à se soigner elle-même et à évoluer, par une approche symbolique, expérientielle et pédagogique, ce qui rendra le message du « mal a dit » obsolète, puisque compris et intégré par la personne.

Question pratique : le « Praticien 2 HE » vous permettra d’obtenir les diplômes de « Praticien en Hypnose Ericksonienne », de « Praticien en Nouvelle Hypnose » et l’équivalence de « Praticien en PNL ».
Et la formation de « Praticien 2 HH » vous permettra d’obtenir le diplôme de « Praticien en Hypnose Humaniste » et le diplôme de « Praticien en Thérapie Symbolique Avancée ».

Voilà.
Et qui sait, peut-être, comme moi, tomberez-vous amoureux des deux approches ?

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A lire en complément :
Hypnose & Psychologie ?
Thérapie & Psychothérapie ?
Le programme des formations HE et HH

Hypnose & Psychologie ?

Vous connaissez peut-être ce mot d’Ernest Rossi qui dit que « Nul ne devrait pratiquer l’Hypnose thérapeutique s’il n’est pas déjà thérapeute » ? Aujourd’hui, de plus en plus de personnes cherchent à se former en psychothérapie, et notamment en Hypnose, dans le but avoué de s’installer en tant que thérapeute… Bien évidemment, cette citation de l’homme qui a également affirmé que l’Hypnose « n’a pas à être réservée à un groupe professionnel particulier » n’arrange pas tout le monde ! Il faut seulement bien la comprendre.

L’Hypnose moderne, celle de la thérapie brève, utilisée en thérapie et en coaching, s’est historiquement construite sur le refus de la psychanalyse et, par extension, de la psychologie.
Milton Erickson, pourtant psychiatre et docteur en psychologie, disait le plus grand mal des théories psychologiques. C’est ce qui a contribuait à la particularité de son approche – mais à force de clamer « Faites confiance à votre Inconscient », n’y-a-t-il pas un risque d’ouvrir la porte à l’incompétence en thérapie ?

Connaître et comprendre l’Inconscient
cerveauLes psy « traditionnels » : psychologues, psychiatres, psychanalystes, n’apprécient pas beaucoup l’Hypnose. Pourquoi ? Tout simplement parce que les praticiens de l’Hypnose n’ont pas toujours leur niveau de formation ou leurs connaissances en psychologie, et les hypnothérapeutes leur semblent « bidouiller » le cerveau de leurs patients « au petit bonheur la chance » !
Ce n’est heureusement pas entièrement vrai, mais pas entièrement faux non plus… Explications : lorsque vous vous formez aux techniques modernes de thérapie brève, comme la Gestalt, l’AT, la PNL ou l’Hypnose, les mécanismes du fonctionnement profond de l’Inconscient sont très peu, voire pas du tout abordés. Par exemple, en Hypnose Ericksonienne, on va parler du fonctionnement de l’Inconscient, de ses différentes strates, de quelques-unes de ses caractéristiques, et du rôle de l’Inconscient d’après Erickson, mais cela reste très superficiel : « il ne comprend pas la négation », « il est littéral », « son fonctionnement est simple et enfantin », « il privilégie la communication symbolique »… Et c’est tout.
Bien d’autres thérapies n’abordent même pas ces fonctions mécaniques de l’Inconscient – qui restent inconnues aux praticiens nouvellement formés.

Il y a là de quoi effrayer le psychiatre qui a étudié le cerveau durant des années et connaît sa psychopathologie par cœur ! Et que dire du psychologue ou du psychanalyste qui a passé des années à faire connaissance avec son propre Inconscient, pour en comprendre les rouages les plus intimes ?… Quelqu’un qui se permettrait de modifier ces profonds mécanismes psychologiques sans les connaître ni même les comprendre passe forcément pour « dangereux ».

L’Hypnose est un outil sécurisé
A l’insigne des thérapeutes cognitivo-comportementalistes, pour qui l’Inconscient n’est qu’une « boîte noire » dans laquelle nous n’avons rien à faire, seulement nous en servir pour « reprogrammer » les réactions conditionnées, les premiers hypnothérapeutes pensaient que la suggestion hypnotique était une sorte de médicament psychologique. Qu’il suffisait de mettre la personne dans un état de réceptivité, grâce à l’Hypnose donc, puis de lui administrer les suggestions voulues pour obtenir la guérison (Bernheim)… Ce n’est malheureusement pas si simple, et ce type de procédé s’est révélé limité.

La révolution thérapeutique vint de Milton Erickson, le psychiatre américain qui donna son nom à l’Hypnose Ericksonienne. Les fondateurs de la PNL ont repéré qu’il utilisait (entre autres choses) dans sa manière de parler des verbes et des mots « non-spécifiques ».
La Nouvelle Hypnose a récupéré ces particularités pour en faire un tout nouveau langage hypnotique : des phrases entières qui pouvaient être différemment comprises selon les individus : « Je sais qu’il y a, là maintenant, en vous, un sentiment qui revient sans cesse, depuis longtemps maintenant… Et quelque chose en vous, vous le ressentez peut-être déjà, intimement, possède la réponse à cette pensée insistante… D’ailleurs, la vie vient vous le rappeler sans cesse, n’est-ce pas ? Ces hasards qui n’en sont évidemment pas… Alors, il est temps aujourd’hui de libérer cette réponse qui insiste en vous… Simplement laisser faire ce qui, tout au fond de vous, connait la réponse… Et juste, peut-être, être curieux(se) de découvrir les petits détails, dans les minutes et même les jours qui viennent, qui trahissent que… ça y est ! C’est en route… Quelque chose en vous change enfin… Et d’ailleurs, qui pensez-vous de votre entourage qui s’en rendra compte le premier, hein ? »

Ce genre de phrases résonne dans la personne, qui y attribue un sens tout personnel, y trouve des références à son vécu immédiat et même lointain – et pense donc incidemment que le thérapeute « sait » ce qui se passe en elle, et peut comme « ordonner » à ses forces inconscientes d’entrer en œuvre pour l’aider à changer. Ce qui est à moitié vrai, car bien sûr l’hypnothérapeute ne peut pas connaître ce qui se passe dans l’Inconscient de la personne, bien qu’il puisse en saisir les signes d’activité extérieurs ; mais, grâce à ce langage non-spécifique, il peut réellement demander à l’Inconscient de « faire ce qu’il faut pour que cela change » (quoi ? Il n’en sait rien, pas plus que comment, où et quand).
L’Inconscient se sentant compris va déclencher ses mécanismes de restructuration et de changement, sans que personne, ni le patient ni le thérapeute, n’ait besoin de savoir de quoi il s’agit.

C’est la magie de l’Hypnose Ericksonienne et de la Nouvelle Hypnose, qui a perfectionné ce langage (saupoudrage, métaphores, etc.), et qui permet de travailler avec l’Inconscient sans risque et avec, au contraire, beaucoup d’efficacité et de succès thérapeutique.

Deux grandes familles de problèmes
Sachant comment fonctionne l’Hypnose thérapeutique moderne, on comprend mieux pourquoi et comment il est possible d’obtenir tant de bons résultats avec une formation psychologique relativement courte (voire, dans certaines écoles, inexistante).
Le thérapeute a besoin d’être neutre par rapport à son patient, ceci afin de ne pas introduire involontairement dans la thérapie des phénomènes parasites. Par exemple : le thérapeute nerveux induit son stress à son patient, involontairement, puis tâche de soigner chez ce dernier un stress qui ne lui appartient pas !
Sur la base de cette saine neutralité, et avec l’aide d’une intention bienveillante, le désir d’aider, le « rapport » s’établit entre le patient et son thérapeute – « rapport » subliminal qui va faciliter l’intuition du thérapeute et le guider dans le choix des « bons mots », des « mots justes », susceptibles de potentialiser le travail hypnothérapeutique.

Il n’en reste pas moins que seule une partie des problèmes amenés en thérapie peuvent être ainsi travaillés et réglés (pour plus de détails, lisez l’article sur l’Hypnose en tant que Thérapie Brève). Dans bien des cas, la thérapie nécessitera que la personne ait conscience des processus inconscients qui la font déraper dans la souffrance. On entrera alors dans une quête de sens, un enchaînement salvateur de prises de conscience. On entre alors dans le domaine de l’Hypnose Humaniste et de la Psychanalyse, en particulier l’approche jungienne, similaire en bien des points à l’approche humaniste (TSA, de Patricia d’Angeli).

Pour les cas existentiels, lié à l’éducation, à l’histoire de vie de la personne, à « ce qu’elle est », le thérapeute aura besoin d’une grande connaissance des ressorts cachés, profonds et souvent systémiques de l’Inconscient, des archétypes, de ses blessures et des réactions que l’on peut avoir par rapport à tout ça…
Les thérapeutes traditionnels et les psychologues qui travaillent sur de tels problèmes et qui pensent que l’Hypnose Ericksonienne ou la Nouvelle Hypnose traitent ces situations de fond se trompent : il est impossible d’aider une personne à changer à ce point par le seul usage de la thérapie Ericksonienne ou de la Thérapie Brève en général.
Voilà pourquoi l’approche éricksonienne paraît « dangereuse » à ces psychologues ou psychanalystes : qu’ils se rassurent ! Il y a vraiment deux grands domaines thérapeutiques : celui des problèmes structurels, que l’on peut traiter en quelques séances, et celui des problèmes de fond, qui nécessitent maturation et prises de conscience de la part de la personne. Seuls les premiers sont traités en thérapie brève, donc en Hypnose Ericksonienne ou Nouvelle.
Si on doit prendre en charge des cas profonds en Hypnose, alors on se dirigera vers l’Hypnose Humaniste qui inclut, elle, l’étude approfondie de l’Inconscient, de ses mécanismes, des archétypes, des blessures, etc.

A chaque cas, sa thérapie
L’Hypnose thérapeutique habituelle est formidable pour traiter les problèmes structurels : mon système psychologique est sain, tout va bien, sauf que je suis passé trop près de ce buisson d’épine, et je me suis piqué ! J’ai une épine, plantée en moi… L’Hypnose Ericksonienne ou la Nouvelle Hypnose vont permettre au thérapeute de plonger au cœur de l’Inconscient, de repérer l’épine et d’instruire l’Inconscient sur les moyens de retirer cette épine.
On pourrait éventuellement le faire aussi en Thérapie Brève, comme on l’apprend durant le Maître-Praticien en Hypnose Ericksonienne, grâce à des prescriptions thérapeutiques (thérapie stratégique). Inutile de connaître le « pourquoi » de cette blessure à l’âme ; « comment » retirer l’épine est tout ce qui nous intéresse. Nul besoin, pour ces cas mécaniques (phobie, arrêt du tabac, compulsion, etc.), de grandes connaissances en psychologie des profondeurs, en psychopathologie, etc.
Beaucoup de thérapeutes, même débutants, peuvent ainsi faire beaucoup de bien autour d’eux, grâce à l’application de techniques simples et sécurisées, pour peu qu’ils aient un bon niveau et la capacité émotionnelle à rester neutre durant l’intervention, à laisser l’Inconscient de la personne trouver et mettre en place ses solutions, sans interférence.

Maintenant, il est évident qu’une telle thérapie brève serait incapable d’aider une personne souffrant de problèmes existentiels : qui prennent leur source dans les racines mêmes de l’existence de la personne. Ici, on aura besoin de « conscience », de « prendre conscience », même. De comprendre et de grandir.
Le thérapeute aussi souvent à démêler un labyrinthe complexe de ramifications inconscientes. La souffrance de la personne sera d’ailleurs plus profonde, plus enracinée en elle, comme constitutive…

On n’aura pas devant nous une personne lumineuse qui aurait ponctuellement un problème à résoudre : réaction inappropriée de son inconscient, cause d’ulcère, d’eczéma, d’ongles rongés ou de pipi au lit… Non, la personne aura grandi dans un tel cadre que son Inconscient produit désormais par lui-même les épines qui  blessent la personne : cancer, dépression, couples qui cassent à répétition, tendances suicidaires, etc. Retirer les épines serait sans fin, car elles ne viennent pas d’un accident isolé, mais de la personne elle-même. Ce n’est pas seulement un rouage de l’Inconscient qu’il s’agit de modifier ou rediriger ; c’est « toute la personne », son caractère, ce qu’elle est, qui doit évoluer, changer, grandir…

Ce n’est plus de la thérapie dans le sens où l’entendrait le thérapeute-débutant ou le praticien de Thérapie Brève. C’est de la psychothérapie, ce qui inclut une part d’évolution personnelle. Les principes et les outils sont très différents, l’analyse et la compréhension, le sens des choses, les prises de conscience sont indispensables pour un réel changement. Et la maturité que cela présume ne s’acquière pas en quelques semaines : cela nécessite des mois, voire des années…

Thérapie & Psychothérapie
cheminOn comprends donc qu’il existe 2 types de thérapie, et donc 2 type de thérapeutes. Les spécialistes de la Thérapie Brève ont besoin de moins de formation psychologique et de travail sur eux que les spécialistes du changement profond, existentiel. Les deux mondes sont parallèles mais différents.

On pourrait ainsi imaginer qu’un hypnothérapeute éricksonien se cantonnera à ce qu’il a appris à faire : traiter des problèmes structurels, et qu’il orientera ses patients vers d’autres thérapeutes, plus formés que lui dans le domaine de l’Inconscient profond et ses mécanismes, dès lors qu’il soupçonnera la nécessité d’un travail de fond. L’idéal étant bien sûr un travail de concert, de ses deux formes de spécialités.

Ainsi, il est possible d’aider son prochain avec les outils et connaissances que proposent les formations actuelles en thérapies brèves, comme l’Hypnose Ericksonienne et la Nouvelle Hypnose – et ceux qui souhaitent se spécialiser dans le travail de fond pourront prolonger leur travail sur eux et se former en Hypnose Humaniste et, si ce n’est pas déjà fait, en psychopathologie et en psychologie des profondeurs (symbologie, archétypes, mythologie, rêves), notamment, pour rester dans le domaine hypnotique, la psychologie Jungienne.

Bien sûr, qui peut le moins peut le plus : ces psychothérapeutes de l’Hypnose sont alors aussi très capables de traiter des soucis seulement structurels.

Chacun restant dans son domaine de compétence, et en relation avec chaque autre spécialiste, il sera possible d’aider aux mieux les personnes en demande d’aide.

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A lire en complément :
– Thérapie & Psychothérapie ?
Hypnose : Ericksonienne ou Humaniste ?

Freud et l’Hypnose

Sigmund_FreudTout comme les hypnothérapeutes actuels en sont venus à oublier leurs origines… et mêmes les racines qui distinguent clairement leurs différentes pratiques… bien des psychanalystes des années 60 et au-delà ont clamé haut et fort que Sigmund Freud avait « abandonné l’Hypnose » – sous-entendant par-là que cette dernière n’aurait pas été « convenable », « correct », « éthique » ou simplement « suffisamment efficace » pour plaire au Maître… C’est mal connaître l’histoire de la Psychanalyse et ses origines.


Et pourtant…
On retrouve des lettres manuscrites de Freud, jusqu’à la fin de sa vie, qui envoyait ses patients à des confrères hypnothérapeutes… Quelle étrangeté pour quelqu’un qui aurait soi-disant accordé si peu de foi à l’Hypnose ! Par ailleurs, Freud, en 1937 (soit deux ans avant sa mort), déclarait publiquement : « il n’y a pas de substitut à l’Hypnose ! »

Il y a donc un fossé entre les ragots colportés et les actes concrets de l’homme le plus célèbre du monde de la psychothérapie…

Sigmund Freud s’est formé à l’Hypnose auprès de Bernheim, qu’il vénérait au point de traduire en allemand l’intégralité de ses livres. En 1895, ses études achevées, Freud écrivit aussi lui-même un livre sur l’Hypnose, avec le Dr Breuer : « Études sur l’hystérie ».
Ayant poursuivit ses études auprès de Charcot, alors super-intendant de l’Hôpital de la Salpêtrière, à Paris, Freud fit la connaissance de son bras droit, directeur du laboratoire de Psychopathologie : Pierre Janet, lui-même ! Le père de la Psychologie clinique et inventeur de la régression hypnotique… C’est avec l’aide de Janet et de Breuer que Sigmund Freud mis au point le principe de l’association libre, sans lequel la Psychanalyse n’aurait jamais existé.

Voilà à quel point Psychanalyse et Hypnose sont liées – et combien les décennies d’idées fausses ont pu distordre et perdre la pensée du Maître…
Mais je ne souhaite pas entrer dans de vieux débats, et seulement vous proposer aujourd’hui un texte de Freud sur l’Hypnose.

Un texte inédit d’une étonnante modernité !
C’est un véritable cours d’Hypnose que nous offre Sigmund Freud. Ce texte, paru en 1891, année de la création du mot « psychothérapie » par son ami Bernheim, est curieusement resté inédit. Il fut découvert en 1963, puis publié en anglais dans le volume 1 de la « Standard Edition of the Complete Psychological Works of Sigmund Freud » (trad. Strachey) par Hogarth Press, London.

Le texte français, ci-dessous, est paru en 1976 dans la revue de Médecine Psychosomatique (trad. Cotet, Bourguignon, Altounian et Rauzy).

Très pratique, on y retrouve des idées et principe que l’on aurait pu attribuer à Milton Erickson ou à d’autres hypnothérapeutes plus modernes. Je vous laisse le découvrir, et réfléchir à certains passages – tout en restant conscient de l’ancienneté du texte et du contexte de son époque – remplacez, si vous le souhaitez, le terme « médecin » par « psychothérapeute » et convertissez en vos mots les termes les plus désuets :

    Ce serait une erreur de croire qu’il est très facile de pratiquer l’hypnose à des fins thérapeutiques. La technique de l’hypnotisme est bien plutôt une opération médicale aussi difficile que n’importe quelle autre. Le médecin qui veut hypnotiser devrait l’avoir appris d’un maître dans cet art et aura, même alors, besoin d’une grande pratique personnelle pour obtenir des succès autrement que dans des cas isolés. Alors, en tant qu’hypnotiseur expérimenté, il se mettra à l’œuvre avec ce sérieux et cette détermination nés de la conscience d’entreprendre quelque chose d’utile, voire, dans certaines circonstances, de nécessaire. Le souvenir de tant de guérisons obtenues par l’hypnose conférera à son comportement face au patient une sûreté qui ne manquera de susciter, chez ce dernier aussi, l’attente d’un nouveau succès thérapeutique.

Celui qui aborde l’hypnotisme à moitié incrédule, qui, ce faisant, se trouve peut-être lui-même tout drôle, qui révèle, par sa mimique, sa voix et ses gestes, qu’il n’attend rien de la tentative, n’aura aucune raison de s’étonner de ses insuccès et devrait plutôt laisser cette méthode de traitement à d’autres médecins qui sont en mesure de la pratiquer sans se sentir atteints dans leur dignité médicale, parce qu’ils se sont, par l’expérience et la lecture, persuadés de la réalité et de l’importance de l’influence hypnotique.

On se fera une règle de ne chercher à imposer à aucun malade le traitement hypnotique. Il existe dans le public un préjugé, appuyé même par des médecins éminents mais ignorants en la matière, selon lequel l’hypnose serait une intervention dangereuse. Chercherait-on à imposer l’hypnose à une personne qui accorderait foi à ces dires, on serait vraisemblablement, après quelques minutes seulement, perturbé par des incidents fâcheux, qui naissent de l’angoisse du malade et de la sensation pénible pour lui d’être violenté, mais qui seraient très certainement tenus pour des suites de l’hypnose [NDLR : auto-suggestion !]. Là où s’élève une forte résistance contre un projet d’hypnose, on renoncera à cette méthode et l’on attendra que le malade se soit, sous l’influence d’autres informations, familiarisé avec l’idée d’être hypnotisé. Par contre, il n’est absolument pas gênant qu’un malade déclare n’éprouver aucune angoisse devant l’hypnose, mais ne pas croire en elle ou ne pas croire qu’elle puisse lui être utile. On lui dit alors : « Je n’exige pas votre foi, mais simplement votre attention et quelque docilité au début », et l’on trouve le plus souvent dans cette disposition indifférente du malade un remarquable soutien.

Par ailleurs, il faut affirmer qu’il existe des personnes qui sont empêchées de tomber dans l’hypnose, précisément par leur disponibilité et leur désir. Cela ne cadre absolument pas avec l’opinion courante selon laquelle il n’y a pas d’hypnose sans « foi », mais il n’en est pourtant pas autrement. On a le droit, en général, de partir de l’hypothèse que tous les hommes sont hypnotisables, à cela près que chaque médecin en particulier aura un certain nombre de personnes qu’il ne pourra pas hypnotiser dans les conditions de ses expériences, sans que souvent il puisse dire à quoi a tenu l’insuccès. Parfois, un procédé obtient aisément ce qui semblait impossible avec un autre, et la même chose vaut pour des médecins différents. De ce fait, on ne sait jamais si un malade pourra être hypnotisé ou non et l’on n’a pas d’autre voie pour l’apprendre que l’expérience elle-même. Jusqu’à présent, on n’est pas parvenu à mettre en rapport l’accessibilité à l’hypnose avec une autre qualité de l’individu. Une seule chose est exacte : les malades mentaux et les dégénérés ne sont, la plupart du temps, pas hypnotisables, les neurasthéniques ne le sont que très difficilement; il est inexact que les hystériques ne soient pas aptes à l’hypnose. C’est bien plutôt chez ces derniers justement que l’hypnose apparaît à la suite d’interventions d’ordre purement physiologique et avec tous les signes d’un état corporel particulier.

Il est important de se faire une opinion provisoire sur l’individualité psychique d’un malade que l’on veut soumettre à l’hypnose, mais, pour cela, on ne peut précisément pas établir de règle générale. Mais il est évident qu’il n’est pas avantageux de commencer un traitement médical par l’hypnose et qu’il vaut mieux, tout d’abord, gagner la confiance du malade et laisser sa méfiance et sa critique s’émousser. Qui dispose en tant que médecin ou hypnotiseur d’une grande réputation peut toutefois se dispenser de ces préliminaires.

Contre quelles maladies doit-on faire usage de l’hypnose ? Des indications sont ici plus difficiles à poser que pour d’autres méthodes thérapeutiques, étant donné que la réaction individuelle joue, lors de la thérapeutique hypnotique, un rôle presqu’aussi grand que la nature de la maladie à combattre. En général, on évitera d’attaquer par l’hypnose les symptômes qui ont un fondement organique et l’on n’utilisera cette méthode que pour lutter contre des troubles nerveux purement fonctionnels, des maux d’origine psychique et des accoutumances toxiques ou autres. Mais l’on se persuadera que bien des symptômes de maladies organiques sont accessibles à l’hypnose et que l’altération organique peut exister sans le trouble fonctionnel qui en découle, Vu l’aversion présente à l’endroit du traitement hypnotique, on est rarement amené à utiliser l’hypnose sans avoir auparavant essayé sans succès toutes les autres thérapeutiques. Cela a du bon, car on apprend de cette manière quel est le véritable champ d’action de l’hypnose. On peut naturellement hypnotiser aussi à des fins de diagnostic différentiel, par exemple quand on est dans le doute sur l’appartenance de certains symptômes à l’hystérie ou à une maladie nerveuse organique. Mais cette épreuve n’a quelque valeur que dans le cas d’un résultat favorable.

Quand on connaît bien son malade et qu’on a établi le diagnostic, se pose la question de savoir si on va entreprendre l’hypnose en tête-à-tête ou si on fait appel à une personne de confiance. Cette mesure serait souhaitable autant pour protéger les malades de l’abus de l’hypnose que pour protéger le médecin contre l’accusation d’un tel abus. Et l’un et l’autre se sont produits ! Mais une telle mesure ne peut être généralisée. La présence d’une amie, du mari ou d’une autre personne perturbe souvent la malade très gravement et réduit incontestablement l’influence du médecin, par ailleurs le contenu de la suggestion, devant être donné dans l’hypnose, n’est pas toujours propre à être communiqué à d’autres personnes proches de la malade. L’appel à un second médecin n’aurait pas cet inconvénient, mais il complique la conduite du traitement au point de la rendre impossible dans la majorité des cas. Comme ce qui importe avant tout au médecin, c’est de faire, par l’hypnose, œuvre utile, il renoncera, dans la plupart des cas, à faire appel à une tierce personne et il ajoutera le danger évoqué plus haut à tous ceux qui sont inhérents à l’exercice de la profession médicale. Mais la malade se protégera elle-même, en ne se laissant pas hypnotiser par un médecin qui ne lui paraît pas digne de sa plus totale confiance [NDLR : tout cela vaut encore de nos jours…].

Par contre, il est d’une grande importance que la malade à hypnotiser voie d’autres personnes sous hypnose, qu’elle sache par la voie de l’imitation, comment elle a à se comporter et qu’elle apprenne par d’autres en quoi consistent les sensations de l’état hypnotique. A la clinique de Bernheim et à la consultation de Liébeault à Nancy, où chaque médecin peut recueillir des éclaircissements sur les effets dont l’influence hypnotique est capable, l’hypnose n’est jamais conduite en tête-à-tête. Chaque malade, qui arrive pour sa première séance d’hypnose, regarde un temps le spectacle des malades plus anciens qui s’endorment, qui pendant l’hypnose obéissent et qui, après le réveil, reconnaissent que leurs symptômes morbides ont disparu. Il entre par là dans un état de disponibilité psychique qui le fait sombrer, lui aussi, dans une hypnose profonde dès que vient son tour. L’inconvénient de ce procédé, c’est que les maux de chaque sujet sont commentés devant une grande assemblée, ce qui ne conviendrait pas à des malades de meilleure condition. Un médecin, qui souhaite guérir par l’hypnose, devrait toutefois ne pas renoncer à cette puissante influence auxiliaire et, aussi souvent que possible, laisser la personne à hypnotiser assister d’abord à un ou plusieurs essais hypnotiques réussis.

Si l’on ne peut pas s’attendre à ce que le malade s’hypnotise lui-même par imitation dès qu’on lui en donnera le signal, on a alors le choix pour amener le malade en état d’hypnose entre différents procédés, qui tous ont en commun de rappeler l’endormissement par certaines sensations corporelles. La meilleure manière de procéder est la suivante : on installe le malade sur un siège confortable, on le prie d’être tout à fait attentif et, désormais, de ne plus parler, étant donné qu’en parlant il mettrait obstacle à l’endormissement. Quelques pièces du vêtement éventuellement gênantes sont enlevées et les autres personnes sont reléguées dans une partie de la pièce où elles ne peuvent être vues du malade. On fait l’obscurité dans la pièce, on veille au calme. Après ces préliminaires, on s’assied en face du patient et on l’invite à fixer deux doigts de la main droite du médecin, tout en faisant très attention aux sensations qui vont se développer.

Après très peu de temps, une minute environ, on commence, on persuade le malade qu’il éprouve les sensations de l’endormissement, par exemple : « Je vois bien que cela va vite avec vous, votre visage a déjà pris une expression figée, votre respiration est devenue plus profonde, vous voilà tout à fait calme, vos paupières sont lourdes, vos yeux papillotent, vous ne voyez plus distinctement, à l’instant vous allez être forcé de déglutir, puis vos yeux se fermeront et vous dormirez. »

Avec de tels propos et d’autres, similaires, on se trouve déjà en plein « processus de suggestion », selon le nom qu’on donne aux paroles de persuasion pendant l’hypnose. Mais l’on ne suggère que des sensations et des processus moteurs, tels qu’ils apparaissent spontanément au cours de l’endormissement hypnotique. On peut s’en convaincre si l’on a devant soi une personne que l’on peut faire entrer en hypnose rien qu’en la fixant (méthode de Braid), chez laquelle par conséquent la fatigue des yeux, lors d’une attention très soutenue et soustraite à toutes les autres impressions, entraine cet état ressemblant au sommeil. Son visage prend tout d’abord une expression figée, sa respiration devient plus profonde, ses yeux s’humectent, papillotent à maintes reprises, un ou plusieurs mouvements de déglutition interviennent, finalement les pupilles se placent en haut et en dedans, les paupières s’abaissent et l’hypnose est là. Le nombre de semblables personnes est très important ; remarque-t-on que l’on a devant soi l’une d’entre elles, on fera bien de se taire ou de ne recourir qu’occasionnellement à la suggestion. Sinon l’on ne ferait que perturber la personne qui s’hypnotise elle-même et, au cas où la succession des suggestions ne correspondrait pas au déroulement effectif de ses sensations, mobiliser son opposition. Pourtant, en général, on a intérêt à ne pas attendre le développement spontané de l’hypnose, mais bien le favoriser par les suggestions. A condition, alors, qu’elles soient dispensées avec énergie et suivant une succession rapide. Il ne faut pas, en quelque sorte, que le patient puisse reprendre ses esprits, qu’il ait le temps d’examiner si ce qu’on vient de lui dire est également exact. On n’a pas besoin de plus de deux à quatre minutes pour que les yeux se ferment ; s’ils ne sont pas fermés spontanément, on les lui ferme, sans se montrer étonné ou dépité, du manque de fermeture spontanée des yeux. Si, maintenant, les yeux sont fermés, on aura atteint un certain degré d’influence hypnotique. C’est cela qui est le facteur déterminant pour toute la suite.

Une des deux possibilités vient en effet de se produire. La première : le patient a vraiment été mis en état d’hypnose en fixant et en entendant les suggestions, et alors il se comporte calmement après la fermeture des yeux ; on éprouve encore son degré de catalepsie, on lui dispense la suggestion qu’exige son mal et on le réveille à temps. Après le réveil, ou bien il est amnésique, c’est-à-dire qu’il a été durant l’hypnose « somnambule », ou bien il conserve tous ses souvenirs et renseigne sur ses sensations au cours de l’hypnose. Il n’est pas rare qu’apparaisse sur ses traits un sourire, après qu’on lui ait fermé les yeux. Le médecin ne devrait pas -s’en fâcher ; cela signifie simplement, en règle générale, que l’hypnotisé est encore en mesure de porter lui-même un jugement sur son état et le trouve étrange, bizarre. Ou encore deuxième possibilité : il n’y a eu aucune influence ou seulement une influence minime, tandis que le médecin se comportait comme s’il était en présence d’une hypnose réussie. Que l’on se représente alors l’état psychique du patient. Au début des préparatifs, il a promis de rester calme, de ne plus parler, de ne manifester aucun signe d’approbation ou d’opposition ; il remarque maintenant que sur la base de ses assentiments il s’est laissé persuader qu’il était hypnotisé, il s’en irrite, se sent mai à l’aise de ne pouvoir extérioriser cela, redoute bien aussi que le médecin lui applique trop rapidement la suggestion parce qu’il le tient pour hypnotisé tandis qu’il ne l’est pas. Et l’expérience montre alors qu’il ne tient pas le pacte qu’on a conclu avec lui parce qu’il n’est pas vraiment hypnotisé. Il ouvre les yeux et la plupart du temps dit avec agacement : « Mais je ne dors pas du tout. » Le débutant donnerait maintenant l’hypnose pour perdue, mais celui qui a de la pratique ne perd pas contenance. Il réplique, sans être fâché le moins du monde, en lui fermant encore une fois les yeux : « Restez calme, vous avez promis de ne rien dire. Je sais bien que vous ne « dormez » pas. D’ailleurs ce n’est pas du tout ce qu’on vous demande. A quoi cela rimerait-il que je me contente de vous endormir ; mais vous ne me comprendriez pas quand je parle avec vous. Vous ne dormez pas, mais vous êtes hypnotisé, vous êtes sous mon influence ; ce que je vous dis, maintenant fera sur vous une impression particulière et vous sera utile. » Après ces éclaircissements, le malade habituellement se calme, on lui applique la suggestion, on se dispense provisoirement de rechercher les signes corporels de l’hypnose, et la plupart du temps on verra, après la répétition réitérée de cette soi-disant hypnose, surgir également quelques-uns des phénomènes somatiques qui caractérisent l’hypnose.

Dans de nombreux cas de cette espèce, on ne saura jamais si l’état qu’on a provoqué mérite le nom d’hypnose. Mais on aurait tort de vouloir limiter l’application de la suggestion à ces autres cas dans lesquels le patient devient somnambule ou sombre dans un profond degré d’hypnose. On peut dans de tels cas, qui, à vrai dire, n’ont de l’hypnose que l’apparence, obtenir les succès thérapeutiques les plus étonnants, auxquels par ailleurs on ne peut parvenir par la « suggestion à l’état de veille » Il faut donc bien, ici -encore, qu’il s’agisse d’une hypnose qui, à dire vrai, ne se voit assigner d’autre but que les effets obtenus en elle par la suggestion.

Mais si, après des essais répétés (trois à six), on n’obtient ni un présage de succès ni l’un des signes somatiques de l’hypnose, on ne poussera pas plus loin la tentative. Bernheim et d’autres ont distingué plusieurs degrés d’hypnose, dont la nomenclature est pour le praticien de peu de valeur.

Une seule chose est d’une importance déterminante, c’est que le malade soit devenu ou non somnambule, c’est-à-dire que l’état de conscience créé dans l’hypnose tranche si nettement avec l’état habituel qu’au réveil le souvenir de ce qui s’est produit pendant l’hypnose fait défaut. Dans ces cas, le médecin peut démentir, avec une grande fermeté, les douleurs ou autres symptômes existant dans la réalité, fermeté à laquelle il ne parvient habituellement pas s’il sait que le malade lui dira après quelques minutes : « Quand vous avez dit que je n’avais plus de douleurs, je les avais quand même et je les ai toujours. » L’effort de l’hypnotiseur tend à s’éviter de telles contradictions qui ne peuvent manquer d’ébranler son autorité. Il serait donc de la plus grande importance pour la thérapeutique d’être en possession d’un procédé qui permettrait de mettre quiconque en état de somnambulisme. Ce procédé n’existe malheureusement pas. Le défaut essentiel de la thérapeutique hypnotique c’est de n’être pas dosable. Le degré d’hypnose accessible ne dépend pas du procédé du médecin, mais de la réaction fortuite du patient. Il est également très difficile d’approfondir l’hypnose dans laquelle sombre un malade; mais cela se produit en général grâce à une fréquente répétition des séances.

Si l’on n’est pas satisfait de l’hypnose obtenue, on recherchera, lors des répétitions, d’autres méthodes qui, souvent, ont un effet plus fort ou dont l’effet se prolonge, alors que l’influence du procédé utilisé précédemment s’est affaiblie. Ces procédés sont les suivants : passer pendant cinq à dix minutes sans s’arrêter les deux mains sur le visage et le corps du patient, ce qui a un effet étonnamment apaisant et assoupissant, suggestionner pendant le passage d’un courant galvanique faible, qui fait naître une sensation gustative précise (l’anode en large bandeau sur le front, la cathode en bracelet au poignet), à l’occasion de quoi l’impression d’être enchaîné et la sensation galvanique concourent à l’hypnose de façon essentielle. On peut s’inventer à son gré des procédés analogues pour peu qu’on ne perde pas des yeux ce but : faire naître par association de pensées l’image de l’endormissement et fixer l’attention par une sensation invariable. La valeur curative propre à l’hypnose réside dans la suggestion que l’on applique au cours de celle-là. Cette suggestion consiste à dénier énergiquement les souffrances dont le malade s’est plaint ou à assurer qu’il pourrait faire quelque chose ou à lui ordonner de l’exécuter. On obtient un effet beaucoup plus puissant que la simple assurance ou la simple dénégation en reliant la guérison attendue à une action ou une intervention au cours de l’hypnose, par exemple : « Vous n’avez plus de douleurs à cet endroit, j’appuie dessus et la douleur est partie. » Passer les mains et appuyer sur la partie malade du corps au cours de l’hypnose est de toute façon un soutien remarquable de la suggestion verbale. On ne se dispensera pas non plus d’éclairer l’hypnotisé sur la nature de ses souffrances, de justifier à ses yeux l’arrêt de ses souffrances, etc. [NDLR : comme en Hypnose Humaniste !] car la plupart du temps on n’a pas devant soi un automate psychique, mais un être doué de critique et de jugement, sur lequel la situation présente nous permet seulement d’exercer plus d’influence que dans son état de veille. Lors d’une hypnose imparfaite, on évitera de laisser parler le patient; cette extériorisation motrice disperse le sentiment d’engourdissement que l’hypnose lui garantit et le réveille. Les personnes somnambules, on les laisse, sans s’inquiéter, parler, marcher, travailler, et l’on obtient l’influence psychique la plus étendue en -les interrogeant en cours d’hypnose sur leurs symptômes et l’origine de ceux-ci.

Par la suggestion, on requiert soit un effet immédiat, et ceci en particulier lors du traitement de paralysies, contractures et autres, soit un effet post-hypnotique, c’est-à-dire une action que l’on fixe à une heure déterminée après le réveil. Pour toutes les souffrances opiniâtres, on a grand avantage à intercaler une telle période d’attente (toute une nuit même) entre la suggestion et son accomplissement. L’observation des malades montre que les impressions psychiques ont, en règle générale, besoin d’un certain temps, temps d’incubation, pour provoquer une modification physique (cf. Névrose traumatique). On dispensera chaque suggestion isolée avec la plus grande fermeté, car chaque indice de doute sera remarqué par l’hypnotisé et exploité défavorablement; avant tout, on ne laissera aucune contestation se faire jour et l’on se référera, si l’on s’y croit autorisé, au pouvoir que l’on détient de faire naître catalepsie, contractures, anesthésie et autres.

On règlera la durée d’une hypnose en fonction des nécessités pratiques; une hypnose d’un temps assez long, allant jusqu’à plusieurs heures, n’est absolument pas défavorable au succès. Le réveil est déclenché par cet appel : « Ça va pour aujourd’hui » et autres formules. On ne négligera pas, lors des premières hypnoses, d’assurer qu’on se réveillera sans maux de tête, frais et dispos. Toutefois’, on peut observer que de nombreuses personnes se réveillent, même après des hypnoses légères, la tête lourde, et fatiguées, quand la durée de l’hypnose a été trop brève. Elles ont, pour ainsi dire, encore sommeil.

La profondeur de l’hypnose n’est pas dans chaque cas en rapport direct avec son succès. On peut, dans les hypnoses les plus légères, provoquer de grandes modifications et, par contre, éprouver un échec dans le somnambulisme. Si le succès souhaité n’intervient pas après un petit nombre d’hypnoses, un autre aspect fâcheux inhérent à cette méthode se manifeste. Tandis qu’aucun malade n’a le droit de s’impatienter lorsque la vingtième séance électrique ou la vingtième bouteille d’eau minérale n’a pas encore apporté de guérison, il est de fait que, lors d’un traitement hypnotique, médecin et patient se fatiguent beaucoup plus tôt, par suite du contraste entre les suggestions intentionnellement maintenues en rose et la grise réalité. Des malades intelligents peuvent, ici encore, rendre au médecin la tâche plus facile, dès qu’ils ont compris qu’au cours de l’application de la suggestion le médecin joue en quelque sorte un rôle, et qu’ils ont d’autant plus avantage à attendre que le médecin nie plus énergiquement la souffrance. Dans chaque traitement hypnotique poursuivi, il faut éviter soigneusement de se montrer monotone. Il faut que le médecin invente constamment une nouvelle amorce pour sa suggestion, une nouvelle preuve de sa puissance, une nouvelle variante de la procédure hypnotique. Cela représente pour lui, qui peut-être doute intérieurement du succès, une fatigue considérable et finalement épuisante.

Il ne fait aucun doute que le domaine de la thérapeutique par l’hypnose dépasse très largement celui des autres méthodes curatives des maladies nerveuses. Le reproche selon lequel l’hypnose n’est capable d’influencer que les symptômes et ceci seulement pour peu de temps, est également injustifié. Si la thérapeutique par l’hypnose s’attaque seulement aux symptômes et non aux processus morbides, elle suit justement la même voie que celle que sont forcées d’emprunter les autres thérapeutiques.

Si l’hypnose a eu du succès, le maintien de la guérison dépend des mêmes facteurs que ceux de toute guérison obtenue d’autre manière. S’il s’est agi des séquelles d’un processus éteint, la guérison sera durable; si les causes qui ont engendré les symptômes de la maladie continuent à agir avec une vigueur intacte, la récidive est vraisemblable. En aucun cas, l’utilisation de l’hypnose n’exclut celle d’une autre thérapeutique éventuelle, diététique, mécanique etc. Dans une série de cas où les manifestations de la maladie sont d’origine purement psychique, l’hypnose satisfait à toutes les exigences que l’on peut avoir à l’égard d’une thérapeutique causale, et en interrogeant et calmant le malade sous hypnose profonde on obtient la plupart du temps le plus brillant des succès.

Tout ce qui a été dit et écrit sur les grands dangers de l’hypnose est du domaine de la fable. Si l’on excepte l’emploi abusif de l’hypnose à des fins illicites, possibilité existant pour tout autre moyen thérapeutique efficace, il reste encore tout au plus à tenir compte de la tendance qu’ont des personnes gravement malades des nerfs, hypnotisées à plusieurs reprises, à tomber en hypnose également de façon spontanée. Le médecin est en mesure d’interdire aux malades ces hypnoses spontanées qui, cependant, ne devraient apparaître que chez des individus très réceptifs. Les personnes dont la réceptivité va si loin qu’elles peuvent être hypnotisées malgré elles, on les protège également d’une manière à peu près satisfaisante en leur suggérant que seul leur médecin est en état de les hypnotiser.

Sigmund Freud
1891

La peur, selon Mr Ramesh

La peur est le fléau, à l’origine des pires réactions instinctives humaines, tout autant que de nos blocages dans la vie…

Ses origines sont multiples, souvent liées à l’ignorance, le manque d’éducation. Mais voyons cela de manière plus pragmatique :

Petite vidéo amusante pour apprendre à « accepter et traverser » cette émotion, comme l’expliquerait Patricia d’Angeli.

Je suis en vie !… Je suis en vie !!!

FEAR