Quelle différence entre l’Hypnose Classique et la Nouvelle Hypnose ?

“Dans le premier cas, l’opérateur est supposé être le maître du jeu, alors que dans la Nouvelle Hypnose, il est clair que c’est le sujet qui mène les opérations, en fonctions bien entendu des propositions de l’opérateur” – Dr Jean Godin

L’Hypnose Classique (ou “Hypnose traditionnelle”) est la première forme historique d’utilisation de l’hypnose, depuis 1841. Elle est techniquement très simple mais ne propose aucun protocole de soin, tout comme en Hypnose Ericksonienne, d’ailleurs. Elle s’adresse donc à des thérapeutes professionnels qui vont booster leur thérapie grâce à l’état d’hypnose.
L’Hypnose Classique, bien que simple techniquement, sera plus difficile à utiliser pour les “apprenants thérapeutes”, qui auront besoin de protocoles pour savoir quoi faire dans tel ou tel cas, et éventuellement de guides (scripts) pour développer leur langage thérapeutique et comprendre la manière d’aider quelqu’un avec les mots…
Il n’y a rien de tout cela en Hypnose Classique, pas plus qu’en Hypnose Ericksonienne – où il n’existe aucun protocole ou guide thérapeutique.

Comme toutes formes d’Hypnose dissociante, l’Hypnose Classique cherche à écarter l’esprit conscient afin d’atteindre l’Inconscient. C’est encore plus marqué en Hypnose Ericksonienne, où s’ajoutent les techniques de confusion, d’imprévisibilité, etc. (qui n’existent pas en Hypnose Classique). Et c’est aussi présent, mais d’une manière différente, plus douce, en Nouvelle Hypnose.

Également, l’Hypnose Classique (tout comme l’Hypnose Ericksonienne et la Nouvelle Hypnose) ne favorise pas vraiment l’autonomisation de le personne, puisque tout le “pouvoir” est dans les mots de l’hypnothérapeute, soit par sa technique de langage (suggestions, métaphores, en Hypnose traditionnelle et Nouvelle Hypnose), soit par ses ruses psychologiques (évocation, création de réactions psychologiques, etc. en Hypnose Ericksonienne).
En effet, le patient ne devrait pas être en mesure de savoir “ce qu’on lui aura fait” (si c’est bien fait), ni pourquoi, durant la séance thérapeutique – ceci afin que les techniques destinées à agir sur l’Inconscient reste bien à ce niveau (inconscient, donc).
D’un côté, le patient ne pourrait donc pas “casser” la séance, après coup, en la décortiquant (mental, oui mais, etc.)… ce qui est très bien… Mais, du coup, il ne pourrait pas non plus la reproduire lui-même plus tard, si besoin. D’autant plus que les techniques utilisées sont difficiles et demandent à l’hypnothérapeute éricksonien un long apprentissage.

A noter que c’est totalement différent en Hypnose Humaniste, où le changement ne tient pas à un langage technique (pas de suggestions cachées ou autre, en HH) et où la personne a agi par elle-même, sur elle-même (le thérapeute ne “fait” rien à la personne), donc celle-ci sait parfaitement ce qu’elle a fait et comment, donc elle pourrait le reproduire chez elle. C’est cela que l’on nomme “autonomie”.

En tant qu’hypnothérapeute, dans les formes d’Hypnose dissociantes (donc toutes sauf l’Hypnose Humaniste), on pratique en permanence des techniques issues de l’Hypnose Classique, ne serait-ce que les suggestions, base du langage hypnotique. Lorsqu’on lit les démonstrations d’hypnose de Milton Erickson, on voit très bien qu’il utilisait 90% d’Hypnose Classique, même à la fin de ses jours, quand il a développé son approche stratégique (qui l’a fait connaître)… On peut même marier “Classique” et “Ericksonienne” : ce que l’on appelle de “l’Hypnose semi-traditionnelle” (selon André Weitzenhoffer, conseiller et ami d’Erickson). Il est donc idiot de rejeter l’Hypnose Classique quand on est hypnothérapeute, puisqu’elle est à la base de notre pratique.

La Nouvelle Hypnose, déjà dans son appellation qui est un clin d’œil à la “Nouvelle Ecole” de Bernheim, s’appuie officiellement sur les bases de l’Hypnose Classique, qu’elle enrichie (au niveau technique) et modernise (dans l’esprit). Elle reprend aussi forcément certaines des techniques de l’Hypnose Ericksonienne, puisqu’on en sait l’efficacité, mais de manière là aussi adoucie et techniquement améliorée.
Ainsi, l’aspect de la pratique d’Erickson que Jay Haley décrivait comme “brutal” est mis de côté (peu ou pas de confusion, pas de prescriptions de tâches difficiles, etc.). Araoz, créateur de la Nouvelle Hypnose, dit que “l’on doit beaucoup à l’Hypnose d’Erickson, mais nous ne sommes pas éricksoniens”. Il s’agit donc bien d’une approche à part.

La Nouvelle Hypnose n’en reste pas moins tout aussi “indirecte” et “permissive” que l’Hypnose Ericksonienne – entendez par-là que l’hypnothérapeute ne donne jamais de suggestions directes (quand il s’agit de s’adresser à l’Inconscient) mais évoque des directions possibles à la personne (métaphores, allusions), qui a alors l’impression de choisir elle-même ses solutions de changement : en fait, elles sont suggérées par le thérapeute, qui est tout de même là pour guider le changement (cf. la citation du Dr Godin qui débute cet article).

Il est intéressant de noter que l’on peut facilement refuser une suggestion directe, même si elle était donnée sur un ton persuasif ou autoritaire, car on reste conscient du message, de la suggestion directe, donc on peut la bloquer.
Par contre, une suggestion indirecte sera suivie inconsciemment, puisqu’elle n’est pas perçue consciemment et qu’il est par conséquence difficile ou impossible de la contrer.

La forme d’hypnose la plus “manipulatrice” (au sens thérapeutique, bien sûr) n’est donc pas celle que l’on croit !
L’Hypnose Classique a mauvaise réputation, chez les novices et même beaucoup de professionnels, par manque de connaissance (ou de conscience, car les “pros” s’en servent et devraient le savoir), alors que ses techniques sont faciles à bloquer par tout un chacun… Ce qui a été à l’origine de la recherche de “suggestions cachées”, “indirectes”, “subliminales”, pour éviter ces blocages… Ce qui a donné naissance aux techniques de l’Hypnose Ericksonienne.

L’Hypnose Classique, l’Hypnose Ericksonienne et la Nouvelle Hypnose sont des voies de pratique différentes de l’Hypnose, sur une base commune. C’est surtout le niveau de connaissance psychologique du praticien qui déterminera leur choix :

  • L’Hypnose Classique (traditionnelle) est techniquement simple mais elle demande à être déjà “thérapeute” (médecin, psychologue, thérapeute professionnel) car elle ne fournit pas d’aide pour comprendre la structure des symptômes et donc comment les traiter. Elle est très souvent confondue avec l’Hypnose de spectacle, avec laquelle elle n’a pourtant rien en commun, ni d’un point de vue technique, ni bien sûr dans son application. Elle était autoritaire au XIXème siècle, car c’était ainsi qu’un médecin s’adressait à ses patients, mais on ne la pratique plus ainsi de nos jours. Et elle dispose de la base technique qui soutient les autres approches de l’Hypnose.
  • L’Hypnose Ericksonienne (donc hors approche stratégique, qui était l’essentiel de la pratique d’Erickson) était à 90% de l’Hypnose Classique habituelle très bien pratiquée, par un très bon thérapeute, fin connaisseur de la psyché et de la psychopathologie. On retiendra, pour l’Hypnose seulement, quelques techniques spécifiques à Erickson (confusion, approche naturaliste, stratégique). Aujourd’hui, on appelle souvent improprement “Hypnose Ericksonienne” la pratique de la “Nouvelle Hypnose” (ci-après), donc les idées et principes d’Erickson assemblés aux techniques modernes d’Hypnose adoucies et structurées.
  • La Nouvelle Hypnose est beaucoup plus technique que les précédentes, elle dispose d’un langage très structuré, subtil et activateur, et surtout de nombreux protocoles de soin (chose inconnue en HC et HE), destinés à des problématiques courantes, ce qui facilite son utilisation aux hypnothérapeutes débutants. L’accompagnement hypnotique est toutefois toujours intuitif, comme en Hypnose Classique, dans l’adaptation des techniques à la personne. Et comme l’Hypnose Ericksonienne, naturaliste, elle s’appuie sur les particularités de chacun et laisse les bénéfices du changement au patient (approche permissive). Son champ d’application est potentiellement illimité, dans le domaine de la psychologie. C’est la forme d’Hypnose utilisée généralement en thérapie aujourd’hui.

En conclusion, les deux pratiques utilisent l’état modifié de conscience appelé “hypnose” avec, comme vous l’avez compris, une base commune et des techniques en parties différentes.

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Quelle différence entre Hypnose Ericksonienne et Nouvelle Hypnose ?

L’Hypnose Ericksonienne est l’Hypnose telle que la pratiquait en thérapie le psychiatre américain Milton Erickson à partir de 1949-1950, c’est-à-dire après l’aggravation de sa maladie, qui l’a empêché de continuer l’Hypnose telle qu’il la pratiquait pendant les trente années précédentes (environ 1921 à 1949).
C’est pour cela qu’aux USA, on dit que l’on pratique “l’hypnose du vieil Erickson” quand on fait de l’Hypnose Ericksonienne. Avant 1949, c’était simplement de l’Hypnose Classique, très bien pratiquée, mais sans apport technique nouveau. Après 1950, Erickson devint “artfully vague” : il pratiquait de manière rusée, stratégique, sans qu’on puisse dire vraiment ce qu’il comptait faire (confusion, imprévisibilité, sous-entendus, etc.). C’est ce côté stratégique et utilisationnel que l’on a baptisé “ericksonien” et qui a donne l’Hypnose Ericksonienne.

Il faut savoir que l’Hypnose pure ne présente que dans 16% des thérapies d’Erickson, selon l’étude de ses cas (cf.  le livre “Thérapie hors du commun” de O’Hanlon). La pratique thérapeutique d’Erickson était surtout stratégique, ce qui incluait des manières de faire que l’on jugerait aujourd’hui “dures” (prescriptions de tâches, amnésies, suggestions post-hypnotiques, etc.).
Jay Haley, l’homme qui fit connaître Erickson en 1973, le trouvait déjà, à l’époque, “brutal”… Mais ces choses difficiles n’avaient rien à voir avec l’Hypnose. On peut donc pratiquer l’Hypnose Ericksonienne sans être partisan de son approche stratégique (bien qu’elle ait encore quelques rares fans, des thérapeutes qui ne pratiquent qu’ainsi !).

La Nouvelle Hypnose est une approche à part entière de l’hypnose, appuyée sur les bases de l’Hypnose Classique (comme toutes formes d’hypnose dissociante), enrichies, améliorées et modernisées. Elle inclut certaines techniques de langage hypnotique issues d’Erickson, là aussi adoucies et techniquement améliorées, mais pas au point d’en devenir “éricksoniennes”.
Araoz, le fondateur de la Nouvelle Hypnose en 1979, déclare dans son livre que l’Hypnothérapie doit beaucoup à Erickson, mais qu’en Nouvelle Hypnose, même si on utilise certaines techniques ou idées d’Erickson, “on n’est pas éricksoniens”. Qu’on se le dise 😉

Par exemple , la Nouvelle Hypnose n’inclut pas les suggestions post-hypnotiques dirigistes d’Erickson (pousser quelqu’un à faire quelque chose, sans qu’il le sache, après la séance, comme s’il avait décidé de faire cela par lui-même), les amnésies (faire oublier la séance à la personne) ou bien encore les prescriptions de tâches (ordonner l’exécution de certaines tâches difficiles à la personne, entre deux séances)…

De plus, la Nouvelle Hypnose francophone est très riche techniquement (langage, métaphores, subtilités) et elle est adaptée à notre époque : développement du langage et des protocoles par Olivier Lockert, dans les années 90 (eh ! c’est moi, ça ! 😀 ) – ce que l’on retrouve aujourd’hui dans pratiquement toutes les écoles francophones d’Hypnose.

Le terme de “Nouvelle Hypnose” désigne donc actuellement la pratique des hypnothérapeutes modernes – même lorsqu’ils continuent d’utiliser le terme “Hypnose Ericksonienne”, pour raisons commerciales.

En Nouvelle Hypnose, les techniques thérapeutiques ont fortement évolué. La plupart de ce que faisait Milton Erickson de son temps (dans les années 50-60 !) ne fonctionnerait plus aujourd’hui. Les gens ne réagissent plus de la même manière face à un médecin ou à un thérapeute ; ils ne font plus “tout ce qu’on leur demande” sans savoir pourquoi. Ils n’accepteraient plus non plus “certaines manières de faire”, aujourd’hui très déplacées (c’est le moins qu’on puisse dire !)…
Les hypnothérapeutes américains, bien que très respectueux et admiratifs du travail d’Erickson, font couramment remarquer qu’à l’heure actuelle Milton Erickson n’aurait pas le niveau pour obtenir son diplôme de “Praticien en Hypnose” ! Les choses ont évolué, c’est normal.

Nous en savons maintenant beaucoup plus qu’il y a 50 ou 60 ans… et heureusement. La pratique se complexifie et on peut aujourd’hui facilement soigner des choses que Milton Erickson lui-même n’a jamais réussi à traiter : par exemple, tout ce qui concerne la psychothérapie, qu’Erickson détestait.
La Nouvelle Hypnose – et encore plus l’Hypnose Humaniste – est bien plus vaste que ce que pratiquait Erickson : l’esprit n’est plus du tout le même, ne serait que parce que l’on prend désormais en compte des besoins émotionnels, en plus du soin purement thérapeutique. En tant que médecin psychiatre, Erickson ne s’occupait que de thérapie, donc de troubles somme toute assez “mécaniques” (compulsions, addictions, phobies, sommeil, etc.). Rien de profond ou psychologique, au sens émotionnel ou éducatif (blessures dans l’histoire de vie de la personne).

Par contre, les inductions hypnotiques d’Erickson étaient bien plus stratégiques (artfully, disent les américains : astucieuses, rusées) que ce que les hypnothérapeutes (soi-disant) “éricksoniens” font à l’heure actuelle…
Les techniques d’Erickson étaient aussi insidieuses : elles utilisaient beaucoup les réactions instinctives de la personne et semblaient “magiques” ! Car Erickson était un fin connaisseur de la condition humaine et des réactions psychiques des gens, et il savait s’en servir – à leur avantage, bien sûr.

Aujourd’hui, l’Hypnose Humaniste dépasse ce niveau “mécanique”, car on ne parle plus ici de complexité technique, mais de profondeur émotionnelle. On arrive à créer un état d’hypnose qui aide la personne à atteindre un “état de conscience augmentée”, lui permettant d’abord de prendre conscience de la source de ses soucis (ce qui était auparavant inconscient)… puis de les régler elle-même, guidée par l’hypnothérapeute – ce dernier n’intervenant jamais lui-même “sur” la personne, contrairement aux autres formes d’hypnose.

Et puis, Milton Erickson pratiquait plus souvent ce que l’on appelle la “thérapie stratégique” et la “communication éricksonienne”, pour 80% des cas tout de même : donc des thérapies sans hypnose ! C’est ce qui l’a fait connaître et qui a modifié la façon de pratiquer la thérapie, à son époque… Cela fait bien sûr aussi partie des formations professionnelles en Hypnose Ericksonienne de l’IFHE, ne serait-ce que pour le côté historique.

Enfin, Milton Erickson avait tout un “savoir-être” qui faisait de lui un thérapeute hors du commun. Ce que vous découvrirez en formation et qui, en soi, est le meilleur “outil” thérapeutique :

“On n’a pas suffisamment insisté, dans la littérature publiée
à propos d’Erickson, sur ses qualités humaines,
mais elles constituaient une part très importante de sa méthode de thérapie,
et aussi une des raisons principales de sa réussite”
– Jeffrey Zeig

C’est ce qu’ont retenu les praticiens de la Nouvelle Hypnose, qui misent beaucoup sur ce savoir-être et tout ce que cela apporte.

~oOo~

En conclusion, les praticiens de la Nouvelle Hypnose accompagnent leurs patients avec certains des outils et techniques d’Erickson, mais d’une manière plus vaste, modernisée et adoucie, d’une façon que lui-même n’a jamais utilisé (et donc que l’on ne retrouve pas dans les livres d’Erickson) : beaucoup plus technique, plus symbolique, métaphorique, tenant compte des émotions, parfois aussi orientée sur le Développement Personnel ou l’Évolution Humaine. Bref, tout ce que recherchent actuellement les personnes en thérapie.

Milton Erickson pensait que le summum du bonheur était “d’être marié, d’avoir une bonne santé, quatre enfants et un bon métier“… Bien !… Même en acceptant cette base (pour les 4 enfants, il faut voir !), de nos jours les choses ont changé : on veut aussi être “bien dans sa vie”, avoir de saines relations sociales, être heureux en couple, avoir un métier agréable et utile, etc.

Richard Bandler et John Grinder furent les pionniers avec la PNL du développement des techniques de langage éricksonien (1975). Daniel Araoz, sexothérapeute américain donna naissance à la “Nouvelle Hypnose” (1979), dans un élan et un horizon bien plus ouvert que celui des années 1940, ce qui est normal.
Ensuite, Olivier Lockert développa dans les années 1990 les structures thérapeutiques et les techniques sophistiquées de langage que l’on retrouve aujourd’hui utilisées par pratiquement tous les hypnothérapeutes francophones (lisez l’article sur “La Nouvelle Hypnose“).
Tout évolue…

La Nouvelle Hypnose, c’est de la PNL ?

La PNL (en tant que pratique d’aide à la personne) a incorporé assez tôt les outils de l’Hypnose Ericksonienne, bien que beaucoup de praticiens PNL soient restés, même de nos jours, à une approche “cerveau gauche”, mécanique.
Ainsi, la plupart des pnlistes ont reçu durant leur formation les bases du langage éricksoniens et quelques inductions simples, mais peu pratiquent ensuite l’hypnose, car il leur manquerait trop de choses pour le faire correctement.

Cela permettrait pourtant d’assembler la PNL et l’Hypnose – ce que certains enseignants PNL montrent, parfois sans le savoir ou sans le préciser, lors des démonstrations. En France, le mot “hypnose” reste encore souvent tabou : un célèbre institut de PNL a très longtemps raconté à ses élèves qu’Erickson faisait “de la relaxation” et qu’il avait créé “la société américaine de relaxation” !!!! Alors qu’il s’agit bien sûr de la Société Américaine d’Hypnose Clinique…

Historiquement, Erickson a été l’un des trois modèles à l’origine de la PNL et Milton Erickson est encore, à l’heure actuelle, le modèle favori de pnlistes renommés comme Richard Bandler, créateur de la PNL, Robert Dilts, spécialisé en stratégies et techniques d’entreprise, ou le couple Andreas. D’ailleurs, il existe quantité de livres PNL sur Milton Erickson et… aucun sur les autres modèles de la PNL (Fritz Perls, Virginia Satir).

Donc, l’Hypnose Ericksonienne a participé à donner naissance à la PNL – et non l’inverse.
Par conséquent, c’est depuis le début de votre apprentissage que leur intégration respective peut se réaliser. Ce qui est le cas au travers des formations de l’IFHE. Et il est d’ailleurs remarquable de noter que “la technique PNL est souvent inefficace lorsque employée sans son substrat originel : la transe hypnotique” (Richard Bandler). Ce qui n’est malheureusement que rarement appliqué en France…

La Programmation Neuro-Linguistique va donner à l’apprenti hypnothérapeute éricksonien des notions de base qui lui permettront d’accélérer sa formation et de pratiquer efficacement plus tôt.
Réciproquement, l’Hypnose Ericksonienne et surtout la Nouvelle Hypnose, plus récente, vont apporter de la profondeur psychologique aux structures simples et quelque peu mécaniques de la PNL.

Donc : non, la Nouvelle Hypnose n’est pas “de la PNL faite en hypnose”. Elle peut en inclure des éléments, mais elle ne saurait se résoudre à seulement “de la PNL” : il manquerait toute la dimension “thérapie” et les bénéfices apporté par l’utilisation des “états modifiés de conscience”.

Les formations de l’IFHE intègrent (entre autres) tout à la fois l’esprit premier de Milton Erickson et celui des pionniers de la PNL : leurs philosophies, techniques et aspects les plus fondamentaux. Cela ne s’arrête pas là, car en formation d’Hypnose Ericksonienne, vous apprendrez aussi les techniques complémentaires de l’Hypnose Classique, ainsi que techniques avancées et les protocoles de la Nouvelle Hypnose.

UNE PNL NEW CODE ?

Par ailleurs, John Grinder et Judith DeLozier ont créé en 1981 ce qu’ils appellent la “PNL New Code”, avec Robert Dilts, sur la base des travaux de Gregory Bateson et de Carlos Castaneda.
C’est une manière de pratiquer la PNL moins intellectuelle, moins mécanique, plus sensorielle (corps, émotions), qui tient compte de l’importance de l’Inconscient et qui utilise les états modifiés de conscience… En fait, une PNL qui se rapproche de ce que l’on fait en Hypnose aujourd’hui, en Nouvelle Hypnose justement !

A l’IFHE, cette fameuse “PNL New Code” est bien évidemment celle que nous enseignons, depuis 1995.
Donc, si vous vous demandez si les formations IFHE sont “à jour”, à propos de cette (soi-disant) “nouvelle forme de PNL” – seulement nouvelle en France, car John Grinder ne l’enseigne que depuis quelques années en France, avec sa compagne Carmen Bostic St-Clair, et les français la découvrent juste (sauf les élèves IFHE !) : soyez donc rassuré, si les idées de cette “PNL New Code” vous plaisent, c’est bien ce que vous apprendrez en formation !
– Lire aussi l’article “PNL New Code“.

Et si vous voulez élargir cette façon de travailler, vous pouvez compléter votre cursus IFHE par un séminaire avec John Grinder et sa compagne, qui viennent régulièrement en France.
Cette démarche vaut d’ailleurs également pour toutes les formations : il est toujours bénéfique de multiplier les rencontres, avec différents enseignants, en plus de votre formation professionnelle complète à l’IFHE, afin d’enrichir votre culture et votre pratique, et pouvoir aussi comparer et apprécier le haut-niveau de votre formation IFHE.

A lire en complément :
Quel rapport entre la PNL et la Nouvelle Hypnose ?

Et quel rapport y a-t-il entre la PNL et la Nouvelle Hypnose ?

L’Hypnose Ericksonienne, tout comme son aînée l’Hypnose Classique, est une approche globalement “intuitive”. Milton Erickson avait coutume de dire aux étudiants désireux de suivre son chemin : “Faites confiance à votre Inconscient“…

C’est la raison pour laquelle on disait que “Nul ne devrait pratiquer l’Hypnose à visée thérapeutique s’il n’est pas déjà thérapeute” : car ces approches (classique ou éricksonienne) n’offrent aucun protocole tout fait pour guider l’apprenti-thérapeute. Il appartient au praticien d’avoir déjà une bonne compréhension de la psychologie et de la psychogénèse des troubles de ses patients.

C’est ainsi que Richard Bandler, co-créateur de la Programmation Neuro-Linguistique (PNL) a ajouté, à la suite du mot d’Erickson : “Oui, mais un Inconscient qui a beaucoup travaillé !

Tout est là.
Les approches “classique” et “éricksonienne” ne sont pas directement destinées aux hypnothérapeutes débutants, à qui il faut des “guides de pratique”, des protocoles pour aider à leurs premiers pas. Si vous êtes thérapeute, vous savez ce qu’il faudrait faire à votre patient pour l’aider, mais vous manquez d’outils… L’Hypnose vous apporte l’outil.
Mais si vous êtes vraiment débutant et qu’il vous faut apprendre l’outil, mais aussi quoi faire, et quand, dans quelle situation… bref, le métier de thérapeute en plus… là, les protocoles simples de la PNL seront vraiment aidants, le temps de votre apprentissage (ensuite, avec l’expérience, vous saurez créer vos propres accompagnements).

Les travaux de John Grinder et Richard Bandler ont contribué à réunir des protocoles simplifiés. Ils n’ont pas inventé ces protocoles, mais ils les ont réuni, dans une “boite à outils” bien pratique. Les “ancrages” venant de Pavlov, par exemple, les régressions de Pierre Janet, les mouvements oculaires de La Garanderie, etc.

C’est pratique d’avoir un panel de techniques de base réunies au même endroit. Cela permet aux apprentis-thérapeutes de se lancer plus facilement, et aussi d’expliciter certains aspects de l’approche éricksonienne, surtout au niveau du langage d’Erickson : donc à rendre sa pratique plus facilement assimilable.

Les découvertes de la PNL, petite-fille de l’Hypnose d’Erickson, sont ainsi précieuses aux débutants en Hypnose.

Milton Erickson disait de la PNL qu’elle est : “une délicieuse simplification de l’infinie complexité du langage que j’utilise avec mes patients… sans le savoir !” (livre “Structure de  la Magie”, postface, volume 1).
La PNL offre des astuces simples que les meilleurs communicateurs, et thérapeutes, dont Erickson, utilisent intuitivement. Cela permet de gagner du temps d’apprentissage.

De son côté, et bien qu’encore aussi beaucoup intuitive et dans l’improvisation, pour adapter chaque séance à la personne, la Nouvelle Hypnose utilise certaines techniques éricksoniennes (donc surtout au niveau du langage) et les modernise (plus douces), et améliore (plus techniques), puis les assorti de certaines structures thérapeutiques PNL adaptées à l’hypnothérapie (par mes soins, dans les années 90, cf. le livre “Hypnose” dans lequel ces protocoles, utilisés désormais par tous, apparaissent en premier).

La PNL est issue à 80% de la modélisation de Milton Erickson. Si on avait modélisé un bon pianiste, on aurait été meilleur au piano… Si on modélise un tennisman, on sera meilleur en tennis… Donc, si on modélise un hypnothérapeute, que croyez-vous que l’on fasse ensuite ?… De l’Hypnose, bien sûr !
Donc, la PNL permet ainsi une sorte d’Hypnose structurée, plus facile à apprendre.

“Hypnose” et “PNL” sont deux pratiques complémentaires lorsqu’on apprend à pratiquer, bien que les structures PNL ne représentent qu’une partie de la pratique complète de la Nouvelle Hypnose – et elles n’existent pas du tout en Hypnose Ericksonienne pure, celle qu’Erickson pratiquait, qui est seulement intuitive (Erickson refusait d’utiliser des protocoles – ce qui se comprend, mais qui n’aide pas lorsqu’on débute).

En résumé, un “éricksonien” aura intérêt dans la PNL, afin d’accélérer sa maturation technique mais s’il choisit d’appliquer aussi les structures thérapeutiques (issues de la PNL ou d’ailleurs), on dira plutôt qu’il pratique la “Nouvelle Hypnose” et non plus l’Hypnose purement “Ericksonienne”.

Et un PNListe aura grandement intérêt dans l’Hypnose Ericksonienne afin de retrouver la source de sa pratique : Milton Erickson, et enrichir ainsi considérablement ses résultats !

  • La PNL vous aidera à acquérir la structure, le squelette.
  • L’Hypnose Ericksonienne et la Nouvelle Hypnose vous apporteront les muscles d’un athlète !

Ainsi que le disait un de nos étudiants en hypnose : 

“La PNL est la théorie, la Nouvelle Hypnose est l’application !”

A lire aussi :
La Nouvelle Hypnose, c’est de la PNL ?

Qu’entendez-vous par “Hypnose Humaniste” ?

L’Hypnose Humaniste est une des 4 formes d’Hypnose existantes. C’est la plus récente. Elle est née en France à partir de 1986 et est vraiment formalisée et enseignée depuis 2000.
Elle est enseignée dans de nombreuses écoles, en France et dans le monde : Belgique, Luxembourg, Espagne, Maroc, Algérie, Ukraine, Russie, Canada, Chine, Turquie, Vietnam, etc.

Elle fait partie des approches dites “transpersonnelles” – en ce sens que son niveau d’intervention prend en compte la personne et le système dans lequel elle vit, donc “elle et plus que elle” (famille, couple, travail, société, nature, etc.).
C’est aussi une thérapie “existentielle“, puisqu’elle propose aussi une manière de voir la vie (ce que l’on appelle “une cosmologie”) que le patient n’a pas à connaître (ni à accepter), mais qui guide la compréhension, et donc la pratique, de l’hypnothérapeute humaniste.

L’Hypnose Humaniste a la particularité d’amener la personne à sa Conscience majuscule afin de traiter l’Inconscient sans faire perdre conscience à la personne. On parle d’Etat de Conscience Augmentée. Sa différence est à la fois dans sa technique hypnotique particulière (inversée, afin de stimuler davantage de “conscience” chez la personne, plutôt que de tout faire pour l’endormir) et dans les principes, idées et présupposés qui guident l’intervention thérapeutique.

– Pour l’hypnothérapeute, l’Hypnose Humaniste propose une technique nouvelle, portée par une compréhension holistique de la vie et du changement (voyez le livre “Hypnose Humaniste” et les romans “Créateurs de Réalité“). L’hypnothérapeute n’est plus dans le contrôle de l’autre. Il n’est qu’un guide, un pédagogue. Les anciens hypnothérapeutes, habitués à agir eux-mêmes sur la personne, n’apprécient pas forcément cette position neutre, en retrait.

– Pour le patient, c’est une forme d’hypnothérapie comme les autres (il ne saurait faire la différence avec les autres formes d’hypnose que s’il y a été lui-même formé). L’état d’hypnose est le même et permet de produire les mêmes phénomènes – sauf que c’est la personne qui provoquera chaque chose en elle, par elle-même, en conscience, seulement guidée par l’hypnothérapeute.
Ce dernier ne parlera jamais au patient des idées qui guident sa pratique de l’Hypnose Humaniste (sauf si on lui demande, bien sûr). Il n’est donc pas nécessaire d’être humaniste soi-même pour bénéficier de l’Hypnose Humaniste ! Les idées et principes humanistes ne servent qu’au thérapeute, pour comprendre et adapter son intervention d’aide. Toutes les situations et les problèmes abordés habituellement en thérapie peuvent ainsi l’être en Hypnose Humaniste.

Par ses particularités, elle présente des avantages uniques :
. Aucune perte de conscience
. La personne garde le contrôle, bien qu’elle soit en transe.
. Grâce à cela, elle peut agir sur ses mécanismes inconscients, guidée par le thérapeute.
. Elle n’est plus tributaire des compétences techniques du thérapeute (c’est elle qui agit).
. Aucun risque de manipulation (même non-intentionnelle).
. La vie privée est préservée (travail symbolique), ce qui est parfait en coaching (entreprises).
. Le travail est simple et profond (grâce aux symboles, justement).
Etc.

De plus, par ses techniques inspirées de la pratique de Jung et de la Psychologie des profondeurs, l’Hypnose Humaniste permet en plus de prendre en charge des souffrances émotionnelles, existentielles, liées à l’enfance, l’éducation, les relations humaines et/ou de couple qui dépassent le cadre de ce qu’il est possible de traiter en Hypnose Ericksonienne ou en Nouvelle Hypnose. C’est la facette “psychothérapie” active de l’Hypnose Humaniste.

Pour permettre une action thérapeutique et de coaching des plus efficaces, l’Hypnose Humaniste s’appuie également sur les dernières découvertes de la Physique, de la Psycho-Neuro-Immunologie et des Neurosciences – pour les aspects humains qui nous concernent.

Enfin, comme l’Hypnose Humaniste permet à la personne d’être à la fois en état modifié de conscience ET consciente de ce qui se passe, elle a pour ainsi dire “le beurre et l’argent du beurre”, les bénéfices de l’Hypnose sans les inconvénients (pas besoin de faire confiance au thérapeute, de se laisser aller, pas de manipulation, etc.), elle est ainsi très appréciée du monde de l’entreprise, où elle est de plus en plus utilisée pour le coaching.

En résumé, l’Hypnose Humaniste est une forme d’hypnose adaptée à notre monde et notre pensée modernes. Elle permet de “faire de l’hypnose” sans aucune prise de contrôle du thérapeute sur la personne, pas besoin de savoir “lâcher prise”, pas de perte de conscience (bien au contraire), etc. Et elle prend en compte les nouvelles données humaines, émotionnelles, relationnelles, systémiques, humanitaires, écologiques et même spirituelles si importantes de nos jours. Elle possède un modèle psychologique propre, assez proche de l’Analyse Jungienne.

Pour plus de renseignements ou trouver un thérapeute humaniste, consultez le site de l’Hypnose Humaniste.

A lire :
– “L’Hypnose Humaniste pour les Nuls“, pour débuter, First
– “Auto-hypnose Humaniste pour débutants“, IFHE Editions
– “L’Hypnose Humaniste“, niveau moyen, Courrier du Livre
– “Hypnose Humaniste“, cours avancé, IFHE Editions
– “Psychothérapie“, pour le travail symbolique profond, IFHE Editions

Est-il utile d’avoir d’autres outils que l’Hypnose ?

Prenez l’exemple de thérapeutes célèbres : que faisaient Freud ? Jung ? Fritz Perls ? Milton Erickson ? Entre autres grands thérapeutes… Multipliaient-ils les techniques ? N’avaient-ils pas des résultats suffisants avec leur seule approche ?

Ce n’est pas le nombre de techniques qui fait le thérapeute mais son savoir-être, son humanité, sa sensibilité, son intuition et son assurance à maîtriser ses outils.

Multiplier les techniques par manque de compétence initiale est un piège : “Je ne me sens pas à l’aise, je ne maîtrise pas assez l’hypnose, donc je me forme en thérapie systémique” (par exemple).
Mais comme cela n’améliore pas mes résultats (et pour cause, c’est compliqué et la personne ne maîtrise pas mieux la seconde approche que la première !), alors je me forme en plus à la thérapie familiale (par exemple aussi)… Mais cela ne change toujours rien, ou si peu…
Alors, je me mets à la thérapie énergétique, on ne sait jamais, là c’est facile (rien à faire, rien à apprendre), etc. Mais cela ne change toujours rien, et pour cause : car le souci c’est la compétence initiale !

Il y a deux niveaux à maîtriser en thérapie : la thérapie elle-même (comprendre les gens, d’où viennent leurs symptômes, comment ils se maintiennent, etc.) et un outil d’intervention efficace (dans notre cas, c’est l’Hypnose).
Si j’ai la “thérapie” mais pas “l’outil”, je n’ai que ma bonne volonté pour aider mes patients… Mais si j’ai un “outil” dont je ne sais pas quoi faire, faute de compréhension psychologique de la situation, ce n’est pas mieux !

Donc, si vous savez ce que vous faites (psychologie, thérapie) et que vous maîtrisez un outil (hypnose, en l’occurrence), vous n’aurez jamais besoin d’autre chose.

De plus, l’Hypnose est la grand-mère de pratiquement toutes les formes de thérapie. Ce n’est pas un monde, c’est un univers !! Vous pourrez pratiquer comme vous le voudrez, sur les sujets qui vous intéressent, toujours en restant en Hypnose. C’est immense, il y a de multiples variantes !… Vous pourriez consacrer votre vie à la seule approche hypnotique sans jamais en faire le tour ! Rassurez-vous, vous ne vous ennuierez jamais.

Ainsi, pour nous, à l’IFHE, un seul outil : l’Hypnose !

“L’excellence est le fruit d’un engagement passionné dans une seule et unique perspective.
Afin d’exceller vraiment en toute chose, il faut rester identifié à sa propre perspective et s’y tenir.
C’est là une façon importante d’apprendre et de progresser.”
Robert Dilts

Est-ce que l’Hypnose soigne vraiment ?

Auriez-vous peur que les symptômes réapparaissent sous une autre forme ?
Vous pensez alors à la “substitution de symptôme“. Il s’agit d’un terme psychologique qui présume que lorsqu’une causse psychologique profonde n’a pas été prise en compte, sa résurgence “en surface” (le “symptôme”, toujours psychologique, donc) pourrait persister mais sous une autre forme.

C’est quelque chose qui pourrait donc bien arriver si on ne tient pas compte de la cause profonde psychologique durant la thérapie (ce qui n’est pas le cas dans les protocoles thérapeutiques en Hypnose), car l’expression du symptôme (psychologique) premier aura été simplement “étouffé” ou “chassé” sans que l’on prenne garde à en traiter l’origine : la cause (psychologique).

Nota : le terme “symptôme” pourrait être mal compris (plus ou moins volontairement) par “certaines personnes” qui pourraient estimer que l’on parle de symptômes physiques (médicaux), ce qui n’est nullement le cas en psychothérapie, bien sûr. D’où la répétition volontaire du terme “psychologique”, ci-dessus, afin de bien confirmer le domaine d’intervention de l’hypnothérapie 😉

Si un trouble psychologique survient, ce n’est pas pour rien : une partie de vous a quelque chose à dire. Il y a “quelque chose” qui coince, qui ne va pas correctement… Si vous l’empêchez de s’exprimer, en traitant l’effet et non la cause, le symptôme (psychologique) et non ce qui crée le symptôme, alors il est logique que le corps et l’esprit trouvent une meilleure manière de vous faire passer le message ! Même si cela doit vous faire très très mal, car c’est une question de survie pour votre esprit profond.

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En Hypnose thérapeutique, l’hypnothérapeute est formé à travailler sur la cause profonde, soit en accédant à l’Inconscient (formes d’hypnose dissociantes, comme l’Hypnose classique ou éricksonienne), soit en aidant la personne à prendre conscience de ce qui coince en elle (forme d’hypnose associante : Hypnose Humaniste). Donc, rassurez-vous, tout est prévu pour que la “substitution de symptôme” n’arrive jamais.

Enfin, la question de la “substitution de symptôme” se pose surtout pour les formes dissociantes d’hypnose, plus mécaniques (“réparer ce qui est cassé”), voire en Hypnose médicale (suggestions directes sur le corps, sans tenir compte de la psyché de la personne, de ses émotions, etc.). La Nouvelle Hypnose (dissociante) et l’Hypnose Humaniste (associante) sont plus modernes et ont un aspect psychologique qui permet à la personne d’évoluer en plus de “guérir”. Cela rend caduque le souci mécanique de la “cause profonde”, puisque toute la personne évolue en profondeur durant la thérapie.

Conclusion : si la séance est correctement conduite, en suivant les protocoles modernes d’hypnothérapie, il n’y aura jamais de substitution de symptôme. De nombreux chercheurs l’ont prouvé : Wolberg en 1964, Hartland en 1975, Kroger en 1977, Araoz en 1982…

Est-ce que seuls les médecins peuvent pratiquer l’hypnose thérapeutique ?

Bien sûr que non !

On parle bien ici de psychothérapie, de psychologie, et non d’hypnose “médicale” – qui n’est pas de l’hypnose thérapeutique à proprement parler : le plus souvent, il s’agit d’anesthésies.
Or, on n’apprend rien sur la psychologie et encore moins la psychothérapie ou l’hypnothérapie à la fac de Médecine. Il n’y a donc aucun rapport entre “être médecin” et être capable de pratiquer l’Hypnose thérapeutique…

De plus : Les Diplômes Universitaires d’hypnose et d’EMDR ne sont pas reconnus par l’Ordre des médecins. Réglementairement, le médecin n’est donc pas autorisé à mentionner ces pratiques sur sa plaque et/ou ses ordonnances” (rapport de l’INSERM U1178, juin 2015, page 13).

Notez que l’exercice de la psychothérapie en générale (aide par l’esprit) n’est pas réglementé en France, donc toute personne correctement formée peut la pratiquer – quelle que soit sa profession d’origine.

Il existe une loi en France qui concerne seulement l’usage du titre “psychothérapeute”. Cette loi demande aux personnes qui veulent utiliser le titre de “psychothérapeute” d’avoir suivi une formation en psychopathologie et d’être inscrit sur une liste départementale. Cette loi n’exige aucune formation à une technique thérapeutique !… Un “psychothérapeute”, selon cette loi, n’est donc curieusement pas un professionnel capable de pratiquer la psychothérapie ! Un comble !

Notez bien que seule l’appellation “psychothérapeute” est concernée par cette loi.
Les termes différents n’entrent pas dans le cadre de cette loi, par exemple : “hypnothérapeute”, “relaxologue”, “psychanalyse”, “sophrologue”, “coach”, ou même “praticien en psychothérapie”…

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La psychothérapie – dont l’Hypnose thérapeutique fut l’origine en 1891, puisque c’est pour l’hypnose que l’on a inventé ce nom – est un métier auquel il faut se former, quelle que soit votre formation de base (donc, même si vous êtes médecin, infirmière, psychologue ou psychanalyste, etc.).
De plus, l’exercice de la psychothérapie (aide par l’esprit, la parole) est très lié aux qualités humaines de la personne, au moins autant qu’à ses connaissances et compétences techniques.

Être médecin ne prépare pas, ni ne prédispose à l’exercice d’une pratique psychothérapeutique comme l’Hypnose thérapeutique, la Gestalt, l’Analyse Transactionnelle, etc. Il n’y a donc aucune raison de réserver spécialement la pratique de la psychothérapie, quelle que soit l’approche, aux personnes formées en médecine.

A la limite, un médecin psychiatre a quand même reçu une formation en psychologie (en plus de ce qui concerne les prescriptions médicamenteuses) et les psychologues ont la formation la plus complète en psychologie (forcément)… mais toujours pas en psychothérapie.

D’ailleurs, certaines personnes, sans aucune formation particulière, sont même beaucoup plus “psychologues” (au sens de la qualité humaine et intuitive) que bon nombre de professionnels… Mais c’est une autre histoire.

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Ne devraient exercer la psychothérapie (et nous ne parlons pas ici de dispositions légales, mais de bon sens !…) que les personnes formées à la pratique de la psychothérapie (l’accompagnement) ET à une bonne technique d’intervention (comme l’Hypnose) ET ayant les qualités humaines et l’alignement personnel indispensables (“un esprit sain dans un corps sain”). Ce qu’aucun diplôme et aucune loi ne pourront jamais mesurer et juger. Un thérapeute pourra être “bon” pour une personne et non pour une autre. Ce qui convient aux uns ne convient pas forcément aux autres. 

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En résumé : un médecin a été seulement formé à la Médecine et n’a donc aucune capacité particulière, innée ou spontanée, à exercer la Psychothérapie… Si vous voulez faire réparer votre voiture, vous vous adressez à un garagiste ; si vous voulez acheter une baguette de pain, vous allez chez votre boulanger ; pour vous faire couper les cheveux, chez votre coiffeur… Alors faites de même pour votre esprit : préférez un professionnel de la relation d’aide !

En début de formation à l’hypnose, tout le monde est à égalité. Même un médecin psychiatre ou un psychologue, s’ils n’ont jamais pratiqué l’hypnose, sont au même niveau que tout le monde (pour ce qui concerne la technique hypnotique). Les connaissances professionnelles d’un médecin ne l’aideront aucunement durant sa formation en psychothérapie, cela n’a rien à voir (sur ce point, les psychologues sont largement avantagés !).
Bien sûr, nous sommes heureux de former toute l’année de nombreux médecins ou psychologues, très conscients de partir (pour ce qui concerne l’Hypnose !) du même niveau que tous les autres, et très compétents ensuite en Hypnothérapie. Certains superviseurs et formateurs IFHE, eux-mêmes médecins ou psychologues de formation, pourront vous conseiller ou vous accompagner, lorsque vous serez diplômé et établi.

Enfin, dernière pensée : si le fait que vous recherchiez un thérapeute médecin est dépendant de… votre porte-feuille (ce qui est compréhensible), sachez que, bien qu’il existe de nombreux médecins formés en psychothérapie et l’exerçant, légalement la Sécurité Sociale ne prend pas en charge les consultations de psychothérapie (hypnothérapie ou autre : cf. question n°5 de cette FAQ).

L’Hypnose thérapeutique fait partie des thérapies brèves. Un praticien en Hypnose Ericksonienne ou en Hypnose Humaniste saura vous aider en un nombre raisonnable de séances, qu’il soit médecin ou non.

Quelle est la différence entre un Hypnothérapeute et un Hypnologue ?

Lorsque l’Hypnose est apparue, elle était une pratique de soin, d’aide par la parole (cf. ses créateurs, tous médecins : James Braid, 1841, puis Charcot, Bernheim, etc. 1890)… Un “Hypnotiseur” était donc forcément un “thérapeute”. 

Il devrait donc être inutile de préciser “hypnose thérapeutique” ou “hypnothérapeute”, ce devrait être une redondance. L’Hypnose étant par définition une pratique thérapeutique !

Mais, comme vous le savez, l’Hypnose est aussi utilisée en spectacle pour des exhibitions, depuis aussi longtemps qu’elle existe, en raison du côté spectaculaire des phénomènes qu’elle permet. Lafontaine, Donato, etc. donnaient des spectacles, et même Charcot, à sa manière… Il est alors devenu important de faire la différence entre :

  • Les hypnotiseurs, ceux qui utilisent l’Hypnose (donc possiblement aussi à visée de divertissement, en spectacle ou démonstrations)
  • Les hypnothérapeutes, ceux qui aident d’autres personnes avec la parole grâce à l’Hypnose et ses possibilités (cf. le Larousse).

Toujours dans ces anciennes années, on trouvait aussi des “Hypnologues” : des personnes qui étudient scientifiquement l’hypnose, en tant que phénomène (comme il existe des “Psychologues”, des gens qui étudient la psyché). “Logos” a donné les suffixes –logue, –logie, –logique et –logiste, qui désignent des disciplines du savoir (sciences).
La plupart du temps, la discipline porte le suffixe –logie (ex: “Psychologie”), la personne étudiant cette discipline –logue (ex: “Psychologue”) et l’adjectif –logique (ex: “psychologique”).

  • Les hypnologues : ancien terme désignant les personnes qui étudiaient l’hypnose (le phénomène, pas la thérapie) et ses mécanismes cérébraux, psychologiques, etc. Ce n’étaient pas des thérapeutes, ce n’étaient pas leur métier.

Tout comme les “psychologues” (qui étudient la psyché) sont différents des “psychothérapeutes” (qui soignent grâce à la psyché), les “hypnologues” (qui étudiaient l’hypnose : les phénomènes psychologiques) n’ont rien à voir avec les “hypnothérapeutes” (qui soignent grâce à l’Hypnose : la pratique thérapeutique). Les “hypnologues”, comme leur nom l’indique, ne soignaient pas. De plus, les métiers en “…logue” sont souvent aujourd’hui réservés à un niveau de diplôme universitaire, comme les “psychologues” ou bon nombre de spécialités de médecine.

Donc, attention à la confusion, car il existe aussi des : allergologue, dermatologue, cancérologue (oncologue), angiologue, radiologue, proctologue, gynécologue, cardiologue, neurologue, etc. et ce sont tous des médecins ! Et il serait regrettable de créer un malentendu, si vous n’êtes pas vous-même médecin…
Ainsi, le terme Hypnologie (cf. aussi le Larousse) est aujourd’hui surtout utilisé pour désigner : “la médecine du sommeil et de l’éveil, spécialisée dans le diagnostic et le traitement des troubles de la vigilance (somnolence excessive) et du sommeil (insomnies, parasomnies)” (cf. Manuel de Psychiatrie Clinique, 2012). Un “Hypnologue” est alors un médecin spécialiste du sommeil ou un chercheur qui étudie le sommeil. Rien à voir avec l’Hypnothérapie ! Le terme est peu utilisé, mais on le trouve encore dans certains hôpitaux (cliquez sur “Comment” sur le site en lien) ou certaines recherches médicales

Aujourd’hui, dans le cadre de l’Hypnothérapie, le terme vieilli et ambigu de “Hypnologue” est abandonné – sauf par une école qui l’a repris récemment pour désigner ses élèves hypnothérapeutes (apparemment sans vérifier le sens réel du mot, ni son origine et ses autres significations)… C’est juste un effet de marketing.

Bien que, depuis quelques années, les termes médicaux “hypnologie” et “hypnologues” tendent à être mis de côté, sans doute à cause du succès grandissant de l’Hypnose et de l’éventuelle confusion possible (cela reste des appellations médicales, donc légalement protégées).
Il reste toutefois encore possible de mélanger avec les anciens sens de “étude des phénomènes de l’Hypnose” (XIXème s.) et “étude du sommeil et de l’éveil” (XXème s. et jusqu’à nos jours)…

A l’IFHE, nous préférons conserver le terme historique de “Hypnothérapeute pour désigner, comme son étymologie l’indique, un professionnel de la relation d’aide qui utilise l’Hypnose. Tout simplement… 

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Enseigner l’Hypnose… 1/2

Vous vous demandez comment on peut devenir Enseignant en Hypnose, afin de donner soi-même des formations ?

Je fais partie de la “vielle école”, du temps où l’on s’inquiétait d’avoir réellement la compétence de ce qu’on prétendait faire. Aujourd’hui, je reçois des courriers de personnes qui me déclarent : “Je ne suis pas formé en hypnose et je ne compte pas le faire, je n’ai jamais reçu personne en consultation, je n’ai donc aucune idée de ce qu’il faut dire ou faire pour aider quelqu’un… mais je vais vendre des séances d’hypnose sur mon site Internet, aidez-moi à en écrire qui plaisent aux gens, merci !” 😀 Une autre époque, je vous dis…

[MODE “De mon temps” : ON]
Non seulement personne n’aurait osé former quelqu’un sans en avoir et la compétence et l’ancienneté, mais les gens vérifiaient aussi vos références : Par qui aviez-vous été formé ? Quels étaient vos écrits ? (Cela vaut toujours pour les consultants seniors qui doivent prouver avoir été publiés pour maintenir leur statut) Quelle est votre expérience réelle ? Etc.
Aujourd’hui, n’importe qui ouvre une “école” d’hypnose, en oubliant qu’il s’agit avant tout de thérapie, d’aider des personnes en souffrance. Or, il est évident en regardant les commerciaux d’Internet, les “youtubeurs” et autres gourous à la mode qu’ils n’ont jamais reçu réellement quelqu’un en consultation – sinon, comment oseraient-ils prétendre faire avec un vrai patient ce qu’ils nous montrent ? Tout vrai thérapeute sait qu’aucune de ces choses n’est faisable dans la réalité : non seulement, ce serait blessant et irrespectueux pour les personnes, mais on courrait le risque de se faire purement et simplement envoyer balader… Donc, quant à prétendre instruire de futurs thérapeutes ? Quand on n’a soi-même aucune expérience pratique ? Il faut être sacrément culotté… ou inconscient (ou idiot 😉 )…

Bref, “de mon temps”, donc, on était d’abord hypnothérapeute, depuis longtemps, et on avait fait ses preuves… Et, un jour, c’était un ancien qui nous donnait le feu vert. Pour moi, ça a été Carol Erickson, après mes formations avec elle – et parce que j’avais eu la chance de sympathiser avec elle, aussi – qui m’avait lancé au détour d’un repas, un midi : “Pourquoi n’enseignes-tu pas ?”… Et justement, mes collègues thérapeutes de la région, que je connaissais (à l’époque, on allait voir les collègues : ça se fait encore ?)… me demandaient si je pouvais les former en Hypnose… Ce à quoi j’avais répondu : “Non ! Je ne suis pas formateur” 🙂

Après la proposition de Carol Erickson, et sur l’insistance de mes collègues, j’ai molli : “Ok, pourquoi pas, mais si vous me trouvez un groupe d’une douzaine de personnes”… Comme ça, j’étais tranquille : cela n’arriverait pas !
Mais c’est arrivé, un des collègues plus débrouillard a ramené les gens… J’ai trouvé une salle pour nous héberger… et c’est ainsi qu’eut lieu la première formation en Hypnose que j’ai donnée… sans savoir que ce ne serait pas la dernière, très loin de là, et que ça allait m’entraîner vers de nouvelles aventures et de belles rencontres.
[MODE “De mon temps” : OFF]

Voici la copie d’un article de 2010… oui, c’était il y a bientôt 15 ans, déjà… à propos de “Comment fait-on pour devenir Enseignant en Hypnose ?” Le site qui l’hébergeait n’existe plus, donc je le remets ici.

TRANSMETTRE, INSTRUIRE OU EVEILLER ?

Il s’agirait d’abord de définir ce que l’on entend par “Enseignant en Hypnose”… Ensuite, nous verrons que l’affaire est très différente qu’il s’agisse d’Hypnose Ericksonienne ou d’Hypnose Humaniste.

Pour commencer
Souhaitez-vous former des professionnels de la thérapie à l’Hypnose thérapeutique ? Ou bien simplement enseigner la pratique de l’hypnose à tout un chacun ?… Car ce sont là deux domaines distincts !

  • Un “Enseignant en Hypnose” (Ericksonienne ou Humaniste) n’apprend pas seulement aux gens à pratiquer l’hypnose ou l’auto-hypnose, pour soi, en pédagogie, management, communication, etc.
  • Un “Enseignant en Hypnose” donne des formations professionnelles certifiantes : cela veut dire qu’il certifie des professionnels qui vont pratiquer l’hypnothérapie sur d’autres personnes, leurs patients (ou “clients”, en coaching).

Si ce que vous souhaitez est “enseigner la pratique de l’hypnose”, pour soi-même (auto-hypnose), si vous êtes thérapeute par exemple, et à l’aise devant du monde, à partir du moment où vous savez de quoi vous parlez : alors vous n’avez besoin de rien de spécial.
Vous avez appris l’hypnose et vous savez vous en servir ? Vos patients avanceraient plus vite dans leur thérapie s’ils étaient “meilleurs” en hypnose ? Ce serait donc une sorte de “thérapie de groupe”, en soirée ou le dimanche… Et bien, c’est formidable ! Aidez autant de monde que vous pouvez, autour de vous ! 🙂

Si vous ne souhaitez pas former “des pros”, donc donner des formations avec un examen et un diplôme en Hypnose au bout, à des gens qui vont ensuite recevoir de vrais patients en thérapie, alors vous n’avez pas besoin de devenir “Enseignant en Hypnose”.

Bon nombre de thérapeutes enseignent l’auto-hypnose à leurs patients afin d’aider ou compléter leur traitement ; et tous les parents formés en hypnose enseignent à leurs enfants à se servir de leur tête, de leur esprit… Tout ça, ce n’est pas de la formation “professionnelle”, c’est de l’entraide, de l’éducation ou du développement personnel. A la limite, tout le monde devrait savoir faire cela ! Pas besoin d’être “enseignant certifié ” pour aider son prochain.

Cet article parle de la manière de devenir un professionnel certifié de l’enseignement de l’Hypnose, pour des formations de niveau professionnel, donc avec une certification et un diplôme en bout de parcours. Si c’est bien cela que vous recherchez, alors continuons…

Il faut comprendre que beaucoup de matières enseignées à l’école ou à l’université sont des domaines logiques, cartésiens ; leurs structures peuvent être retenues intellectuellement, sans forcément avoir besoin d’expérience pratique, comme l’Histoire, la Géographie ou les Maths…
Cela permet à des personnes nouvellement formées – et même à certaines personnes qui n’ont d’autres sources que leurs lectures – de s’auto-proclamer “enseignant” ou “formateur”, comme on en voit en PNL par exemple (qui est une approche très “mécanique” et pas directement destinée à la thérapie), sans expérience particulière (et parfois même sans le diplôme correspondant, ce qui est encore pire !).
Evidemment, c’est 100 fois mieux si la personne a une vraie expérience personnelle et professionnelle mais, même sans, dans un domaine qui reste “logique”, “carrée”, elle peut réussir à donner le change, faire croire qu’elle sait, enfumer à coup de jargon et animer une formation correcte, “théoriquement”.

Enseignant, c’est un métier
Être “enseignant” en Maths, Français, Histoire ou Géographie sans réelle formation serait impossible dans le secteur publique, où l’Etat a posé ses exigences universitaires. Vous pouvez parfaitement parler le français et pourtant ne pas avoir le droit d’enseigner cette langue aux enfants à l’école. Être enseignant est un métier.
Malheureusement, dans le privé, aucun organisme neutre ne veille au respect des normes les plus élémentaires et beaucoup de “formateurs” ou de pseudo “enseignants” n’ont pas les qualités que l’on pourrait espérer de vrais professionnels de l’enseignement, en termes de savoir comme d’expérience…
Malheureusement aussi, le grand public, n’était par définition pas formé dans le domaine, ne sait pas différencier un “enfumeur”, quelqu’un qui a le paraître, le jargon, mais aucune compétence réelle et zéro expérience pratique. Cela passe à l’université, pour enseigner de la théorie, mais c’est quasi dangereux dans un domaine concret, comme la conduite de poids lourds, la chirurgie, la dentisterie… ou… la psychothérapie !

Transmettre appartient à chacun
Si vous savez pratiquer l’Hypnose et voulez transmettre ce savoir-faire à vos patients ou clients, à vos enfants, votre famille, vos amis et vos proches : nul besoin d’être “enseignant en Hypnose”. Transmettez ce que vous savez, c’est votre travail et/ou de l’entraide, le minimum vital entre êtres humains.

Maintenant, si vous souhaitez devenir “Enseignant en Hypnose“, la suite de l’article vous concerne…

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Distinguo entre “Animateur”, “Formateur” et “Enseignant” en Hypnose
La différence entre un “Animateur”, un “Formateur” et un “Enseignant” est très simple :

Un animateur “anime”, il n’a pas créé le contenu qu’il retransmets… Quelqu’un d’autre doit lui fournir et lui apprendre à donner “sa journée”. L’animateur n’a aucune idée de ce qui se passe dans les autres journées du cours. L’animateur végétarien peut parfaitement animer un stand au salon de la viande, si on lui dit quoi dire ! 🙂
Un formateur a su créer le contenu qu’il enseigne, sur un sujet ponctuel, mais il n’a pas la vue d’ensemble pour concevoir un parcours complet (et ça ne l’intéresse pas de le faire, généralement). Un formateur ne donne que des formations sur des sujets simples, rapides, qui s’apprennent en quelques jours.
Un enseignant, c’est la personne qui a formé les formateurs et animateurs de ce cours ! C’est la personne qui a pensé, conçu et développé le cours complet, qui a assez d’expérience pour raconter 1001 histoires et anecdotes pour illustrer le cours et qui en connait bien plus que le cours lui-même (aspect historique, par exemple).

  • L’animateur est la personne que vous rencontrez le plus durant vos formations. Généralement, c’est un ancien élève à qui l’enseignant à appris quoi faire et quoi dire, en contenu et en exercice, pour le remplacer durant une ou plusieurs journées de la formation. L’animateur n’a donc pas conçu le contenu, il ne connait assez bien que sa journée à lui et ne saurait pas répondre aux questions sur les autres journées – ou alors, il répondra, mais comme tout un chacun pourrait répondre (car après tout, c’est souvent lui-même un hypnothérapeute, donc il peut avoir des idées…) mais ses réponses ne reflèteront que ses opinions… Ce ne sera pas forcément “le cours” !

Il faut compter au moins 2 jours de formation à temps plein de l’animateur, pour chaque journée de cours qu’il devra donner, et du feed-back sur ses premières expériences, pour corriger les inévitables manques et dérives. On ne s’improvise donc pas “animateur”, même quand on est soi-même déjà hypnothérapeute…

Dans les écoles d’hypnose, il y a d’ordinaire un ou deux enseignants et plusieurs animateurs pour les seconder, sur le même cours. Un formateur sera une personne spécialisée dans un domaine bien précis, et qui intervient en complètement du cours principal, pour apporter son propre contenu, dont il est spécialiste :

  • Le formateur peut donner une ou plusieurs journée de formation ou une conférence après les avoir préparées ; comme l’animateur, il ne connaît bien que les journées qu’il a étudiées et travaillées – il ne pourrait pas répondre à des questions qui concernerait autre chose que son cours ; il a souvent lui-même appris ce qu’il sait faire auprès d’un Enseignant et, d’ailleurs, ses programmes peuvent plus ou moins fortement s’inspirer de ce qu’il a appris, du temps où il était élève (ce qui est normal).
    Le formateur ne saurait pas forcément mettre dans un ordre logique/pédagogique les données que les élèves doivent assimiler durant un cursus prolongé, car il n’a pas une vue d’ensemble sur toutes les autres journées de la formation ; il n’a pas à “tout savoir” sur l’Hypnose, car lui, sa spécialité, c’est son cours (par exemple : “L’Hypnose auprès des personnes âgées). S’il n’a pas une réponse, il devrait s’en excuser et se renseigner auprès d’un Enseignant, puis rapporter la réponse à son groupe le lendemain… mais, bien souvent, puisqu’il a “réponse à tout” pour ce qui concerne sa journée, il aura tendance à “improviser” les autres réponses, si on lui demande (et là, on ne sera pas à l’abri de grosses bêtises !!)…

Il faut des années d’expérience pour chaque journée de formation donnée par le Formateur, tout un travail personnel d’étude, d’apprentissage (notes, exemples, etc.) et d’entraînement. Un formateur est un spécialiste, contrairement à l’animateur, qui est généraliste, formé pour quelques journées de cours.

  • L’enseignant peut vous parler d’Hypnose et vous enseigner n’importe quelle technique, n’importe où, n’importe quand, car il porte ce savoir et cette expérience en lui, il n’a pas besoin de réviser la veille d’une journée de formation ni de suivre un “fil rouge” fabriqué par un autre.
    Un Enseignant en Hypnose peut tenir une conférence ou un cours sur n’importe quel domaine de l’Hypnose, à la demande, sans préparation particulière – comme un professeur de mathématique ou de géographie peut vous rappeler tel théorème ou telle capitale sans “préparer son cours”.
    L’Enseignant peut vous instruire des mêmes choses que l’animateur ou le formateur, avec une dimension supplémentaire de connaissance et d’expérience : par exemple, il vous expliquera que Bernheim a familiarisé le mot “psychothérapie” en 1891 pour désigner le soin par la suggestion hypnotique (comme un animateur ou formateur le ferait), mais il vous racontera en plus l’origine véritable de ce mot inauguré en 1872 par un médecin anglais, Daniel Hack Tuke, qui l’avait lui-même emprunté aux pères de l’église qui désignaient ainsi l’aide morale dispensée aux croyants…

L’animateur répètera le cours qu’on lui a demandé de donner, en l’enrichissant du mieux du possible de son expérience personnelle, en espérant que cela reste cohérent avec le cours…
Le formateur vous apprendra les techniques, illustrées d’une ou deux de ses expériences personnelles aussi, qui devrait convenir – puisqu’après tout, il vous enseigne son propre contenu !
L’enseignant est celui qui a instruit l’animateur et le formateur : il vous initiera aux rouages secrets qui font l’efficacité des techniques en question, avec des conseils issus d’une longue expérience et de l’expérience de différents autres thérapeutes, des parallèles avec différentes formes de thérapies, et en illustrant le tout avec ses cas personnels et ceux de maîtres dans le domaine ; il pourra donner les références de ses sources (livres, articles, etc.).

Il faut environ 2 ans de travail suivi pour former un “Enseignant en Hypnose”, sur la base d’une personne qui a déjà travaillé sur elle, qui a une très bonne expérience de l’hypnothérapie et qui sait parler en public.

Pour résumer

  • Un “Praticien” en Hypnose doit évidemment savoir pratiquer l’Hypnose correctement, il doit aussi avoir une bonne connaissance technique et théorique de l’Hypnothérapie et de la Psychologie en général ; il a travaillé et travaille encore sur lui et possède donc un esprit sain, les idées claires et une bonne éthique. Il a de bons résultats en thérapie, même s’il ne sait pas toujours comment il a réussi… Il n’est pas forcément professionnel (ce n’est pas recommandé !), mais il sait aider sa famille, ses amis… et lui-même, pour avoir une vie saine et agréable !
  • Un “Maître-Praticien” en hypnose maîtrise en plus sa pratique, c’est-à-dire qu’en plus d’être intuitif et bon en hypnothérapie, il possède des techniques avancées, des connaissances dans d’autres formes de thérapie, des bases en psychopathologie. Il a suivi plusieurs formations pratiques (“modules”) qui lui ont permis de gagner plus rapidement en expérience et, surtout, il sait ce qu’il fait : il a appris à être conscient des processus en marche chez lui et chez la personne, ce qui lui permet de s’améliorer, tout au long de sa pratique. C’est le niveau d’un hypnothérapeute professionnel.
  • Un “Animateur” ou “Formateur” est un “Maître-Praticien”, pratiquant l’hypnothérapie, capable de former : en plus de son expérience en hypnose, qui lui donne des histoires à raconter, il a l’expérience de la prise de parole en publique et de la gestion d’un groupe. L’Animateur et le Formateur possèdent un mental solide, un peu comme les sportifs de haut-niveau, ceci afin de répondre avec calme aux situations parfois exigeantes de la formation.
  • Un “Enseignant” possède en plus de tout cela une longue expérience, personnelle et professionnelle ; en travaillant sur lui, il a acquis une maturité psychologique à laquelle s’ajoute une grande connaissance de l’humain ainsi qu’un savoir historique, théorique et technique. L’Enseignant maîtrise sa matière, du premier jour de cours au dernier. Il pourrait remplacer l’Animateur et le Formateur, sur n’importe quel sujet, sans préparation. En plus des processus pédagogiques d’apprentissages (“fil rouge”), l’Enseignant est conscient de la dimension de construction psychologique personnelle de ses élèves, dont il prend soin. Il aide les personnes qu’il accompagne à évoluer et grandir, dans les limites du contexte de la formation professionnelle.

Le praticien pratique ; les animateurs-formateurs donnent des cours ; l’Enseignant instruit, éduque, éclaire et éveille.

On ne devient pas “Enseignant en Hypnose” (Ericksonienne ou Humaniste) comme on devient enseignant en d’autres domaines, comme la PNL ou les mathématiques, par exemple. Une formation ne suffit pas, car devenir “enseignant”, au sens humain du terme, ne s’apprend pas en cours ni dans les livres.

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